|
Échange sur les conseils pédagogiques (du 19 au 23 octobre 2006) |
|
On te demande de préparer
la corde pour te prendre. Qu'est-ce que tu fais ? Tu cours choisir la
couleur ? Quelques liens : A consulter aussi, les
textes officiels et cette analyse sur le site de Sauver
Les Lettres : Conseil
pédagogique : éléments de discussion.
Il faut faire comprendre aux collègues
que seuls des surcons pourraient participer à ces conseils. La
conséquence, si on n'y participe pas, c'est que le niveau de
connerie reste stable et ne monte pas, immédiatement, d'un cran. Jacques-Bénigne
Un colistier évoque son regret, par lassitude, de ne pas y participer, dans un bahut dominé par le SGEN. Cela permettrait de faire échouer deux-trois projets. Christophe ajoute : Eh bien moi, je suis un super con, puisque j'y vais, mais j'y vais. Parce que chez moi aussi, les seuls qui l'ouvrent à part moi, ce sont les trois sgen, et il n'y a pas de raison qu'ils l'emportent. J'ai déjà fait avorter les devoirs communs, les séances collectives de TICS (???), la réflexion commune sur l'évaluation, et je compte bien poursuivre en emmerdant ces trois abrutis le plus possible. Ils placardent leur amour du travail collectif, et je proclame mon besoin de calme et de solitude pour travailler bien (et "autrement, cela va sans dire, à savoir autrement qu'eux). Bref, j'y vais, comme je vais au CA avec quelques "non inscrits", je développe, j'argumente, j'arrive même à me mettre les parents dans la poche. Tout n'est pas idyllique, mais je ne vois pas pourquoi je laisserais le champ libre à ces collabos. Cordialement.
Sur le principe, je te rejoins mais on fait tous des compromis. Par exemple, la notation administrative...tu la refuses ? Alors ? Pour l'instant Christophe me convainc. Je crois que je vais y aller ; il faut flinguer le SGEN et les autres d'ailleurs... car eux y vont ! J'écrivais en privé : "Dans l'établissement d'un collègue (lycée techno, général et pro) il y a un fort pôle tertiaire. Les profs enseignant en tertiaire (qui obtiennent pourtant de fort mauvais résultats au BTS) ont créé une liste tertiaire intitulée de mémoire "Technologies et communications". Il sont à mort pour le conseil pédagogo et pour siéger au CA où ils tentent de rafler tous les crédits pour leur discipline. Ils veulent aussi nouer des contacts avec des entreprises qui sponsoriseraient leurs activités pédagogols. Ils sont pour les conseils pédagogos. QUESTION : Comment les contrecarrer ? On ne m'a toujours pas répondu. Amitiés,
Jacques-Bénigne, en réponse à Christophe : C'est bien ça qui m'inquiète
: que tu ne voies pas très bien le rapport.J'appelle collaboration
la participation à ces conseils. A ceux qui s'y rendront, on
n'aura jamais mis le couteau sous la gorge. Ce sera de leur plein gré
qu'ils siègeront. Ils font ce qui est exactement contraire à
leurs principes. Et ils justifient le fait qu'ils se conforment à
un ordre des choses ignoble par des sophismes qui sont rien moins que
grotesques. Jacques-Bénigne
Réponses de Christophe à Jacques-Bénigne -JB -(dans le texte): JB - J'appelle collaboration
la participation à ces conseils. A ceux qui s'y rendront, on
n'aura jamais mis le couteau sous la gorge. Ce sera de leur plein gré
qu'ils siègeront. JB - Ils
font ce qui est exactement contraire à leurs principes. Et ils
justifient le fait qu'ils se conforment à un ordre des choses
ignoble par des sophismes qui sont rien moins que grotesques. JB -Ce
sont de semblables sophismes qui ont conduit à participer aux
TPE JB - aux IDD JB - à
rédiger de répugnants "projets pédagogiques"
JB - à
"évaluer" les secondes
JB - Qu'on
ne vienne pas me raconter des histoires : je baigne dans le même
bouillon et je n'aurais jamais accepté de participer à
ces horreurs. Pas une seule fois, cependant, je n'ai eu l'impression
de résister à quoi que ce soit, je me suis simplement
contenté de ne rien faire, d'ignorer ces "réformes".
