Questions laïques
Chantal , le 1er novembre 2007
" ... 33 % n'interviennent
presque jamais .." [Il s’agissait d’une allusion à un message précédent et à la participation
des colistiers aux débats de la liste]
... ou sur des sujets qui leur tiennent à coeur et
dont on ne discute peut-être pas assez. La laïcité par exemple. Je pense
notamment à ce message de Marie-Ange (ci-dessous) à propos de l'affaire
d'Epinal. Depuis le jugement a été rendu. Au-delà des aspects polémiques, je
relève cette réflexion intéressante de Catherine Kintzler (dont les
travaux sur les "Lumières" sont remarquables), elle pose, à
mon humble avis, les problèmes de fond ...
http://www.mezetulle.net/article-13078343.html
La laïcité face au communautarisme et à l’ultra-laïcisme
par Catherine Kintzler - en ligne le 14 octobre 2007
Le débat reste ouvert, bien sûr...
Chantal
Le message de Marie-Ange du 2 septembre
2007 :
Bonjour,
Les combats pour sauvegarder la laïcité seront déterminants
ces prochaines années. J’espère que ce mot ne deviendra pas qu’une vague
évocation un peu honteuse, assimilée au racisme ,aux intégristes laïques… etc
Bonne journée,
Marie-Ange
http://www.ripostelaique.com/spip.php?article32
GITE DES VOSGES
Chronologie d’une provocation
jeudi 30 août 2007, par Fanny Truchelut
Jeudi 17 août 2006 après-midi Un journaliste de L’Est
Républicain appelle à notre domicile. Il ne se présente pas. Il m’assaille
(Fanny) de questions à propos du gîte dont j’aurais " refoulé 2 femmes
voilées ". Il est très agressif, il est même menaçant me disant "
vous allez voir, une plainte a été déposée, vous n’êtes pas sorti de cette
affaire, vous risquez gros ". Je réponds, mais je lui interdit de mentionner
mes propos et que si plainte il y a, je parlerai de cette histoire au tribunal
et non à un journaliste.
Vendredi 18 août 2006 Je prends le train à 9 h à Remiremont
avec mes 2 enfants pour les accompagner à Aix en Provence chez leur grande
soeur pour une semaine de vacances. Mon mari m’appelle sur mon portable il me
dit qu’une radio vient d’appeler, qu’un article est passé dans l’Est
Républicain. A la gare de Nancy où je change de train, j’achète le journal. Le
titre en première page : " discrimination raciale dans un gîte de
vacances vosgien ". Dès 14 h, les télés (TF1 - France2 - France3 - Canal+
- RTL) sont venues à notre domicile, les journaux, les radios ont téléphoné,
plusieurs fois pour certaines. Comme pour l’Est Républicain, nous avons
interdit à tous de mentionner nos propos, certains l’ont fait, d’autres pas.
Parce que certains médias ne respectant rien ni personne ont relayé cette
information, un déchaînement médiatique incroyable s’en est suivi. Notre nom a
été cité partout, nous sommes traînés dans la boue, traités de racistes, nous
tombons des nues.
Notre version de l’histoire Horia Demiati repère notre gîte
sur internet. Elle a lu les explications (salle de convivialité, donc rencontre
avec d’autres personnes) et vu les photos de notre site (en particulier celle
de la salle de bains où il y a une femme en maillot peinte sur le mur).
Elle nous téléphone, nous l’informons que nous ne louons pas
ce gîte cet été, nous faisons des travaux d’isolation dedans. Elle insiste,
téléphone plusieurs fois, nous cédons en louant le gîte. J’explique de nouveau
le fonctionnement de la maison, et je dis toujours aux gens qui appellent cette
phrase : " si vous ne voulez pas côtoyer d’autres personnes, ne venez
pas chez nous ". Horia Demiati savait donc exactement où elle venait.
