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"En
voiture Simone"
par Hervé, Christian et Christophe (le
25 juillet 2008)
L'Homme
qui rit
par le Concombre masqué (le 21 juillet 2008)
L'habit
jaune est incontournable
signé Furax (le 12 juillet 2008)
Avec
le bac , je positive ...
par le Concombre masqué (le 7 juillet 2008)
Nausée
par Marc, le 14 avril 2008
Vu sur fr.education.divers (
Avril 2008 )
Prof
sous prozac
A propos des sites incitant
les élèves à noter leurs professeurs
Non,
l'école n'est pas la famille
par Sylvie, le 26 février 2008
Anticipation
par Thomas, le 16 février 2008
Le
rapport Pochard -Un petit florilège
par
Yves, le 6 février 2008

Après la grève
du 24 janvier 2008
Faudrait
pas prendre les connards sauvages pour des enfants du bon dieu
!
ou A qui profite l'action syndicale ?
Un billet à plusieurs mains (novembre 2007 - Janvier
2008)
Commission
Attali (Extrait d'un "Reflet
des débats")
par Marie-Ange, le 23 janvier 2008
Heures
sup - BASTA !
par le
Concombre masqué, le 12 janvier 2008
Bonne
année bling-bling
par Yves (le 1er janvier 2008)
Retraite
des enseignants : sombres calculs !
par Rémy
(le 28 décembre 2007)
Gueulante de l'emmerdé - Conte de Noël
par le Concombre masqué (le 25 décembre 2007 )
Amis de la culture offensive, bonjour
par
Les Amis de Babeuf (le
3 novembre 2007)
Nous avons la science sans conscience, la ruine de
l'âme, c'est pour quand ?
par
Christian ( le 31 octobre 2007 )
Dura
lex, sed lex ?
par Christian
(le 16 octobre 2007 )
Début
juin 2007
Petit
échange sur la liste de discussion "Les Mots-tocsin"
à propos d'un texte de
J.-B. Brighelli :
"Mens sana in sano corpore"
par Christian, Françoise, Yves et
Christine
le 9 mai 2007
Paloma
par le Concombre masqué
le 25 avril 2007
Le merle moqueur
par William, Marc,Chantal
et Christian
Pour
Roland !
par Christophe et Hervé (5 avril 2007)
Un billet reçu le vendredi 23 mars 2007
Le plus beau
métier du monde (il paraît ... )
par Pascale - Enseignante dans un lycée de l'Yonne
le mercredi 14
février 2007
Ce sont les enfants
qui paient le prix de la dénaturation de notre profession
d'enseignant !
ou Petit mémento à l'usage des présidentiables
Un "Billet d'humeur" croisé par Christian
et Jean-Baptiste
le mercredi 24
janvier 2007 - Cave canem -
par Christian
Du 14 janvier au 16
janvier 2007
Faisons lever la houle pour indisposer
ceux qui n'aiment pas les vagues
Un billet d'humeur à trois

Année 2006

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2003
Retraite des enseignants
: sombres calculs !
par Rémy
(le 28 décembre 2007)
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J'ai fait le calcul pour un collègue
qui voudrait partir en retraites en 2020. Il a eu son Capes à
22 ans.
A 60 ans, il aura donc 152 trimestres de cotisations
en travaillant à temps plein. Avant la loi Fillon, il aurait
eu 75 % des 6 derniers mois. En 2020 il faudra 42 annuités
soit 168 trimestres.
Retraite avant décote : dernier traitement brut des 6 derniers
mois X par 152/168 X 75% = 67,85%
Ensuite il faut appliquer la décote :
deux solutions:
- 168-152= -16 trimestres
- ou alors à 65 ans la décote ne s'applique
plus en 2020 soit 5 ans de différence avec 60 ans soit -25
trimestres
On prend le plus favorable soit -16 trimestres
La décote serait de 1,25 en 2020 soit
1,25X16= 20%
Il descend à 80% des
67,85% soit 54,28% du dernier traitement brut.
De la retraite obtenue, il faut soustraire la
CSG et la CRDS et éventuellement la cotisation MGEN !
Le gouvernement vient de mettre en place une retraite
additionnelle (voir ci-dessous) sur l'ISO, l'indemnité
de prof principal, et les HSA. Cela va faire une belle jambe!
NB. Les femmes sont gâtées : avant
la loi Fillon un enfant comptait 4 trimestres pour la durée
de service ou cotisations. Maintenant, il compte 2 trimestres pour
la durée d'assurance. (La durée d'assurance qui compte
pour la décote est en effet différente de la durée
de cotisations)
Je n'ose pas faire le calcul pour les catégories
C et D qui vont tomber en dessous du minimum de pension!
Rémy
Ces calculs résultent des dispositions adoptées
en 2003 pour la Fonction publique générale. De nouvelles
"
négociations " sont prévues en 2008 … Que nous
réservent-elles ?
A travers cet exemple, on peut voir facilement le but
de la manœuvre : il ne s'agit pas de " travailler plus pour
gagner plus " ou de " travailler plus longtemps parce que l'on vit
plus vieux", mais bien de baisser les pensions. Pourquoi
? Pour en finir avec la retraite par répartition et allez
vers la retraite par capitalisation : imposer les fonds de pension
! Les financiers lorgnent depuis longtemps sur l'argent des retraites,
ils vont être satisfaits …
Documents
annexes (à compléter)
- La retraite additionnelle
et quelques points de vue syndicaux
-
Les " régimes spéciaux
" : un rappel et dernières nouvelles. La durée
de cotisation à 41 ans, sans attendre la fin des négociations.
Une tentative de passage en force, selon les syndicats (voir par
exemple cet article de Libération.fr
du 26 décembre 2007) - Communiqué
commun des fédérations de cheminots SUD-Rail
- Force Ouvrière ( 28 décembre 2007)
-
Des arguments
pour le retour au 37,5 annuités pour tous par
Rémy
- "Les
torchons et les serviettes" par Claude Danthony, Maître
de conférences de mathématiques à l'École
normale supérieure de Lyon.
- Le passage
à la moulinette des pensions et le recours obligé
(imposé) aux fonds de pension selon Bruxelles.
A
compléter (transmettez vos observatiions et suggestions :
ICI ou mieux,
en participant à la liste discussion
)
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Gueulante
de l'emmerdé
Conte de Noël
par le Concombre masqué
(le 25
décembre 2007 )
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Notre
société de consommation a connu son premier orgasme
commercial et nous attendons avec impatience les feux de voiture du
jour de l'an. Hier, un pote menuisier, heureux propriétaire
d'une vieille carcasse mécanique qui va devoir repasser le
nouveau contrôle technique à prix d'or me lâchait
entre la dinde et le pousse café : " Les patrons, ils s'en
fichent pas mal du contrôle technique, ils changent de bagnole
comme de chemise. Sur ce coup-là, c'est encore nous qui payons,
si j'étais un peu couillu , je la flamberais pour Noël. "
Il est vrai que cette putain de mécanique
sociale n'engendre pas que de la sérénité,
ça dépend surtout des quartiers. On parque la jeunesse,
on la laisse bouillir sur le feu de la médiocrité et la
casserole finit par déborder. Et ça déborde
toujours sans conscience, parce que les braves gens qui nous bricolent
le meilleur des mondes s'arrangent toujours pour couper les gueux des
lumières de la lucidité. Dès fois qu'ils auraient
la sacrée bonne idée de balancer du pavé du
côté de chez Dior ! On aurait vu quelques Indiens mal
léchés planter leurs tentes dans les beaux quartiers, les
rupins qui promènent des pompes à 1000 euros sur le
pavé lustré peuvent bien détourner les yeux et se
pincer le nez, pourfendre des moulins, ça emmerde toujours un
peu les meuniers du capital.