Je n'ai jamais subi la moindre pression. JB-Que
des connards du SGEN aillent dans ces conseils, c'est très bien.
Si les décisions qu'ils prennent se heurtent à une fin
de non-recevoir de ceux qui doivent les mettre en pratique après
qu'on les a prévenus qu'ils se comportaient comme des chiens
et comme des porcs, je ne vois vraiment pas où se trouve la difficulté.
C'est un point de vue qui se défend [celui de Christophe, énoncé plus haut]. Respect. Dans le fond tout ce qu'on peut sauver, "c'est mieux que rien"... :-) Pour moi, j'ai donné pendant plus de trente ans et ma dernière participation à ce genre de truc - le CA - a été franchement douloureuse et parfaitement vaine! Sans moi. Si je peux. Mais, pour l'instant, on en parle chez vous de ces Conseils pédagogiques? Chez moi, c'est le calme plat. Mais je ne vous dis pas comment ni par qui les "décisions pédagogiques" sont prises... SOS... Une parente de sixième vient de me demander le programme de la classe. Elle semble trouver que le manuel (que je suis) et qui date de 2005 n'est pas aux normes. Merde, c'est vrai qu'ils ne commence pas par l'alphabétique! :-) [Allusion à un autre débat à propos de la campagne de l'association SOS Education qui appelle les parents à dénoncer les enseignants des cours préparatoires qui n'appliqueraient pas les consignes du ministre dans le domaine de l'apprentissage de la lecture.] Eric
Pas du tout ! Elle existe parce
que des gens vont la faire exister, dont tu seras. Jacques-Bénigne
Bien à toi. * ou l'inverse
Tu es très naïf d'imaginer
que la hors-classe dépend encore d'un quelconque calcul ouvert
et objectif. Mais tu dois avoir raison pour la note, vu que la mienne
ne pourra plus progresser. J'ai dû être grassement payé
de mon effréné lèche-culage en CA. Bien à toi, bien à
vous.
Eric (de Martinique) répond au colistier qui évoquait la hors-classe, et qui ajoute que l'idée d'emmerder les cons n'est pas mauvaise en soi, mais qu'il est convaincu qu'on peut davantage les emmerder en dehors du conseil pédagogique. Mais c'est bien ce que je pense ! Et j'ai tout fait, tu le sais, pour ne jamais pouvoir accéder à la hors classe. :-) J'admire la "jeunesse" de Christophe! De fait je pense que le Conseil pédagogique est déjà en place depuis des années dans de nombreux bahuts où on bâtit des projets d'établissement à tous les coins de couloirs, où on multiplie les thermomètres-évaluations-communes en croyant faire baisser la température, où les IDD et autres TPE luciolisent notre petite nuit pédagogique, où on préventionne-routière à tour de bras, où on éducationne à l'environnement dans une petite île où 400 000 bagnoles, ou presque, - la plupart d'énormes 4.4 diésel - circulent quotidiennement ... Bon j'arrête, c'est épuisant. Et pour ce qui concerne le pouvoir des chefs d'établissement, à mon avis, pour qu'il soit total il s'en faut de fort peu. Je ne peux malheureusement raconter ici mes mésaventures et je n'ai pas cette fibre écrivaine pour ce genre d'essai à la mode. J'ai dû dire à l'ami de Jean-Paul Brighelli qui écrit un bouquin sur la lâcheté dans l'éducation nationale que le seul fait de ne pouvoir répondre, même anonymement, à sa demande en était le plus triste et désespérant exemple. Question de simple survie. C'est le sens de mon "Si je peux." Ma marge est très, très faible. Chamoiseau et Confiant parlaient du problème d'écrire en pays dominé, notre problème à nous, c'est d'enseigner en pays possédé. Tenir. Résister. Dans un lieu qui ne nous appartient déjà plus. Où nous ne sommes rien ou presque. Résister. Quelques satisfactions dans cet univers de fou. Des élèves très durs (une troisième d'insertion - je crois que c'est la dénomination - à préparer au CFG ; mon objectif, cela va sans dire est nettement plus ambitieux, con que je suis) qui ont gratté en fin de journée - la dernière heure, la plus chaude, la plus risquée - dans