Elle réserve par Internet du vendredi 11 août au mardi 15
août, soit 4 jours. Je lui transmets le bulletin de réservation par mail, elle
m’adresse par courrier un chèque d’arrhes reçu le 4 août, que je n’ai pas
encaissé. Ils arrivent le vendredi 11 vers 14 h. J’ai fait entrer la famille
dans la maison, deux femmes étaient voilées et portaient djellabas. J’ai fait
part de mon étonnement du port du voile à la plus jeune qui se trouve être
Horia Demiati, j’ai expliqué qu’une autre famille (de Marseille) occupait
l’autre gîte, que je ne connaissais pas leur sentiment sur ce sujet et que par
égard pour eux, et par égard pour nos enfants et nous car nous sommes laïques,
j’ai demandé qu’elles retirent leurs voiles dans toutes les parties communes de
la maison.
Elles ont toutes les deux refusé catégoriquement. Horia
Demiati me traitant d’intolérante, me disant que je devrais apprendre ce que
sont les femmes voilées. Elle a poursuivi en me disant que dans ces conditions,
la famille ne pouvait pas rester, elle m’a demandé de rendre les arrhes. Je me
suis absentée pour aller chercher le chèque qui se trouvait dans le bureau au
1er étage, mon mari est resté seul avec eux. C’est un homme (35 ans environ)
qui a pris la parole en disant à mon mari qu’il utiliserait tous les moyens
contre nous, il a ajouté " je vais latté, je vais latté " ensuite ils
ont parlé en arabe, je suis revenue, j’ai rendu le chèque. Ils sont partis.
Tout ceci a duré moins de 5 minutes, c’était le vendredi 11
août 2006. Horia Demiati a dit au journaliste de l’Est Républicain, qu’elle
voulait faire passer des vacances exceptionnelles à ses parents. Pourquoi avoir
choisi notre gîte, quelque peu " mécréant " au regard de l’islam
(photo de la dame en maillot sur le mur), Elle ajoute : " on ne fait
pas ça (le port du voile) par provocation, c’est une question de croyance
". Porte-t-elle le voile partout et en toute circonstance ? Passé
l’effet de surprise sur ce déchaînement médiatique, nous avons commencé à avoir
quelques soupçons, en particulier que le choix de notre gîte n’était pas un
hasard (ex : l’insistance de la famille pour louer, la brièveté de la
conversation, le choix du week-end - le 15 août -).
Un élément supplémentaire a renforcé nos soupçons, à
savoir : Le 21 août, un internaute nous transmet un message dont il
ressort ceci : " Horia Demiati est la belle-soeur de Nasser Demiati
" qui est : • Doctorant en sociologie, • Chargé de mission à la ville
de Grigny, • Vacataire chargé d’enseignement en sociologie à l’Université d’Evry
• Membre du CESDIP (centre de recherches sociologiques sur le droit des
institutions pénales) • rattaché à l’université de Versailles • Cofondateur et
animateur du groupe CLARIS (agir pour clarifier le débat public sur la
sécurité) • ami intime de FATIMA KOUES, du MRAP • ami intime d’AIDA CHOUK,
Présidente du syndicat de la Magistrature En dehors du CV ci-dessus, il suffit
de taper Nasser Demiati sur Google, nous retrouvons ce personnage dans bien
d’autres endroits. Signataire de nombreuses pétitions (ex : nous sommes
les indigènes de la République ou oui à la laïcité, non aux lois d’exception).
Son nom est associé à divers " groupes " ou " associations
".. Il milite pour le port du voile à l’école. La pétition pour le port du
voile à l’école - OUI A LA LAICITE, NON AUX LOIS D’EXCEPTION signée par Nasser
Demiati (http://lmsi.net) - que dit-elle : " La laïcité, telle que la
définissent les lois de 1881, 1882 et 1886, est une obligation qui concerne les
locaux, les programmes scolaires et le personnel enseignant, et non les élèves.