En attendant, l'état s'offre pour trois
euros six sous des gugusses diplômés qui vont servir de
fusibles à une République de pieds nickelés. Les
élites, elles, se sont payées sur la bête. Du
député exemplaire qui s'offre une belle part de retraite
très spéciale au directeur de cabinet (voire au ministre)
qui balance sa morale citoyenne sans vergogne en profitant de ses 190
m2 de logement social au coeur de Paris. Ces politiciens
d'opérette font dans le respectable et leur petite entreprise ne
connaît pas la crise. Quant à vous, ô broussards de
la République, on vous demande de bourrer le mou aux sauvageons
et d'attendrir la chair à patrons : passe par ici, oriente-toi
par là, honore Guy Moquet, encense le Dieu travail, il te le
rendra à crédit, sois "gling gling" comme ton
président, nique la culture qui ne paye pas et
vénère l'Europe qui rime avec Pénélope ...
Voilà , j'avais pas de conte de Noël
sous la main , alors j'ai fait dans le populaire. Poujadiste diront les
puristes. C'est la gueulante de l'emmerdé qui travaille
là où ça pue. A force de gueuler bien fort,
ça pourrait réveiller les mauvaises idées, celles
qui font trembler les argentiers. Une petite flambée
banquière pour le nouvel an : faire cramer quelques
établissements respectables qui font leur beurre sur le dos des
endettés de la croissance. Je suis tellement remonté que
je serais bien fichu d'applaudir "l'acte odieux", comme ils disent.
Tiens, maintenant j'entends une petite voix
céleste … ça ne s'arrange pas ! Si ça se
trouve, c'est encore la BVM qui radine, c'est vrai que j'lai un peu
planqué sous le boisseau son divin lardon :
"Du calme mon KIKI (c'est le surnom de votre
serviteur quand il ne pointe pas à la fornication nationale),
faudrait peut-être songer à rester dans les clous de la
conformité, toi aussi tu passes chaque mois à la gamelle,
si tu veux être bien traité, va falloir en rabattre un peu
et penser comme il faut, on t'a pas élevé pour cracher
dans la soupe. Les origines sociales, c'est comme les maladies
honteuses, ça se soigne. On a ouvert une maison de
tolérance pour te purger les idées noires, va voir la
faiseuse d'anges du PS, elle s'occupera de ton cas. On n'a pas
inventé Noël pour accoucher de révolutionnaires, nom
de Dieu ! "
Merde à la petite voix
Le Concombre masqué
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Amis
de la culture offensive, bonjour
par les Amis de Babeuf
(le 3 novembre 2007)
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Un message du 3 novembre 2007 en
pleine polémique (sur la liste de
discussion) à propos de la politique actuelle et des
mouvements d'oppositions qui commencent à s'organiser. Une
réponse, notamment à ces remarques d'un colistier : 'Une
seule chose m'intéresse : tel dispositif est-il conforme
à l'intérêt général ?" ... "Ou bien
tout simplement que les recettes de la droite marchent [-elles] mieux que celles de la gauche ?"

Amis
de la culture offensive, bonjour
Buonarotti 1828 (camarade de Babeuf) :
" Il fut toujours difficile aux hommes de s'entendre pour
établir un ordre social raisonnable. Ce fut par le commerce des
superfluités et par les arts du luxe, que nos pères
arrachèrent sans violence aux favoris de la
féodalité une partie de leurs richesse. Des esclaves
devenant ainsi nécessaires à leurs maîtres, en
affaiblirent la puissance. Un mal qui servit de remède à
un autre fut pris pour le suprême bien, au point que pour
beaucoup de gens, la liberté n'est autre chose que la
faculté illimitée d'acquérir."
Face aux lieux
communs de la médiocrité politique, je ne souhaite pas rester silencieux,
que vaut une lucidité qui reste muette devant l'idéologie
dominante ? C'est parce que nous avons vocation à diffuser nos
idées et à les partager que nous devons les marteler sans
cesse, sauf à accepter de les voir disparaître corps et
biens.
L'intérêt général revendiqué
pour justifier les régressions sociales et politiques
relève de la mystification idéologique telle que la
définit Montesquieu dans "L'Esprit
des lois" :
" L'homme cet
être flexible, formulant déjà toute la
théorie de la mystification idéologique, se pliant dans la société aux
pensées, aux impressions des autres, est également
capable de connaître sa propre nature si on la lui montre, et d'en perdre jusqu'au sentiment lorsqu'on
la lui dérobe."
Pierre Barbéris dans son
étude "Au source du
réalisme, aristocrates et bourgeois"* analyse dans une
perspective diachronique les fondamentaux de la pensée
bourgeoise, il cite Voltaire qui écrit dans le siècle de
Louis XIV : "Le manoeuvre, l'ouvrier doit être réduit au
nécessaire pour travailler : telle est la nature de l'homme...Il
faut que ce grand nombre d'hommes soit pauvre mais il ne faut pas qu'il
soit misérable." Le ver était déjà dans le
fruit.
Barbéris
éclaire les pamphlets "feuillant" d'un Chénier qui s'en
prend à cette classe de citoyens mécontente ( il se garde
bien de dire pourquoi), Chénier reproche à cette classe
de dire que "la bourgeoisie n'est plus aussi attachée à
la Révolution"( Journal de
Paris, 1791). La bourgeoisie ayant fait Sa révolution
n'en veut point d'une autre, ayant obtenu Sa liberté, elle ne
veut point d'une liberté populaire qui menacerait la sienne,
c'est pourquoi elle s'identifie avec le pays, monopolise le mot peuple
et prétend parler au nom de tous :
"[…] cette
classe (la bourgeoisie) ... étant celle qui est placée
à distance égale entre les vices de l'opulence et ceux de
la misère, entre les prodigalités du luxe et les
extrêmes besoin, fait essentiellement la masse du vrai peuple. "
Chénier ne
voit dans les troubles qui éclatent un peu partout que "les
vices d'une multitude oisive et ignorante". Et l'on voit
apparaître bientôt l'imposture bien connue, le fameux "intérêt général"
camouflage de l'intérêt de classe. Le doux poète
vilipende ces oisifs ( c'est-à-dire ces chômeurs), ces
ignorants, ces violents qui prétendent être le peuple et
à qui Chénier refuse la qualité de citoyen :
" Tous ou presque
tous, gens sans aveu, sans propriétés, sans famille, sans aucun intérêt
à quelque gouvernement que ce puisse être."
