L’intégralité du rapport ICI

 

Quelques extraits concernant l’enseignement secondaire ICI

 

 

 

 


Avant la publication du rapport de la commission Attali,
quelques grandes lignes ont été publiées dans la presse …

 

 

Christian, le 21 janvier 2008 :

 

La commission Attila sur la croissance est dans le vent, elle propose sa révolution culturelle pour l'éducation : la notation des profs par leurs élèves et l'économie dans les savoirs de base.

 

Les bons petits soldats de la libéralisation et de la fracture sociale sont à leur poste et ils ne nous aiment pas, ça non ! Le travail à moindre coût, oui, la réflexion, non ! Le progrès, c'est tout simple et ça ne réclame pas beaucoup d'efforts. Etre une bonne volaille qui se laisse empâter, une bonne volaille  jalouse  de sa basse-cour, une bonne volaille qui garde ses coups de becs pour les poulets rachitiques venus d'ailleurs, une bonne volaille qui accourt quand elle voit son fermier jeter le bon grain, une bonne volaille qui n'a jamais rien vu au-delà des grilles réglementaires,  une bonne volaille prête à rôtir...

 

 

Cot cot codet

Cot cot codet

Je suis une poule pondeuse

Cot cot codet

J'gratte la terre avec mes pattes...

 

Professeur Choron

 

 


Françoise :

 

La poulette elle a mal

Elle a mal au trou d'balle

Et jusqu'aux amygdales

Peau d'balle peau d'balle

C'est la grève totale

 

Anne Sylvestre

( Bye mélanco - La poule aux oeuf d'or )

 

 

 


Marie-Ange:

 

Attali : « Un jour viendra où l'enseignement, loin d'être un coût pour la société, sera une source de profit pour les industries du savoir, qui fabriqueront les vidéodisques, les CD-Rom, les logiciels éducatifs et les sites Internet dont se serviront nos enfants. […] Toutes les fonctions sociales ont commencé par être, comme l'éducation, une dimension d'un rituel religieux, avant de devenir un instrument du pouvoir politique, puis un service collectif, puis marchand, et, enfin, dans certains cas, un objet produit en série … [la solution] est de transformer le processus éducatif, comme ce fut le cas d'autres fonctions, en mettant les potentialités technologiques nouvelles au service de sa mission. Lorsqu'un service a pu être remplacé, ou complété, par un objet produit en série (le concert par le disque, le clocher par la montre, la diligence par l'automobile, le lavoir par la machine à laver, voire, un jour, le soin par la prothèse), la dépense est devenue une recette, la charge un profit, le problème une solution » ( in Jacques Attali, L'ÉCOLE D'APRÈS-DEMAIN : Les nouvelles technologies vont-elles remettre en cause le système éducatif ? - Le Revenu Français Hebdo n° 324 du 2 décembre 1994 )

 

La gauche et la droite, même combat contre l’école publique laïque obligatoire.

 

 

 


Quelques réactions sur la liste de discussion

le lundi 23 janvier 2008

 

 


Christophe :

 

Attali : "Les pays qui ont progressé ou rattrapé leur retard ont, mieux que la France, tenu compte de la très grande plasticité de l'intelligence et de la création incessante de nouveaux rituels culturels. Ils ont tous tenu compte des rythmes scolaires fondés sur les processus biologiques d'apprentissage : grandes vacances moins longues, journées plus courtes et plus légères, sport et détente en début d'après-midi. Les rythmes scolaires français impliquent des journées lourdes et des programmes mal répartis qui ralentissent les processus d'apprentissage !"

 

    Et ce doit être vrai, tant on voit de ces sales cons qui, promus maîtres à penser par l'enseignement qu'ils ont reçu, n'ont de cesse de détruire cet enseignement pour qu'il cesse de produire d'aussi détestables connards.

 

 PS. Je me trompe, ou Attali, après la mort de Mitterrand, s'était reconverti comme marbrier ?

 

 


Christophe :

 

Attali : "Le redoublement n'apporte aucune solution au retard des élèves. Il faut l'éviter au maximum. Le rôle du maître doit donc être avant tout de faire confiance et de donner confiance. L'optimisme s'acquiert dès ce stade et détermine le goût de travailler, de créer,

d'entreprendre, essentiel à la croissance."

 

En fait, la solution, c'est la drogue ou l'alcool ? Le soma ?