Aux élèves s’imposent des règles comme l’assiduité à tous les cours ou le
respect d’autrui, mais il n’est pas légitime de multiplier les exigences pour
les jeunes en formation ". plus loin : L’exclusion des élèves voilées
s’inscrit dans une surenchère punitive,.......venant redoubler toutes les
injustices que subissent déjà, dans leurs quartiers, les jeunes des milieux
populaires ". Je suis issue (Fanny) du " milieu populaire "
puisque je viens d’un village ouvrier (comme les quartiers d’aujourd’hui). Dans
la rue où j’habitais, il y avait 54 enfants pour 7 familles. Concernant notre
maison/gîte, achetée en avril 2003, (ancienne colonie de vacances abandonnée
depuis 25 ans), nous la restaurons seuls mon mari et moi pour créer un lieu qui
se veut : • être une maison de famille pour se retrouver avec nos enfants
(29 ans qui vit à Paris, 25 ans qui vit à Aix en Provence, 12 ans et 11 ans,
avec nous), leurs conjoints et nos futurs petits-enfants, tous ensemble. Ce que
la vie d’aujourd’hui est loin de privilégier. • notre activité gîte, depuis
Noël 2004 seulement, être un lieu d’accueil pour des vacanciers qui aspirent au
calme et à la convivialité (vous savez, ce truc, boire l’apéritif le soir
accompagné d’une spécialité locale, ...le terroir vosgien et son fumé, c’est
dans toutes les brochures touristiques DES VOSGES !!!! Nous pouvons donc
légitimement avec tout cela, nous poser des questions sur les intentions de la
famille DEMIATI envers notre famille et envers un sujet de société à part
entière qu’est le port du voile. Nous ne sommes cependant adhérents à aucun
parti, nous votons à chaque élection. Les 4 enfants ne sont pas baptisés. Nous
sommes profondément laïques et attachés aux libertés. Les internautes (avec
tous les mails de soutien que nous avons déjà reçu - environ 250) ne sont pas
trompés, à travers nous, c’est la République et la laïcité qui avons fait
l’objet d’une énième et non dernière provocation. Aussi, continuez à nous
soutenir, nous en aurons besoin pour le procès qui aura certainement lieu (date
non connue).
Fanny Truchelut Paru dans Respublica 474 du 28 septembre 2006
Les enjeux du procès du 2 octobre, à Epinal
jeudi 30 août 2007, par Jeanne Bourdillon
Fanny Truchelut sera convoquée, suite à une plainte du
procureur de la République, au tribunal de Grande Instance d’Epinal, le 2
octobre, à 14 heures. Elle est poursuivie pour trois infractions prévues par
les articles 225-2 AL.1 1°, AL.2, article 225-1 C.PENAL et réprimé par
l’article 225-2 AL.2, article 225-19 1°, 2°, 3°, 4°, 6°, aux motifs
suivants : Refus de la fourniture d’un bien ou service : 1/ à raison
de son origine ou de son apparence ou non, à une ethnie ou une nationalité
déterminée, au motif que deux femmes portaient le voile 2/ à raison de son
appartenance ou non à une race déterminée, au motif que deux femmes portaient
le voile 3/ à raison de son appartenance ou non, à une religion déterminée, au
motif que deux femmes portaient le voile Elle risque 30.000 euros d’amende, et
deux ans de prison.
Cette affaire a suscité, au-delà de la volonté de provocation
évidente qu’a subie Fanny Truchelut, des discussions très vives dans les
milieux laïques et féministes.
Deux positions s’opposent. Certains condamnent l’attitude de
la propriétaire du gîte des Vosges, l’estimant liberticide, et indigne d’une
position laïque. Ils estiment qu’on ne peut combattre le voile que par la
conviction, et qualifient souvent de « kémalistes » ceux qui veulent
aller plus loin.
D’autres, dont je fais partie, soutiennent bec et ongles
Fanny, et auraient agi de même dans une situation similaire. Je revendique le
droit, si je passe une journée à la montagne, de ne pas être agressée, le soir,
dans des parties communes d’un gîte, par des tenues qui sont pour moi un
symbole de l’oppression des femmes. Je demande, dans un gîte ou dans un
restaurant, à ne pas subir le spectacle qui m’est de plus en plus souvent
imposé dans la rue.
Si j’étais propriétaire d’un restaurant ou d’un gîte, je
n’accepterais pas que mes clients soient confrontés à cette situation. Si
j’étais commerçante je n’admettrais pas qu’une musulmane en tchador ou en burka
entre dans mon magasin. Je trouve de plus en plus insupportable l’attitude laïquement
correcte de certains de mes amis qui ont peur d’outre passer les frontières de
la laïcité et qui, par crainte de se faire traiter de racistes, contribuent à
faire reculer les Lumières devant l’obscurantisme.