Ils ne
possèdent rien et ils prétendent à la parole.
Qu'ils se tiennent sagement à leur place ! A qui appartient la
liberté ?
" La
faculté de se réunir n'appartient pas exclusivement aux
patriotes mais à quiconque
veut la payer. "
Nous retrouvons
à travers cette étude une jolie filiation dont les
vilipendeurs de l'action contestataire sont les dignes
héritiers. Ceux qui ne se satisfont pas d'une citoyenneté
vide de sens et qui veulent conquérir une liberté
véritable sont méprisés à plus forte raison
s'ils sont misérables. Ce n'est pas eux que l'on gouverne. Ils
n'ont pas voix au chapitre. Comme dira Malraux en d'autres
circonstances "La liberté appartient à ceux qui l'ont
conquise", Chénier précise d'ailleurs : "à ceux
qui peuvent en faire quelque chose", c'est-à-dire à ceux
qui peuvent s'en servir pour augmenter les richesses des
possédants.
On voit
déjà comment peut
être limité aux intérêts d'une classe un
mouvement que les intellectuels bourgeois avaient
présenté comme un mouvement d'émancipation
universel. Plutôt la monarchie, plutôt
l'étranger même qu'une République où les
conquêtes juridiques et politiques pourraient devenir une arme
d'émancipation populaire. Menacée dans ses
privilèges la bourgeoisie renoncera à sa propre
légalité et à certaines libertés politiques
pour sauvegarder ses intérêts matériels. Etait-ce
cela que voulait dire Montesquieu lorsqu'il écrit : " L'usage
des peuples les plus libres qui aient jamais été sur la
terre, me fait croire qu'il y a des cas où il faut mettre un
voile sur la liberté comme on cache la statue des dieux" ?
Quand Saint-Just
dira " Pas de liberté pour les ennemis de la liberté", il
s'agit de savoir de quelle liberté on parle. La liberté
n'est pas une abstraction philosophique : elle se vit et se
réalise en termes politiques et sociaux. Elle est toujours
liberté de quelqu'un, liberté d'une classe.
Plus tard, la
Restauration va consacrer une nouvelle féodalité, celle
de l'argent : " Désormais, seuls l'argent et les talents
compteront" ( Labrousse). La loi Le Chapelier depuis 1791 ( qui
proscrit les coalitions et les rassemblements ouvriers et paysans et a
pour effet d'interdire les syndicats et les grèves) garantit
jusqu'en 1864 l'ordre social contre toute velléité de
résistance populaire "au progrès" bourgeois et l'Eglise,
réinstallée et fonctionnarisée par le Concordat,
contribue efficacement au maintien de l'ordre moral .... Benjamin
Constant pouvait bien agiter ses grands mots, rien n'empêchait
que s'installât une nouvelle tyrannie, plus insaisissable et plus
hypocrite que l'autre (l'Empire) ... Oui, on était libres, mais
libres de quoi faire, de quoi dire, de quoi penser ? D'admirer des
renégats et des traîtres, de se plier à la loi de
l'égoïsme et du profit, d'accepter l'universelle
médiocrité ? ... Seuls les grands requins de Balzac sont
vraiment libres, c'est-à-dire ceux qui sont directement
engagés dans la course au trésor, ceux qui ne "jugent
pas" leur action mais se contentent de la vivre sans conscience.
Cette perspective
historique proposée par Barbéris éclaire, me
semble-t-il, le substrat idéologique de certains discours qui
n'ont d'autre but aujourd'hui que de châtrer toute forme de
contestation et d'écraser l'effort de lucidité face
à l'ordre mondialisé que l'on veut nous imposer par le
détour des règles européennes et la casse des
solidarités. C'est bien la dictature d'une classe qui se
prépare, elle avance ses pions sous le masque hypocrite de
l'intérêt général. Face à ces
nouveaux requins, une prise de conscience est nécessaire mais
pas seulement, sous peine de voir s'installer à nouveau un
régime encore plus castrateur (parce que librement consenti) que
celui cadenassé par la loi Le Chapelier.
*
Pierre Barbéris - Au source du réalisme, aristocrates
et bourgeois : du texte à l'histoire - Union
Générale d'Edition - 1978 (collection 10/18)
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Nous
avons la science sans conscience,
la ruine de l'âme, c'est pour quand ?
par Christian
( le 31 octobre 2007 )
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A propos des
dernières déclarations de Xavier Darcos (voir les
articles du Monde
ou du Figaro )
Hervé, le 30 octobre 2007 :
A propos de sous [le sujet du message d'Hervé
était l'augmentation du salaire de notre omniprésident],
vous avez entendu comment Darcos règlait la question de
l'augmentation de nos salaires ? Mais c'est bien sûr, par les
heures supplémentaires défiscalisées ! Et il en a
profité pour dire qu'il fallait travailler
"différemment". Cela ne vous rappelle rien ?
Réponse de Christian le 31 octobre 2007 :
Bonjour Hervé,
"Travailler autrement"? on le sentait bien revenir,
celui-là. Pour sûr que le prof qui multiplie les heures
sup tout en se coltinant des classes à plus de trente marmots
mal "élevés", va devoir faire tout autre chose
qu'enseigner. On a beau caresser le grip (1) et JPB (2)
dans le sens de la reconnaissance, cette logique comptable mène
encore et toujours à la destruction de l'école telle que
nous pouvions la respecter. J'ai même la faiblesse de penser (
pour l'avoir plusieurs fois vérifié) que les
zélés qui multiplient les signes d'activité et
tirent la couverture à eux sont de grands maîtres fumistes
plus soucieux de tirer leur épingle du jeu que d'instruire, les
autres se désolent de voir leur profession jetée aux
cochons ( Meirieu et la clique des pédagos sont en embuscade ! )
avec l'avenir du plus grand nombre.
Je me
demande quelle contorsion pédagogique JPB va proposer à
ses fans pour leur faire suivre le traitement du docteur Darcos. C'est
un vrai travail de thanatopracteur, il s'agit de raviver les couleurs
de la défunte Instruction ... Je sens que le fatalisme
pragmatique qui nous dédouane de tout effort critique a de beaux
jours devant lui : il va bien falloir prendre en compte, s'adapter, se
soumettre, travailler autrement ...
Le rapport
à notre matière, pour devenir fructueux, se construit
dans la durée, la rigueur et la cohérence. On ne nous
promet rien de tout cela. En ces temps difficiles, on ne voit plus
d'autre utilité à la lecture que l'évasion du
petit bourgeois ( Marc Lévi se vend bien même à la
présidence). Si on accepte leur point de vue, il est inutile
d'éveiller l'intelligence, sauf à rendre les enfants
malheureux. D'ailleurs, tous les esclaves vous le diront : ce qu'ils
veulent c'est bosser, bosser, bosser. Il faut croire que le temps libre
les terrifie. Et puis tout cela ne serait pas très conforme
à la dictature du travail souriant que le bonheur capitaliste
impose à ses cadres. De là à commander un dernier
sourire au thanatopracteur pour faire rayonner le visage éternel
du défunt qui avait pourtant tout réussi (sa femme, ses
enfants, son divorce , sa carrière, sa cure de désintox
et son suicide...) il n'y a qu'un pas.