 

Question subsidiaire : quels sont les membres de cette liste qui, d'eux-mêmes, ont "envie d'entreprendre" ? Ça m'intéresserait bien, un sondage sur cette attitude précise. Pourquoi un être "fin en soi" aurait-il donc envie d'entreprendre ? Aidez-moi à comprendre.

 

 


Christian :

Au secours !  les optimistes sont de retour. Travailler, créer,  entreprendre : les trois piliers de la croissance ?  A chacun son trip. Je ne vois pas  le  rapport entre ma mission d'enseignant et ce qu'ils appellent la  croissance,  alors "entreprendre", ça n'est pas dans mes cordes... C'est  ça travailler autrement ? Ce métier nous condamne à la prostitution mais  la  passe est très mal payée et les clients ne sont pas baisants.

 

 


Yves :

 

Ah, ils veulent notre peau !

 

 


Christian :

 

Non, Yves, ils ne veulent pas notre peau. Seulement notre fric et notre consentement ! On maintiendra le plus grand nombre au seuil de subsistance pour mieux les asservir. Un homme étranglé, ça ferme sa gueule et ça marche au pas. Corvéable et taillable à merci avec une cocarde citoyenne en guise de conscience, illustrée par cette idée profonde sortie du trou du cul d' Attali : le service civique ( on se croirait au temps des soviets, même langue de bois, même imposture, même oligarchie, même volonté de contrôle : décidément les mots en "isme" ne valent rien au peuple  ) :

 

« La croissance suppose la prise de conscience de l’interdépendance, de l’importance de l’altruisme, du travail en équipe et de l’intérêt général. Chacun doit aussi comprendre que le succès de l’autre est une chance pour lui-même et non une place prise à son détriment. »     

 

Altruisme , mon cul !

 

 


Sylvie :

 

Attali, c'est ce mec qui a recouvert le siège social de la BERD et son bureau de grand manitou, de marbre de Carrare et qui a fini par faire que la banque frôle la faillite* ; c'est aussi ce mec qui a quasi intégralement copié celui de ses très nombreux bouquins qui a pour titre Histoire du temps (ou quelque chose dans ce genre) et il n'est pas certain qu'il ait écrit les autres ................................ Tout cela relativise beaucoup ses exhortations au travail, à l'effort, à la rigueur, ses leçons de morale et ses conseils en économie. Là encore, les journalistes n'ont pas de mémoire et "on" s'extasie sur le grand penseur moderne, novateur, .............................

 

J'enrage.

 

* JACQUES ATTALI : LA CHUTE (article paru dans l’Humanité le 17 juillet 1993)

 


Christophe :

 

   Bernard Maris faisait remarquer il y a déjà plusieurs années dans Charlie que ce sont ceux qui prônent le plus le risque qui en courent le moins. Car les patrons de grands groupes sont bien plus à l'abri que les fonctionnaires : leurs conditions de départ lorsqu'ils ont ruiné leur groupe sont telles qu'ils ont plus intérêt à échouer qu'à réussir, puisqu'en cas d'échec, ils gagnent en argent et en possibilité d'aller massacrer ailleurs.

   Comment peut-on sans rire nous parler du travail des patrons ? Les cadres sont moins hypocrites, qui parlent sans crainte des interminables réunions-alibi de travail, des heures passées sur les sites de cul ("mais nous on bosse 15h par jour" ! mais combien de contrôlées ?), etc. Ça me rappelle un de mes oncles, employé chez France-télécom, qui détestait ce que sa famille était devenue et partait au bureau tous les matins à 6h, "pointait", puis déjeunait tranquillement jusqu'à 10h avec café, papotages divers, journaux, et qui racontait cela avec le rire gras du mesquin fier de lui.

   Et quand bien même : tout ce travail pour quoi ? Inventer de nouveaux trucs dont on n'a pas besoin, inventer des stratégies pour qu'on en ait besoin, inventer des façons de dissimuler des crédits douteux (très drôle, cette crise des subprimes (?)), inventer de la merde, de la merde, toujours plus de merde. Comment ça s'appelle déjà, la fabrication subventionnée de merde ? Ah oui, "entreprendre". Y'a un moyen mnémotechnique, c'est ce que défend Sarkomnys. Qui se ressemble... Encore un produit merdique.