Je ne vois pas pourquoi nous devrions accepter dans des lieux
publics des tenues qui nous indignaient, il y a une dizaine d’années, quand les
télévisions, nous montraient ces femmes en burka dans les rues de Kaboul. Je ne
comprends pas pourquoi cette indignation ferait place à la compassion ou à
l’indifférence pour la seule raison qu’elles sont portées en France par des
femmes qui prétendent l’avoir choisi. Je refuse que ma fille étudie, à
l’université, dans des amphithéâtres où on accepte des voilées. Je réfute les
arguments de celles et ceux qui justifient le voile à l’université en disant
qu’il peut y avoir aussi des religieuses catholiques ou des curés. Je demande
aussi l’interdiction des soutanes et des cornettes à l’université car je suis
pour l’extension de la loi du 15 mars 2004. Mais je fais malgré tout une
différence.
En effet les vêtements portés par des représentants d’un corps
clérical, catholique ici, ne correspond en rien aux voiles, burkas, etc., que
l’Islam politique cherche à imposer à l’ensemble des femmes pour signifier leur
infériorité. Ces costumes cléricaux ne sont pas imposés à l’ensemble des femmes
alors que les voiles et autres tenues de Belphégor sont une manifestation
d’apartheid et de violence faite aux femmes. Le voile islamiste est un symbole
en totale contradiction avec l’égalité des droits et des devoirs entre tous les
citoyens de notre pays. Accepter cela à l’Université, c’est implicitement
l’accepter comme principe matriciel potentiel pour la société globale. C’est ce
qu’ont bien compris les intégristes islamistes qui n’auront de cesse de se
battre pour imposer cette stigmatisation féminine dans toutes les sphères de la
société française et au-delà.
Ainsi, je ne veux pas, sur mon lieu de travail, parce que je
suis salariée dans une petite entreprise privée et que je ne suis pas
confrontée au public, risquer un jour d’avoir une collègue dont la tenue
constitue une insulte à mon combat féministe. Que ce soit fait au nom de la
laïcité ou au nom de l’égalité entre les hommes et les femmes, peu importe. Il
faut à tout prix que les politiques prennent conscience de la gravité de la
situation. Il est urgent qu’ils légifèrent pour protéger les personnes comme
moi qui, largement majoritaires en France, ne supportent plus de devoir subir
ce qu’elles voient dans la rue. Je suis convaincue par ailleurs que l’absence
de décision de la part des responsables politiques actuels pour mettre fin à la
prolifération des voiles islamistes, permettra à l’extrême droite (et à
l’extrémisme catholique de surcroît) d’avancer ses pions sur l’échiquier
politique dans les années à venir. Je souhaite donc de tout mon cœur que Fanny
soit acquittée. Je déplore bien sûr que son avocat soit Maitre Varault,
l’avocat des intégristes catholiques. Mais je ne ferai pas la leçon à Fanny
pour autant. Qui d’autre lui a proposé son aide ? Qui lui a proposé un
avocat gratuit, à gauche, et chez les laïques ? Il serait trop facile,
bien installés au chaud dans nos pénates parisiennes, de jeter la pierre à une
femme qui n’est pas une militante organisée, et qui a pris les soutiens là où
ils étaient. Reconnaissons son courage et faisons en sorte que les laïques
républicains de gauche et les féministes se mobilisent aussi pour la soutenir
au moment du procès.
Faut-il ajouter que contrairement aux élucubrations du Mrap,
dont la section locale a évidemment relayé les calomnies et les poursuites
judiciaires contre les propriétaires du gîte, qu’il n’y a aucun racisme à
refuser des tenues qui symbolisent l’infériorité et la soumission de la femme
par rapport à l’homme. Si Fanny était condamnée, même symboliquement, cela
voudrait vraiment dire que quelque chose ne marche pas dans la législation
actuelle de notre République.