Nous
avons la science sans conscience, la ruine de l'âme, c'est pour
quand ?
Christian
1. Le
GRIP : voir le site, ICI.
2. JPB : Jean-Paul Brighelli (voir son
blog : Bonnet d'âne)
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Dura
lex, sed lex ?
par Christian
( le 16 octobre 2007 )
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Les internes semblent prêts à
entrer dans la lutte , ils ont bien compris que les mesures
décrétées ouvrent la voie du
déconventionnement et de la médecine à deux
vitesses. A ce sujet, une enquête concernant l'Angleterre met en
évidence les paradoxes attendus de la libéralisation. Les
soins dentaires ne sont plus assurés par les services publics ,
pour être suivi par des cabinets dotés d'une technologie
futuriste, il faut payer des sommes exorbitantes alors que le vulgum
pecus, incapable d'un tel luxe, est abandonné à des
méthodes que l'on croyait oubliées depuis le
siècle de Dickens : boire une demi bouteille de whisky pour
s'arracher une dent avec une pince, plombages et couronnes au mastic ou
à la glu ...Ces pratiques annoncent le retour en grâce
d'un capitalisme dur qui peut se passer d'une partie non
négligeable de la société et qui va imposer aux
citoyens un nouveau régime de fer. Nous avons déjà
établi que le gouvernement français ne faisait rien
d'autre que reprendre les méthodes de Thatcher. Nos voisins
britanniques nous offrent un point de vue édifiant sur le
meilleur des mondes : les uns s'accaparent les bienfaits d'une
technologie de pointe, les autres sont jetés aux poubelles de la
société. Nous assistons à une restauration des
Privilèges qui fera cohabiter les avancées du
progrès matériel avec la cruauté d'un
Régime archaïque et brutal. Quand les lois se mettent au
service de l'iniquité la plus sauvage, elles deviennent
scélérates .
Faut-il encore évoquer les
Etats-unis ( unis pour le pire) qui cautionnent une pieuvre
banquière parfaitement légale, laquelle s'apprête,
au nom de la fluctuation des marchés et de l'escroquerie des
"subprimes", à mettre sur le pavé 7 millions d'individus
parfaitement insérés ( parmi eux des enseignants) qui ont
eu pour seul tort celui d'emprunter à des voyous sans scrupule ?
Tout cela se passe dans l'indifférence générale,
les victimes, elles-mêmes, semblent honteuses et
résignées. Notre MEDEF, lui, n'est pas encore aussi
efficace, il se fait prendre la main dans la poche de l'ouvrier
métallurgiste. Allons-nous banaliser l'horreur économique
? Troquer les valeurs universelles des Lumières contre leur
concurrence libre et non faussée qui nous impose un
régime d'esclavage moderne au nom du cynisme globalisé ?
Je ne suis pas convaincu que la tendance puisse être
renversée si facilement mais se soumettre, c'est renier des
siècles d'efforts tendus vers la lucidité. Se taire,
c'est laisser le champ libre à la barbarie officielle. Nous en
revenons à la double nécessité d'organiser la
résistance et de réveiller l'indignation. Notre pays doit
s'efforcer de sortir de cet état d'abrutissement
médusé qui le laisse, pantelant, aux pieds de
piètres marionnettistes.
Non seulement la loi du capital est
dure mais elle nous écarte des valeurs universelles
fondées sur la raison.
Christian
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La
toute première urgence?
Je suis toujours avec attention les développements
de JPB sur son blog. Aujourd'hui, Sparte et Rome sont à
l'honneur. Il s'agit de remettre l'effort physique et l'esprit de
compétition au centre des pratiques scolaires. Une toute
première urgence selon notre bel esprit , lequel n'a jamais
hésité à descendre de son piédestal
culturel pour livrer bataille dans l'arène de France. On peut se
demander s'il n'a pas réalisé,à lui seul, une
brillante synthèse entre le " panem et circenses" et le "mens
sana in sano corpore" dont il se réclame dans son dernier billet
. Evidemment, toute coïncidence avec le programme d'un jogger
président serait purement fortuite. Ceci n'est pas de la
propagande ministérielle, qu'on se le dise. Transformer les
ramollis du bulbe en féroces gagnants, c'est la magie du
progrès social et celui qui crie "Maréchal..." n'est
qu'un pisse froid.
Comme si on pouvait purger la société de ses
maux en faisant marcher cette jeunesse au pas de la logique capitaliste
( curieusement ce mot n'est jamais prononcé , sans doute parce
qu'il ne se discute pas). Quel idéal ont-ils à leur
proposer pour que l'utopie du Lycée d'Aristote se réalise
dans nos classes ? Le TGV libéral laisse plus de monde sur le
quai qu'il ne prend de voyageurs. Une foule disciplinée que l'on
invite à célébrer les vainqueurs , voilà
donc tout ce qui reste de l'esprit des Lumières !
Car c'est bien l'Humanisme et le retour à l'Antique
que l'on porte à sa boutonnière. La contestation de
l'ordre politique n'est plus au menu. Travaillez à devenir des
gagnants et ne vous posez surtout pas la question des objectifs,
l'essentiel pour le plus grand nombre, c'est de participer.
Christian
(lundi 4 juin 2007)

Spartiate
un jour, spartiate toujours
Effectivement, la lecture de cet éloge du spartiate
- "Spartiate un jour, spartiate toujours" - m'a fait
irrésistiblement penser à une autre époque... Non,
non, je ne ne compare pas ce qui n'est pas comparable! Mais tout de
même :
" Nous avons à restaurer la France. Montrez-la au
monde qui l’observe, à l’adversaire qui
l’occupe, dans tout son calme, tout son labeur et toute sa
dignité. Notre défaite est venue de notre
relâchement. L’esprit de jouissance détruit ce que
l’esprit de sacrifice a édifié. C’est
à un redressement intellectuel et moral que d’abord je
vous convie. " [...]" Il y avait à la base de notre
système éducatif une illusion profonde :
c’était de croire qu’il suffisait d’instruire
les esprits pour former les cœurs et pour tremper les
caractères … La formation d’une jeunesse sportive
répond à une partie de ce problème. "
Qu'en pensent nos collègues, professeurs de ballon?
Notre ex-colistier (futur conseiller technique de Darcos ? ) a
tout de même de beaux élans : "Il est de toute
première urgence de rétablir un état
d’esprit sainement compétitif — parce
qu’il ne peut y avoir d’autre projet que d’être
parmi les meilleurs."
Et tu dis, Christian, que le mot "capitalisme" n'est
jamais prononcé : il m'a semblé le lire bien souvent,
entre les lignes...