 

 


Marie-Ange :

 

 

     Attali : « Une liste de recrutement national constituant un « vivier » doit être établie, dans laquelle les établissements puiseront pour embaucher leurs professeurs. »

 

     Vivier : Bassin réservé à l’élevage (il ne faudrait pas imaginer que l’enseignant échappe à l’IUFM) et à la conservation des poissons vivants (le suicide ferait mauvais genre ; Attali : «Le rôle du maître doit donc être avant tout de faire confiance et de donner confiance.»)

 

     Et les profs, il faudra leur attacher les pinces avant de les pêcher ? Ils pourraient se blesser lorsqu'ils se battront pour avoir les meilleurs élèves s'ils veulent manger à la fin du mois.

 

     Attali : " [L'enseignant] devra expliciter le rôle relatif de la concurrence et des collectivités publiques dans la création et la répartition des richesses."

 

     Mais  il ne faut pas imaginer que ce sera aussi simple: un élève peut obtenir de bons résultats  mais risque, si le prof n'est pas assez sexy ou s'il est encore un peu exigeant, de  baisser la note après s'être foutu de sa gueule sur l’ordinateur  que l'école lui offrira.

     M. Attali, qui n'a peut-être  pas détruit sa carte du PS ni celle de la FCPE, pourra poursuivre la tradition de ces officines dédiées au bonheur de « l’élève au centre de ses savoirs » (et de ses désirs) en tenant  compte du développement de la créativité qu'aura permis la tête de thon du professeur parce que M. Attali en dépit de sa bonne volonté pour développer la créativité ne peut pas tout faire :

 

     Attali : « L ’enseignement de l’économie doit être aussi, dès le primaire, concret, positif, et exigeant sur les dimensions éthiques, sociales et écologiques de la croissance."[…] " à raison d’une demi-journée par semaine [...] prévoiront par exemple des activités de soutien aux personnes âgées isolées, aux handicapés ou à d’autres personnes en difficulté ; de tutorat à l’égard des plus jeunes, ou encore la participation à l’entretien des forêts, à la réhabilitation des vieux logements. »

 

     J'espère que M. Attali s'est bien fait comprendre du petit personnel qualifié qui pensait se rendre indispensable: « Chacun doit aussi comprendre que le succès de l’autre est une chance pour lui-même et non une place prise à son détriment. »

 

     Mais, mes bien chères frères, mes bien chères sœurs, nous savons que nous  pouvons compter sur M.Attali et le bon chanoine d’honneur de  St Jean-de-Latran pour qu’enfin dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur puisse espérer approcher le curé et le pasteur.

    N’oublions pas, dans cette mission, notre bien chère sœur Virginie Hoadec de la confrérie du saint CRDP qui saura préparer charitablement la guerre des sexes qui nous débarrassera de la vilaine sexuation.

    «L’avenir des citoyennes et des citoyens se prépare dès l’école maternelle». C’est sur cette vérité officiellement énoncée par l'Education nationale que la conseillère pédagogique en charge d’une mission sur l’égalité filles/garçons pour l’académie de Toulouse, Virginie Houadec, vient de produire un ouvrage à destination des institutrices et instituteurs. Edité par le Centre régional de documentation pédagogique (CRDP), il sera présenté mercredi à Albi aux enseignants du cours préparatoire jusqu’au CM2. 

      « Deuxième exemple pour les élèves du cours préparatoire jusqu’au CE1 : l’apprentissage de la soustraction, en calcul, se fait à partir des heures de travaux ménagers, relevées par l’INSEE, réalisées par les femmes et par les hommes. » (Libération du 13/01/2008)  

     La fin de la notion désuète de  différence des sexes (1) évitera une dispersion des énergies et permettra de gagner du temps pour les heures supplémentaires en dispensant les travailleuses des congés maternités et en ouvrant un nouveau marché avec la procréation hors sexe.

 

      Par  exemple, ce nouveau  marché de la procréation hors sexe (2) pourra, grâce à la décision n° 9 de M. Attali de « Lancer […] Pour  les collèges et lycées qui le souhaitent [et qui] doivent pouvoir entrer en relation avec des universités, des centres de recherche et des entreprises pour organiser des « concours d’innovation » à destination de leurs élèves, pour développer de nouveaux services, ou de nouveaux produits, ou des oeuvres d’art », permettre de gagner un temps précieux dans l’acceptation de cette chouette idée tout à fait moderne ! «  Les meilleures idées […] sont éventuellement commercialisées le sont ensuite au profit des élèves et des établissements scolaires » Un argument qui  permettrait de convaincre de l’intérêt de ces recherches.