Cela serait un encouragement, pour les islamistes, qui
accentueront leur pression communautariste contre les droits des femmes et la
laïcité. Gageons que, encouragés par les recommandations de la Halde, nous
verrions des femmes voilées multiplier leur candidature pour les sorties
scolaires, et imposer leur tenue dans des réunions ou des cérémonies se tenant
dans les locaux de la République. Cela n’aiderait pas la majorité des familles
de culture arabo-musulmane qui veulent s’intégrer, et qui, pour les croyants,
entendent pratiquer leur foi de manière privée, sans porter des tenues
prosélytes qui agressent les citoyens de ce pays. Cela serait par contre une
victoire pour la fraction la plus agressive et la plus intégriste de la
communauté musulmane.
Cela ne ferait qu’indigner davantage la majorité des gens,
qui, tout en respectant le droit religieux, n’ont pas envie de voir leur espace
envahi par un prosélytisme vestimentaire de plus en plus insupportable. Il est
tout aussi intolérable de voir des mineures parfois très jeunes porter le voile
en tout lieu en dehors de l’école J’avoue que, si j’avais été dans ce gîte, en
tant que cliente, je n’aurais pas supporté la tenue de Horia Demiati, et que
j’aurais créé un incident avec elle. Je suis persuadée, pour avoir souvent été
témoin de commentaires excédés, que la majorité des citoyens pense comme moi.
En refusant de prendre leurs responsabilités, les hommes politiques, de gauche
comme de droite, croient-ils qu’il suffit de mettre la poussière sous les
meubles, pour la faire disparaître ?
Il a fallu un geste politique fort, la loi du 15 mars 2004,
pour mettre fin au port du voile dont le nombre ne cessait d’augmenter dans les
écoles publiques. Contrairement aux pronostics, et aux souhaits, des partisans
du voile à l’école, cela s’est déroulé sans incidents à la rentrée de septembre
2004. Cette loi ne peut pas être une fin. Le voile islamique doit être cantonné
dans les mosquées, et dans les lieux de vie strictement privés. Il est du
devoir de l’Etat de protéger les citoyens progressistes, de cette agression
qu’est le voile islamiste porté dans la rue et de façon plus grave dans les
lieux publics. C’est le sens de ce procès dont les enjeux n’échapperont à
personne.
Jeanne Bourdillon
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Christian le 1er novembre 2007
Merci pour cette référence pertinente,
Le communautarisme ne gêne pas nos grands
prêtres de l'économie libérale car ils s'imaginent qu'il est soluble dans
l'obscurantisme capitaliste, ils ont même pensé pouvoir le
mettre au service de leurs petits intérêts ( l'ouverture contre
la paix sociale). On voit ce qu'il en coûté aux Anglais.
Quant aux ultras, ce sont des cons bornés et dangereux
comme tous les ultras. La meilleure façon de défendre la laïcité, c'est
d'instruire les citoyens et de promouvoir un modèle de société
respectable. Il va de soi que le modèle que l'on veut nous imposer aujourd'hui
risque d'encourager les fuites verticales (religion, fanatisme ou
suicide). Pour l'instruction, je n'ajouterai rien à ce que j'écris chaque
jour sur cette liste. Les Lumières de la Raison sont si mal partagées
aujourd'hui que, dans un avenir proche, il n'y aura plus que des
ultras pour défendre la laïcité et lui faire le plus grand
tort.
A lire Catherine Kintzler, on réalise que la
laïcité ne peut exister que dans une société équilibrée et lucide. Quand
les dirigeants sont les premiers à brouiller les cartes et à perturber
l'équilibre, il ne faut pas s'attendre à un miracle : les causes
imbéciles produiront toujours des effets regrettables.
Bien à toi, Christian
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Un colistier, le même jour :
« Quant aux ultras , ce
sont des cons bornés et dangereux comme tous les ultras. »
J'en conviens sans problème. Ceci étant, il est nécessaire de replacer les
choses dans leur contexte. Les « ultras », on ne les voit pas beaucoup, on ne les
entend pas beaucoup non plus, sinon dans des milieux choisis, et très peu
fréquentés. Ceux qui s'attaquent à la laïcité, par contre, ont pignon sur rue.
Un seul exemple : le président, voici quelques semaines, à la télévision,
évoquait sans aucune vergogne le « bon Dieu ». Je ne crois pas que ses
prédécesseurs auraient osé.