Françoise
(lundi 4 juin 2007)

Citius,
altius, fortius
"Citius, altius,
fortius : la compétition, et elle seule, le goût de la
performance, l’envie de se dépasser en dépassant
les autres, voilà ce qui fait des citoyens — et pas
l’inverse."Jean-Paul Brighelli
Belle conclusion! Non? Avec cette devise de Coubertin -
c'est bien une référence volontaire, non? - le "en dépassant les autres" est
vraiment de trop, à mon humble avis ! Et en plus, ça ne
marche pas! Cette société montre bien que ceux qui gagnent ne sont pas
vraiment les meilleurs. Ou
alors c'est du cynisme! Et, à propos de d'élitisme et de
cette "saine compétition",
il y a finalement bien peu d'élus, toujours les mêmes ou
presque ! Le film de Costa-Gravas, "Le Couperet", me semble une bonne
illustration de cette loterie macabre où "le gagnant" est bien "le meilleur", c'est vrai, mais
à quel prix ? Les jeux sont truqués, pourris... C'est
d'ailleurs Lagardère qui a déclaré que " Pierre de Coubertin avait tort quand il
disait que l'important c'est de participer, l'important c'est de gagner.
" En sport comme en affaires, seul le profit compte... Les vrais
valeurs de l'Olympisme, tu parles...
Yves
(mardi 5 juin)

Raisonnement
analogique
Je sais bien que le raisonnement analogique a ses limites
mais tout de même la mariée est trop belle pour ne pas se
laisser tenter.
On parle de rêve français, on s'offre un
président jogger à la Clinton, on veut libéraliser
l'éducation en supprimant la carte scolaire au lieu de faire
éclater les ghettos culturels , en réformant
l'université, en ouvrant l'école ( la pédagogie ?)
aux parents ...Et on vient nous vanter les vertus de l'exercice et de
la performance. Si on veut bien se référer au
modèle américain,on peut constater à quel point
l'exemplarité du sport a produit des effets miraculeux sur les
classes paupérisées et sur l'obésité
galopante. La société du spectacle abrutit les
consciences au lieu de les émanciper. Quand le culte de la
performance tourne à l'obsession, il finit par justifier les
moyens les plus veules. Une telle exaltation de l'ego ne peut que peut
déséquilibrer une société à plus
forte raison si elle ne ne plonge pas ses racines dans un un esprit
solidaire et une solide culture car c'est d'abord la lecture qui
agrandit l'âme de l' Ingénu comme le souligne Voltaire qui
est, j'ose l'espérer, toujours d'actualité.
De la culture avant toute chose et cette réflexion
de Mauriac :
J'admire certes le grand peuple américain; mais ce
peuple , par bien des aspects de son génie m'est plus
étranger qu'aucun autre. Je ne l'ai jamais visité. A quoi
bon ? Lui, il a fait beaucoup plus que nous visiter : il nous a
transformés. Le rythme de notre vie quotidienne est
accordé au sien. Sa musique orchestre nos journées par
des millions de disques. Des milliers de films , sur tous les
écrans de Paris, de la province , nous imposent en toute
matière son idée : un certain type de femme
stéréotypé , la star interchangeable , mais par
dessus tout le culte, l'idolâtrie de la technique , de toutes les
techniques auxquelles l'homme s'asservit , la folie de la vitesse, ce
tournis qui affecte tous les moutons de l'Occident, une
trépidation à laquelle aucun de nous n'échappe :
une démesure en toutes choses, qui est la chose la moins
conforme à notre génie.
"On ne comprend rien à la civilisation moderne,
écrivait Georges Bernanos en 1945 si on n'admet pas d'abord
qu'elle est une conspiration universelle contre toute espèce de
vie intérieure..." François Mauriac, Dernier
Bloc-notes, 1968- 1970
Heureusement le génie français, qui s'est
choisi un despote éclairé, ne connaîtra plus de
tels excès...
Bien à vous
tous, Christian
(Mardi 5 juin 2007)

Du
pain et des jeux pour « morphiniser les révoltes,
passer les consciences au bromure » (D Sallenave)
(Réponse
de Christine à Françoise )
Le prof de ballon que je suis, s’amuse en voyant les
tentatives de récupération des bienfaits du sport.
Du pain et des jeux pour « morphiniser les
révoltes, passer les consciences au bromure » (D
Sallenave), le reste n’est qu’illusion.
Etre le gagnant serait synonyme d’être le
meilleur ? Bigre !
Triche, drogues, malversation sont plus à
même d’amener la victoire, dans ce monde ci.
Décidemment le culte du meilleur et du gagnant
m’épouvante, tous les cultes m’épouvantent
d’ailleurs.
La confiscation des profits par le plus petit nombre fait
partie des conséquences de cette pensée et les valets des
pouvoirs font diversion en « dissertant » sur
l’échec de l’école, la violence des banlieues
...
L’esprit de soumission (que quelques trop rares
citoyens, non encore lobotomisés, déplorent chez nombre
de nos compatriotes) laisse sans défense et sans esprit critique
la masse sous informée.
Qu’ils aillent courir pour développer leur
corps, qu’ils écoutent nos philosophes, «
lubrificateurs de la machine sociale » (Pelletier), cela
n’augure en rien de la capacité des citoyens à
décrypter le monde de mensonges dans lequel ils baignent et
s’endorment.
Et c’est pour cela que le système
éducatif est condamné : L’ Ecole pourrait
gêner cette belle entreprise de destruction de l’esprit
critique.
Christine
(mercredi 6 juin 2007)

Le débat
continue...
Jean-Paul Brighelli (qui a réagi en privé) a
été invité à y participer, bien entendu.
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Paloma
par le Concombre masqué
( le 9 mai 2007)
Sarkozy
c'est un peu comme le Da Vinci code : une énigme captivante. On
l'avait même annoncé dans un monastère. Et ce nom
"Paloma" ... mais si, mais c'est bien sûr , Mireille Mathieu nous
avait donné un indice en lâchant ses mille colombes devant
une France en liesse. Les fans vont se régaler, un passionnant
jeu de pistes, enfin de la télé réalité
présidentielle. Vivement le loft gouvernemental !
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Comment pourrions-nous douter de cette évidence
sur cette liste [en écho à la discussion - qui reste
ouverte et se poursuit - entre les colistiers des Mots-Tocsin ] ? Sarkozy est aussi
le résultat des années Mitterrand, ce que le parvenu
peut se permettre aujourd'hui n'est possible que grâce au travail
du monarque socialiste dont l'intelligence , pareille à ces
petits vers qui rongent le bois opiniâtrement, a réduit la
politique de gauche à une poussière électorale. Il
faut reconnaître que la mondialisation capitaliste l'a bien
aidé. Comme toujours , il est plus confortable de se soumettre
que de résister. Mitterrand a collaboré efficacement et a
initié le mouvement des réformes à tel point qu'il
fera sans doute l'unanimité chez les historiens à la
solde du capital. Heureusement, ses héritiers n'ont pas son
envergure intellectuelle et politique : Jospin a été un
technicien laborieux au service de l'Europe du fric et la Royal se
contente de reprendre au grand maître sa gestuelle et ses petites
phrases à défaut de posséder son habileté
et sa sagacité : voulant faire l'ange , elle a fait la
bête .