le plus grand silence après une étude de texte, certes laborieuse (certains ont d'énormes difficultés pour lire, ils décodent, oui, mais souvent sans comprendre) , mais passionnante! Des souvenirs d'enfance antillais : une page d'un auteur local où était décrite, avec simplicité et suffisamment de talent, la maison, la case d'antan. Passionnés les grands gaillards et les filles-femmes! Partant pour se mettre à l'écriture, eux qui écrivent si peu ! Ils veulent aussi dire où et comment ils vivent, et à l'oral, ce n'était pas triste! Ils en ont des choses à dire! Un petit groupe de soutien aussi en sixième sur les même traces, une remédiation à ma manière qui passe d'abord par la communication, l'écoute et le langage (de nombreux collègues refont les items des cahiers d'évaluation, je n'ai jamais vraiment pu...) Du SLECC, du vrai! De l'artisanat quand on veut nous faire travailler à la chaîne : c'est à cela que je pensais avec ces élèves, "au travail" cette après midi. Je résistais, avec le sentiment de faire, vraiment, mon métier. Bien à toi,
Tu as raison sur au moins un point
: il y a beaucoup plus de cons en dehors du CP qu'à l'intérieur,
par le fait même que le CP est un groupe limité... Bien à toi.
Allez ! tu loles quand même ! Dans mon bahut, c'est le type du SNES (c'est dire !) qui a été le plus clair : il ne faut pas mettre le doigt dans l'engrenage. On y va pour s'opposer puis, pour que l'opposition soit efficace, on est bien un peu obligé de jouer le jeu, de montrer patte blanche de temps en temps J'ajouterais (mais c'était implicite dans la réponse du collègue) : dans les CA ou autre trucs vaguement participatifs (il y a apparence de démocratie, il y a des élections), c'est déjà le cas, alors là, comment aller cautionner un tel machin par sa présence ? Bref, si tu n'y participes pas, les conséquences seront les mêmes - mais au moins toi et tes collègues vous ne vous serez pas compromis. J.Baptiste PS : H, ton argument de la notation administrative est ridicule : on n'y peut rien, on ne nous demande pas d'y participer. En revanche, je comprends mieux ton dilemme si tu as en face de toi des ennemis objectifs, et si tu es certaine qu'il est impossible de placer autour d'eux un cordon sanitaire. Question, à mon tour : peut-on être absolument certain de cela, de cette impossibilité ? Moi, je crois que je ne le serai jamais, et que c'est à cela qu'il faut travailler (comme le propose Jacques Bénigne). En revanche, on peut être certain qu'en participant à ce type de conseil tu mets un doigt dans un engrenage - car peut-on réussir, sur la durée, ce que fait Christophe : être là comme un témoin, un vestige du bon sens ? Laissera-t-on longtemps ce vestige trôner dans ce conseil ? Je crains que non. Et alors le vestige aura servi à créer un précédent, à donner une légitimité à la présence de profs au sein d'un organisme pourri.
En réponse à une question collective (autorisation de publication) : La question ne se pose pas car je n'ai pas participé à cette discussion : par bonheur les conseils pédagogiques sont inconnus dans mon lycée, à tel point que je n'ai pas vraiment compris ce dont il s'agissait. Ce que nous appelons "conseil pédagogique" dans mon lycée, ce sont deux petites réunions par profs d'une même discipline, l'une le 30 juin où nous nous répartissons les classes de l'année suivante et synthétisons diverses demandes auprès de l'administration, une seconde le jour de la pré-rentrée où, pour l'essentiel, nous nous mettons d'accord à propos de la date du bac blanc et de l'objet d'étude sur lequel il portera : il serait donc insensé de ne pas participer à ces petites causeries utiles et agréables. Bien à vous, S.
Christophe
C'est de l'humour ironique n'est-ce pas ? J'en ai bien connu qui ne s'en privaient pas ; et même un qui s'est permis de s'asseoir dessus en presque toute impunité.... Cordialement. G.
|