« Osons combattre le communautarisme et l’ultra-laïcisme,
deux dérives
symétriques et complices qui menacent la
laïcité ! » [il s’agit
de la conclusion de l’article de Catherine Kintzer]
Voici une phrase très dans l'air du temps. J'imagine que notre président la cosignerait volontiers. J'imagine aussi que la camarade KINTZLER aura bientôt sa mission.
Attention, en tout cas. Un spectre menace la France : l'ultra-laïcisme.
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Réponse de Marie-Ange, le 1er Novembre 2007 :
Non, je ne suis pas d’accord avec Catherine Kintzler qui fait
le jeu des islamistes. Je vous engage à lire les réponses à son texte sur :http://www.ripostelaique.com.
En arriver à parler d’intégrisme laïque dans ce cas est
affolant. Il ne s’agit pas de provoquer les musulmans mais au contraire de
protéger les musulmans qui aspirent à vivre dans un pays laïque qui tout en les
laissant libre de croire ou de ne pas croire les laisse vivre dans la paix
et être protégés contre les intégristes qui essayent par tous les
moyens de leur imposer ici même les lois de la charia. Au Canada les
intégristes sont sur le point d’obtenir que la loi canadienne ne s’applique pas
à ceux dont le nom laisse supposer qu’ils sont musulmans. Ils devraient relever
de tribunaux islamiques au Canada !!!! Mais jusqu’où ira l’aveuglement de
la bien pensance ? Cette femme qui est une militante pro-voile est venue
dans le gîte pour obtenir un statut de victime et ce jugement qui condamne à la
prison et à une très forte amende Fanny Truchelut est une victoire totale pour
les islamistes qui menacent déjà de mort des musulmans qui osent dénoncer leurs
visées politiques (Mohamed Sifaoui, celui de Roubaix dont j’avais envoyé le
témoignage et qui fait l’objet de menaces de la part d’islamistes soutenus par
les verts et le PS !!!Je dis que ces partis sont des collabos et qu’ils
espèrent tirer les dividendes de leur trahison vis-à-vis de la
laïcité et des plus faibles)
Marie-Ange
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Christian (le 01/11/07):
C'est Audiard qui disait : "les cons ça ose tout ,
c'est même à cela qu'on les reconnaît"
La position volontairement ambiguë du président
donne du grain à moudre aux partisans du communautarisme. L'idée de na pas
reculer d'un pouce sur la laïcité dans le service public me va bien, le
reste est d'ordre privé : cela relève davantage de
l'instruction et de l'intégration par le travail que de la
multiplication des interdits. La judiciarisation de certaines
affaires me paraît stupide : elle nous entraîne vers la
paranoïa du modèle américain.
Christian
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Marie-Ange (01/11/07)
Ces faits (charia au Canada et en Suède : voir ICI ) demandent une énorme indulgence,
de la compréhension ? S’en inquiéter relève d’un intégrisme laïc ?
J’aimerais parler de faits concrets.
Cordialement
Marie-Ange
![]()
Pour information, Françoise transmet le dernier numéro de
Riposte laïque (le sommaire au format Word sera mis en lien ) http://www.ripostelaique.com/
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Christian le 2 novembre 2007 :
L'élection de Sarkozy constitue à elle seule un coup bas porté
à la Laïcité. Adresser des pétitions à cette élite-là a quelque chose
de pathétique. Pour défendre la laïcité , il faudrait déjà que les élus y
croient encore. S'ils n'y croient plus , il faut les remplacer.
L'exemple d'une possible charia au Canada et en
Suède donné par Marie -Ange est assez déroutant pour réaffirmer
l'idée qu'un pays laïc doit rester ferme sur ses lois et ne pas
jouer le jeu de la confusion des principes. Les socialistes l'avaient fait
à leur façon avec l'affaire du voile, Sarkozy promet d'aller beaucoup
plus loin.