Le mal est fait. Le peuple s'est laissé
promener et les intellectuels de gauche , si tant est qu'ils existent
encore, ont laissé faire et se sont même ralliés
à une pensée caviardée. Aujourd'hui, nous avons
franchi une étape supplémentaire: avant Sarkozy , on
dégustait le foie gras dans la coulisse , aujourd'hui, ce
pouvoir est assez solide pour intrôniser des parvenus qui
l'exerceront dans le mépris : chacun sera à la place
qu'il mérite et pourra se gonfler d'importance pour mieux
cultiver le mépris de l'autre et singer la condescendance du
parvenu. Je les entends déjà ces braves collègues,
sarkoziens silencieux : " La culture à ceux qui la
méritent, pourquoi donner de la confiture à des cochons
?" On le murmurait avant , bientôt on l'assumera pleinement.
Quant à l'ouvrier, on
l'enferme dans une guerre de position absurde. Le jeu consiste
à se battre contre le patronat (ou le gouvernement) pour finir
par reculer au son des trompettes syndicales. Pendant ce
temps-là, les hommes de pouvoir votent des lois qui font
autant de dégâts dans le monde travail que les obus de 14.
Dans le meilleur des cas , on parle de départ volontaire ( les
fonctionnaires n'auront pas cette chance, on les usera jusqu'à
la corde...), dans tous les cas on dégraisse et on
précarise. On nous dit de ne pas voter , que tout cela c'est
bonnet blanc et blanc bonnet et on nous renvoie dans la tranchée
en laissant le bonnet du capital légiférer
tranquillement. Je le répète une fois encore , sans une
représentation politique crédible et rassembleuse, ces
gens-là nous boufferont jusqu'au trognon.On n'épongera
pas 14 ans de règne mitterrandien suivi de 12 ans de relance
chiraquienne avec des discours enflammés et des actions
disparates. Il est urgent de constituer une véritable force de
rupture [...]. Pour liquider la gauche et la droite caviar, il
faudra bien qu'un nouveau mouvement apparaisse, sinon , les luttes
menées sur le terrain seront vouées à
l'échec, il ne restera aux travailleurs que l'écoeurement
et le découragement.
Bien à vous tous,
Le Concombre
masqué
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Le merle moqueur
par William, Marc, Chantal et Christian
(25 avril 2007)
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Dans le journal gratuit "20 minutes" du 16 avril, figure
une interview de Nicolas Sarkozy. Entre autres sujets, il y parle de
l'université et prend pour exemple de filière inutile, et
qui ne devrait plus être prise en charge par les fonds publics,
l'enseignement de la "littérature ancienne" :
"Le contribuable
n'a pas forcément à payer vos études de
littérature ancienne si au bout il y a 1 000 étudiants
pour deux postes. L'Etat financera davantage de places dans les
filières qui proposent des emplois que dans des filières
où on a 5 000 étudiants pour 250 emplois. Les
universités auront davantage d'argent pour créer des
filières dans l'informatique, dans les mathématiques,
dans les sciences économiques. Le plaisir de la connaissance est
formidable, mais l'Etat doit se préoccuper d'abord de la
réussite professionnelle
des jeunes."
William
No comment.
On sait dans quel monde on vit. L'état n'a pas
à apprendre à ses jeunes à penser, mais à
produire. Les cultiver? Pouah ! Mais vous voulez faire quoi de nos
jeunes ? Des femmes et des hommes cultivés, voire libres ? Mais
atterrissez, que diable ! Revenez aux réalités ! C'est
fini, les errements du passé ! Le monde avance, la France bouge
! Nous sommes entrés dans la modernité ! Il faut que nos
jeunes soient PRO-DUC-TIFS ! Que notre enseignement soit efficace, que
nos investissements rapportent, que le règne de l'euro vienne !
Il y aura peut-être un jour ou l'autre des
dégâts collatéraux, une tuerie par exemple dans une
université quelconque... ou dans un IUFM... (J'ai des
idées sur la localisation, si on en manque...) Mais baste ! On
ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs ! (persiste et signe : je
sais quels oeufs casser !)
Savoir quelle sera la prochaine reine-pondeuse (ou roi-pondeur,
même combat !) n'est pas un suspense, le seul problème est
de savoir s'il restera assez d'êtres libres pour foutre un
magistral coup de pied dans la fourmilière, et quand.
C'est mal parti, très, très mal parti.
Nous allons, de plus, à partir de fin juin,
connaître cet épisode exaltant qu'on nomme "état de
grâce". Ça dure dans les trois cents jours, d'après
Mitterand, parfois plus, parfois moins mais toujours trop.
Vivement le printemps, l'autre, le suivant...
...à moins qu'aucun être libre ne se
soit révélé d'ici là. Pour ce qui me
concerne, j'ai fait ressemeler mes godasses, je suis prêt. Et pas
pour être un godillot, je vous le dis !
Je ne sais pas si c'est lié à l'effet
de serre, mais j'étouffe, moi, ces temps-ci !
Heureusement, il me reste mon potager, et les merles
qui ont l'air de se foutre de ma gueule dans le grand cèdre,
chose dont je les remercie. Eux sont libres, semble-t-il, et à
un point tel que j'ai parfois envie de monter dans le grand
cèdre, comme le fait mon chat, non pour les pourchasser mais
pour siffler avec eux tandis que la merlette se laisse désirer,
perchée au bout de la branche... (ouh ! Il fait chaud ! Sais pas
si c'est l'effet de serre...)
Mais il faut bien que j'assume mon appartenance
à mon espèce, même si c'est une espèce de
cons.
(Chaque fois que j'emploie ce mot, et je ne m'en
prive pas, c'est toujours avec un peu de remords, et je pense à
cette chanson de Brassens : celui qui a inventé cette insulte en
était un fameux...
"Tendre corps féminin...")
Bon ! Tout ça pour encourager : pas de
désespérance... On finira bien, au fond de l'abîme,
par trouver le terrain solide dans lequel donner le coup de talon qui
nous fera remonter.
Bien à vous,
Marc
Sale temps tout de même pour les merles siffleurs!
Sifflent trop, sont trop volages! Trop libres, là-haut sur leurs
branches! Alors la chasse depuis longtemps ouverte au merle
persiffleur, car ce n'est pas d'hier qu'on les zieute ces
empêcheurs de dormir en rond, s'organise, se précise. Trop
de gêne dans l'voisinnage! Même que l'autre jour, un
qu'essayait de compter ses sous y arrivait pas, tellement il en avait
d'abord, de sous, mais tellement aussi les moqueurs le gênaient.