 

     Attali : " L’apprentissage d’Internet [...] permet de faire de l’échec une façon d’apprendre et non de punir.". Vous comprendrez que le professeur archaïque quelque peu rebuté par l'idée de laisser sa place à un écran devra, lui, être puni si les résultats demandés poliment par M. Attali ne sont pas au rendez-vous.

 

     Je l’ai déjà cité dans un précédent message … On ne s’en lasse pas :

 

      Attali : « Un jour viendra où l'enseignement, loin d'être un coût pour la société, sera une source de profit pour les industries du savoir, qui fabriqueront les vidéodisques, les CD-Rom, les logiciels éducatifs et les sites Internet dont se serviront nos enfants. […] Toutes les fonctions sociales ont commencé par être, comme l'éducation, une dimension d'un rituel religieux, avant de devenir un instrument du pouvoir politique, puis un service collectif, puis marchand, et, enfin, dans certains cas, un objet produit en série … [la solution] est de transformer le processus éducatif, comme ce fut le cas d'autres fonctions, en mettant les potentialités technologiques nouvelles au service de sa mission. Lorsqu'un service a pu être remplacé, ou complété, par un objet produit en série (le concert par le disque, le clocher par la montre, la diligence par l'automobile, le lavoir par la machine à laver, voire, un jour, le soin par la prothèse), la dépense est devenue une recette, la charge un profit, le problème une solution » ( in Jacques Attali, L'ÉCOLE D'APRÈS-DEMAIN : Les nouvelles technologies vont-elles remettre en cause le système éducatif ? - Le Revenu Français Hebdo n° 324 du 2 décembre 1994 )

 

     Traduire par :

     « Lorsqu'un service a pu être remplacé, ou complété, par un objet produit en série (le concert par le disque, le clocher par la montre, la diligence par l'automobile, le lavoir par la machine à laver, voire, un jour, le soin par la prothèse … la femme par un utérus artificiel, la reproduction sexuée par la procréation hors sexe payante, le professeur par un logiciel éducatif suite des recherches sur « l’intelligence artificielle »  … car « la dépense est devenue une recette, la charge un profit, le problème une solution ». Seul un manque d’imagination nous empêche de poursuivre la liste …

 

Attali : DÉCISION 2. L’apprentissage d’Internet permet aussi de faciliter le développement d’aptitudes spécifiques (linguistiques, informatiques, artistiques, sportives, créatives) autant que les connaissances académiques.

 

 

 

 

 


Je proposerai aux enfants, dès vendredi, de jouer à "ATTALI A DIT" : le petit  c.... chercheur) qui   FAIT ALORS QUE ATTALI A PAS DIT s'en prend une (si lui et ses parents m'y autorisent) …

 

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(1)  - « Premier exemple pour les classes maternelles : le coin jeu. Il y a encore d’ordinaire le coin filles avec les éléments de cuisine et le coin garçons avec les voitures de pompiers. Le manuel de Virginie Houadec et Michèle Babillot incite à organiser un parcours qui force les unes et les autres à faire le tour de tout le dispositif. »

Tout l’intérêt et la finesse de l’argument du bien est dans le « qui force » …

 

(2) - Pour les désirs de réformes, lire les motions du Mans du PS et du club de Strauss Kahn.

 

 


Christian, le 24 janvier :

 

Marie-Ange apporte une dissonance essentielle qui mérite d'être diffusée largement. J'ajouterai que ces beaux messieurs, qui semblent accorder tant d'importance au mot confiance quand il s'agit de l'enfant "créateur", ne semblent pas embarrassés de nous imposer un modèle de société fondé sur le contrôle et la culpabilisation du travailleur ( la défiance et le soupçon systématiques). Au bout de cette logique, il y a quelque chose qui ressemble à la dictature. Si elle n'est pas encore politique, elle exerce déjà une pression morale qui rendra bientôt cette société irrespirable.

 

 

 

A suivre …

 

 

 


En aparté …

 

 

Christian :

 

Ségolène Royal peut bien aller se rhabiller, elle a trouvé son maître !

 

Un tombereau d'insanités...

 

 


Yves :

 

Doivent jubiler, oui ! Ils en rêvaient !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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