Je ne crois pas que nous puissions vraiment faire l'économie
du rapport qui , selon moi, existe étroitement entre la décomposition du modèle
social et culturel français et la radicalisation du communautarisme
islamique. La question ne se pose pas seulement à travers
l'idée d'une acceptation ou d'un refus de voir des gens se promener en
"hijabs" ou "tchadors", ce serait trop simple.On ne peut
pas d'une main déchirer le tissu social qui a permis l'intégration de plusieurs
générations et de l'autre agiter la peur de la montée de
l'Islamisme. Quand on enlève aux gens les moyens de vivre
dignement et qu'on on leur donne à la place des droits
communautaires, faut-il s'étonner qu'ils en abusent ? ( à plus forte
raison si on laisse le champ libre à la manipulation). Tant que nous
ne changerons pas les règles du jeu politique et économique , nous ferons le
lit du fanatisme et de la revendication communautaire, il est possible que nous
ayons déjà atteint un point de rupture. Les gens qui nous gouvernent
laisseront les communautés se déchirer entre elles en veillant à circonscrire
le problème aux quartiers pauvres, il faut bien que les veaux
s'ébrouent un peu pendant que les spécialistes s'occupent de la prospérité
de quelques happy few.
Bien à vous tous,
Christian
![]()
Intervention de Christine le 2 novembre 2007 :
Effectivement, il faut lire cet article intéressant, sur
riposte laïque, concernant un éventuel intégrisme laïc.
Non, la laïcité n’est pas la tolérance (réducteur) en tout cas pas la tolérance
de n’importe quelle pensée allant à l’encontre des principes républicains
d’égalité.
http://www.ripostelaique.com/spip.php?article205
Cordialement
Christine
![]()
Intervention de Marie-Ange (le 2 novembre 2007)
Mais en France, ceux qui s'inquiètent d'une justice qui condamne
lourdement fanny Truchelut pour être tombée dans le piège de militants
islamistes qui tentent d'imposer le voile aux musulmans de France sont
qualifiés d’intégristes laïques. La propriétaire du gîte est une femme
d’origine modeste qui ne fait aucun prosélytisme alors que la plaignante est
une militante qui a semble t-il bien mené l’affaire pour obtenir un
jugement qui vise à empêcher toute défense contre des visées intégristes
politiques.
Ceux qui se flattent de se battre contre les cathos sont pleins
d’indulgence envers une toute autre menace .Pourquoi ? Et au nom de quoi
donne t’on toujours raison aux extrémistes contre les musulmans qui adhèrent à
la laïcité à leur risques et périls ? Pour moi la laïcité est à
défendre contre tout excès religieux. Catherine Kintzler dit des choses justes
mais elle se trompe en croyant que ces adversaires de la laïcité se
contenteront de bonnes paroles et de bonnes âmes. Elle sous estime leur
détermination que seuls peuvent comprendre ceux qui les ont fui dans leurs pays
d’origine et qui les voient avancer pas à pas .L’Angleterre a voulu jouer au
jeu du communautarisme en pensant qu’en laissant faire elle échapperait au
terrorisme et commence à s’en mordre les doigts. L’’enseignement étant ce qu’il
est actuellement,et la lâcheté ou la duplicité de nos dirigeants aidant,
je ne pense pas que cela suffise pour empêcher le retour de bâton des
religions
La littérature islamiste envahit les bibliothèques
britanniques
De notre correspondant à Londres RÉMI GODEAU.
Publié le 02 novembre 2007
Actualisé le 02 novembre 2007 : 07h14
Dans les mosquées et les écoles, les livres glorifiant le
terrorisme pullulent. Éditeur principal : l'Arabie saoudite.
SITUÉ à l'ouest de Londres, le collège Roi Fahad forme un
millier d'élèves, dont les enfants des diplomates arabes. Réservé aux garçons
de onze ans, un manuel scolaire consacré à la tradition islamique cite de long
en large les Protocoles des sages de Sion, le bien connu faux antisémite.
« La preuve incontestable de l'existence de ces Protocoles [...] :
beaucoup d'intrigues, de conspirations et d'instigations décrites ont été
exécutées », peut-on lire. Le sionisme y est décrit comme un élément d'un
complot juif mondial. Et les autres « mouvements destructeurs » sont
énumérés : « Francs-maçons, B'nai B'rith, Lions Club internationaux,
Rotary Club ».
Pour le compte du groupe de réflexion conservateur Policy
Exchange, huit chercheurs ont écumé les bibliothèques de cent institutions
musulmanes de Grande-Bretagne : mosquées, centres culturels, écoles...