Y'a ceux qui pensent que siffler comme ça pourrait bien
être de l'ordre du gène, de l'inné, et qu'avec un
bon encageage on en viendra à bout. Un grand filet au-dessus du
grand cèdre, et hop, les emplumés au mitard! Se
débattront bien un peu, donneront du bec, criailleront, y
laisseront des plumes, des tas de plumes - bien fait, ça servira
- et puis, clic clac, tranquilles. Ouf! Pourront enfin les compter et
recompter leurs sous et ronfler sur leurs paillasses si bien
rembourrées des plumes piquées aux emplumés. Y'a
en d'autres qui voudraient apprendre aux siffleurs à siffler en
rond. C'est vrai quoi, vous avez remarqué aussi que ces
merles-là n'ont rien des pigeons ou des coucous. C'est fou comme
ça peut discorder une bande de merles et de merlettes. C'est
chiant! Sans rire, on peut pas rester sous le grand cèdre
à compter et recompter ses sous sans recevoir des fientes sur
nos beaux habits de ministres et nos belles robes roses. Les
perroquets. Ah les perroquets! Si tous ces zoiseaux pouvaient
être comme eux, la chaîne à la patte sur leur
perchoir, l'oeil rond, répétant, et seulement quand on
leur demande ou quand on leur lance une cacahuète, ce qu'on veut
entendre."Merci patron. Merci patron. Merci patron..." Ils sont
même un peu drôles les bougres. Pathétiques. Tiens,
c'est une idée ça, on va leur envoyer nos meilleurs
perroquets pour leur faire la juste leçon. C'est ce que d'autres
pensent.
En attendant, ils voient venir le coup, les
zoizeaux siffleurs! Le filet, la cage ou la leçon de chant
obligatoire à l'insu de leur plein gré. Sont mal les
zoizeaux! Piégés! Et en plus on leur demande de choisir!
Pondent des déclarations solennelles, tiennent de longs
discours, sifflent à qui mieux mieux*. Qui pour la cage, au
moins ce sera clair, et si on commence par les merles d'autres zoizeaux
suivront ( z'ont déjà commencé avec les zoizeaux
des îles et on a bien vu qu'ils ont eu tout de même pas mal
de fil de fer barbelé à retordre, pas si simple
d'encager, de karchériser, de chartériser, ça
solidarise le peuple des emplumés ), qui pour la chaîne
à la patte et le juste perchoir, dans le fond on aura notre
cacahuète, et notre mot à dire. Toujours le même?
Oui, c'est vrai, mais on pourra siffler encore un peu... Siffler juste,
avec ordre... Finies les parties de plumes en l'air avec la merlette...
Ah zut! Quel air va-t-on siffler en mai?
Sont mal barrés les merles moqueurs!
Chantal,
une
merlette qui ne sait plus à quelle branche se vouer...
Merle alors!
* Et comme le dit
Queneau :
"L'oiseau cru fait
cui-cui
L'oiseau cuit
Ne le fait plus "
Cuit! Cuit! ...

Un rebond de
Christian, dans le fil de ce billet d'humeur :
Si je devais soutenir l'intérêt que nous
aurions à voter Royal , ce serait uniquement celui de la lutte.
Alors, bien sûr, nous retombons dans une logique tacticienne. Je
m'explique : j'ai l'objective conviction que la madone sera battue aux
élections. D'ailleurs, quand bien même elle serait
élue , les opposants au régime libéral de la bande
des trois n'auront plus que la rue ou l'action politique ( encore
à définir) pour peser sur des réalités
sociales que ces gens-là vont continuer de dégrader.
Il me semble que plus le scrutin sera serré
plus la rue conservera un semblant de légitimité. A
partir de là , puisque l' on peut envisager une défaite
des "socialistes du centre", je me demande s'il n'est pas bon de
préparer le terrain pour des contestations plus frontales.
Evidemment ce n'est pas une profession de foi ... bien au contraire, il
s'agit de garder une fenêtre ouverte sur le dernier espace
démocratique qui pourrait bien subsister. Car la question qui se
pose , c'est bien celle de l'espace que l'opposition
anti-libérale pourra préserver. Un Sarkozy élu
avec une marge importante risque d'écraser toute forme de
protestation... Rien ne dit qu'il ne le fasse pas avec une encolure
d'avance mais au moins la rue conserverait aux yeux des
"démocrates de la servitude volontaire " une voix
légitime : ne sentez-vous pas cette volonté de
réduire la véritable opposition à un rôle de
potiche digne d'un conseil d'administration, comme si on voulait
l'énerver ( au sens de l'amollir, de la priver de son
énergie) pour conduire le pays à la réforme ? Mon
discours ne vise pas à élire Royal ni Sarkozy, seulement
à essayer d' ôter à ceux qui vont s'octroyer tous
les pouvoirs l'argument fallacieux d'une représentation
indiscutable. Action ridicule, aussi ridicule que ce que
représentent mes idées dans l'opinion, me semble-t-il.
On peut aussi penser que la posture abstentionniste
reste plus séduisante, moi , je n'ai pas vraiment
tranché. Je n'attends rien de bon du social des régions
de miss Royal. J'ai seulement peur, qu'après avoir fait partie
de la minorité qui n'aura pas voté, d'être
obligé de rester le cul assis sur mes idées et le coeur
drapé dans ma posture après que Sarkozy aura
été élu triomphalement et investi des pleins
pouvoirs par "son peuple" . Bien sûr on pourra toujours signer
des pétitions en ligne ou attendre l'apparition d'un parti
schivardien qui va renouveler l'action politique... Hard times pour les
anti- libéraux, hélas !!!
Et :
Manifeste de la
Maison des Ecrivains et de la Société civile des auteurs
multimédia,
pour la place de la littérature à la
télévision
Pétition
à signer en ligne
(consulter les réponses des candidats à la
Présidentielle, à la même adresse)
Voir aussi dans
notre rubrique "Actions",
colonne de droite.
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Pour
Roland !
par Christophe et
Hervé (4 avril 2007)
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Conformément
aux engagements pris par le ministre,
la décision de mutation de Roland Veuillet est en cours
Communiqué de presse - Gilles de Robien 04/04/2007 - Ci-dessous
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Christophe :
" Je suis très heureux pour Roland Veuillet. Et je ressens tout
de même une profonde amertume. Voilà une décision
finalement "fait du prince", "tel est notre bon plaisir". Nous avons
tous suivi cette affaire, nous avons tous consulté les
pièces de ce volumineux dossier devenu public au fil des ans,
nous savons donc tous que la sanction n'avait pas de fondement, qu'elle
était profondément injuste, et cette mutation, c'est un
peu un quignon de pain lancé à la gueule, "tais-toi, y'a
des élections bientôt". Ce n'est pas une
réhabilitation officielle. Je la lui souhaite pour plus tard,
ainsi qu'un désaveu public de son ancien proviseur et de son
ancien recteur. On peut toujours souhaiter, non ?"
Hervé
: "Oui, Christophe, je partage aussi ce que vous
ressentez. Le "fait du prince", bien évidemment. L'amertume
aussi. Mais somme toute, l'action paye, solidaire, opiniâtre!