Après un an d'enquête, ils ont mis la main sur 80 ouvrages illustratifs de
cette « littérature de la haine », dont celui du collège Roi Fahad. Aux
sommaires : rejet des non- musulmans, sectarisme envers ceux qui ne
pratiquent pas « selon la règle », discrimination des femmes,
antisémitisme, défense du djihad... La librairie de la mosquée de Regent's Park
vend un ouvrage qui prône la décapitation des mauvais musulmans.
Déficit de textes critiques
Au premier abord, les résultats publiés mardi apparaissent
pourtant rassurants, note l'universitaire Denis MacEoin : « Les
textes radicaux n'ont été trouvés que dans un quart des sites visités. Mais il
s'agit des institutions les mieux financées et les plus dynamiques. » Le
prince Charles a visité le collège Roi Fahad. En avril 2007, le ministre des
Communautés a prononcé un discours au centre culturel londonien al-Manaan,
également épinglé pour une brochure consacrée aux « ennemis machiavéliques
des femmes », comprendre les magazines, les appels à l'émancipation
féminine et à l'égalité des sexes, les chrétiens, les juifs...
En août, une autre enquête avait révélé que certaines
bibliothèques publiques regorgeaient d'ouvrages extrémistes, rédigés en
anglais, en arabe, en bengali ou en ourdou. Dans le centre Tower Hamlets, à
l'est de la capitale, le public peut consulter des centaines d'ouvrages et
d'enregistrements incitant à la violence contre les adversaires du djihad.
Figurent en bonne place les écrits d'Abu Hamza, l'imam de Finsbury Park, mentor
de plusieurs kamikazes des attentats londoniens du 7 juillet 2005,
aujourd'hui en prison.
Les rayonnages de Tower Hamlets renferment d'autres
publications moins connotées mais tout aussi jusqu'au-boutistes. Comme ceux
d'Ibn Taymiyya, un théologien du Moyen Âge considéré par Ben Laden comme le
théoricien de la « guerre islamiste totale ». Il n'y a rien d'anormal
à autoriser des lectures controversées, assure James Brandon, chercheur au
Centre de cohésion sociale : « Mais le déficit de textes critiques et
la surreprésentation des ouvrages donnant une vision extrémiste de l'islam sont
une incitation à adhérer à une interprétation politique des plus
radicales. » Polémique, il poursuit : « C'est comme si la
section « Deuxième Guerre mondiale » était constituée des seuls
exemplaires de Mein Kampf ».
Denis MacEoin renchérit sur la vision tronquée donnée par
certaines bibliothèques. « Les musulmans sont incités à se séparer des
gens et des choses qui ne sont pas considérées comme islamiques », dit-il.
Pour lui, pas de doute : exposés à longueur de pages, ce séparatisme, ce
dégoût du non-croyant créent un espace idéologique qui peut justifier le
terrorisme contre l'Ouest. Scotland Yard a reconnu que cinq des recueils
étudiés par Policy Exchange avaient été saisis lors de diverses perquisitions
après les attentats du 7 juillet 2005.
Que l'enquête du think-tank ait été diffusée lors de la visite
d'État, achevée hier, du roi Abdallah ne doit rien au hasard. L'influence « puissante
et pernicieuse » de l'Arabie saoudite est évoquée. Nombre de livres
radicaux ont été édités gratuitement par le royaume wahhabite.
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Jean-Baptiste le 4 novembre 2007 :
Salut Marie-Ange,
« Mais en France, ceux qui s'inquiètent d'une justice qui
condamne lourdement Fanny Truchelut pour être tombée dans le piège de militants
islamistes qui tentent d'imposer le voile aux musulmans de France sont
qualifiés d’intégristes laïques. La propriétaire du gîte est une femme
d’origine modeste qui ne fait aucun prosélytisme alors que la plaignante
est une militante qui a semble t-il bien mené l’affaire pour obtenir
un jugement qui vise à empêcher toute défense contre des visées intégristes politiques. »
Une des rares fois où j'ai regardé le JT ces derniers mois, je
suis tombé
sur un reportage qui présentait l'affaire : le journaliste
reprenait l'idée
d'une attitude raciste, malgré l'évidence contraire.
Bien à toi,
J.Baptiste
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