Sans doute aussi la forte personnalité de Roland , cette
volonté qui nous a semblé toujours si formidablement
inflexible mais dont on peut deviner quels terribles moments de doutes,
de tourments, d'angoisse elle a dû surmonter- il faut avoir
vécu une grève de la faim pour véritablement
comprendre -a été pour beaucoup dans cette victoire si
tardive et, c'est vrai, incomplète : la réparation et la
réhabilitation doivent suivre! Le droit reste à
conquérir. Je ne suis pas à SUD Education, mais qu'il me
soit permis ici, de rendre hommage autant au comité de soutien
qu'à ce syndicat qui a su être toujours là au bon
moment et qui a su accompagner, rassembler, fédérer,
mobiliser. Et j'espère que les collègues dans les
commissions paritaires seront très vigilants : l'académie
de Montpellier est grande, très grande... Sans oublier aussi
l'attitude sordide de certains lors des commissions disciplinaires qui
ont abouti à ce désastre humain!
Un seul mot me vient
à propos de Roland : la dignité!
Et aussi qu'il me soit
permis, humblement, de tout mon coeur de lui dire un grand merci, un
très grand merci pour nous tous!
Une pensée
aussi, très forte, pour tous ceux qui sont en butte à
l'arbitraire et à la répression syndicale ou aux plus
sournois règlements de compte, aux plus mesquines vexations de
chefaillons qui n'aiment pas les têtes qui dépassent un
peu... Ceux que l'on connaît, et la liste
est longue, les militants de RESF, les étudiants anti-CPE
toujours poursuivis... Et tous les autres, tous ces obscurs, les
fliqués, les harcelés au quotidien, les victimes de
"stress professionnel", les "mal vu(e)s", les mal notés, les
barrés des tableaux d'avancement, non parce qu'ils ne le
méritent pas mais souvent au contraire parce qu'ils n'ont pas
l'heur de plaire, qu'ils ne rentrent pas dans le moule, le vote en CA
qui contrarie, la prévention routière (et demain le
vélo transdisciplinaire) en allergie, la méthode qui
n'entre pas dans le moule iufmesque ou qui ne se soumettent pas
à la passade du moment d'un chefaillon local ... Je ne parle pas
de cette destruction de plus en plus évidente de nos conditions
de travail, du TZR à tout faire que l'on promène à
l'autre bout d'un département au mépris de sa vie
familiale et de ses faibles ressources, aux vacataires 200 heures, ces
sans droits jetables et corvéables à merci, aux
contractuels toujours sur la branche d'une année sur l'autre,
à ces collègues de la "vie scolaire", non formés,
mal formés, voués aux tâches les plus ingrates,
injuriés, insultés sans que personne ne bouge le petit
doigt, en passant par le prof , "fonctionnaire nanti",
méprisé, nécessairement incompétent
(à moins qu'il ne soit adepte de quelque méthode Antibi
ou de ces évaluations permanentes imposées ),
corporatiste, feignant, toujours fautif, culpabilisé, parfois
injustement montré du doigt à la justice,
carrément, "par mesure de précaution", à la suite
d'une certaine loi qui conduisit certains à la pire des
extrémités, le suicide, tout cela depuis
l'avénément de l'enfant roi et du parent en
détresse...Cette autre violence pernicieuse faite aussi aux
enfants, aux élèves et à leurs familles,
inventions de nos "experts", diafoirus de la pégagogie
"innovante" et des sciences de l'éducation "en délire"!
Un pensée aussi à toutes les discriminations souvent
vécues dans ce silence, ce repli, ces soumissions subies,
sources de drames humains insoupçonnés : moqueries, et ce
n'est pas le plus méchant, de celui qui est un peu
"différent", mais aussi, plus grave, passible de la loi, mais
trop souvent étouffées, toutes ces agressions par
ostracisme, sexisme, homophobie, xénophobie, racisme... Dans
notre grande maison, c'est la grande muette, on "déplace le
problème" le plus souvent, on y lave son linge sale en famille,
on mute ou on met à pied discrètement, et avec cette
lâcheté de l'administration qui, s'appuyant sur la peur
d'un mauvais emploi du temps ou de la mauvaise classe ou de la note
administrative négociée "en douce" ou de quelque autre
menace ou carotte, saura vite transformer la victime en coupable :
qu'un élève, voire un parent, te traite de "con
incompétent", ma foi, c'est quelque part qu'il doit avoir raison
et s'il tague les murs de la classe ou tord les pieds de sa chaise
c'est que tu es bien évidemment incapable de prendre garde au
bien commun qui t'est confié, voire que tu mets en danger la
sécurité (j'ai même entendu "la vie"!) des
èlèves!
Il y a vaiment quelque chose de pourri au royaume de l'école!
Hervé,
pour beaucoup d'autres
Et tout n'est pas
aussi limpide que cela!
Le 24e
Arbitrairathon, commencé le 2 avril se poursuit!
Notre solidarité aussi!

Communiqué
de presse - Gilles de Robien 04/04/2007
:
Prenant
en compte la situation humaine et personnelle de Roland Veuillet,
conseiller principal d'éducation, Gilles de Robien, ministre de
l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de
la Recherche, a décidé le 21 février de donner
suite aux recommandations du médiateur de l'Éducation
nationale et d'accorder à Roland Veuillet une affectation dans
l'académie de son choix pour lui permettre de retrouver ses
proches.
Depuis
cette date, Jean-Marie Jutant, le médiateur, est resté en
contact direct avec Roland Veuillet pour finaliser la mise en
œuvre de cette mesure.
Le
ministre prend acte de la demande que Roland Veuillet vient de faire
connaître d'être affecté à Nîmes dans
le cadre du mouvement actuellement en cours des conseillers principaux
d'éducation (C.P.E.).
En
conséquence, la décision ministérielle de mutation
de Roland Veuillet de l'académie de Lyon dans l'académie
de Montpellier est en instance de signature. Compte tenu des
compétences qui sont les siennes, c'est le recteur de
l'académie de Montpellier qui prononcera ensuite cette
affectation à Nîmes.
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Le plus beau métier du monde (il
paraît …)
Un billet reçu le
vendredi 23 mars 2007
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Il paraît qu'enseignant est le plus beau
métier du monde. Profs par vocation, nous serions les
croisés des temps modernes, les missionnaires de la culture et
de la lutte contre l'ignorance, les envoyés du Savoir, ceux qui
restent contre vents et marées dans les quartiers difficiles que
toutes les professions ont désertés.
Certes ... nous ne ferions pas ce métier si quelque
part nous n'avions pas au fond de nous l'intime conviction que nous
sommes utiles aux enfants et jeunes gens qui nous sont confiés
mais, il est sans doute nécessaire de le rappeler, nous sommes
aussi des salariés et travailler dans le secteur de
l'éducation est aussi un moyen d'avoir un revenu nous permettant
de mettre quelques aliments dans notre assiette et celles des membres
de notre famille et de financer (de plus en plus difficilement) un toit
pour nous héberger. Alors quand, parce qu'il a signé un
décret combattu par les 15 organisations syndicales du second
degré (qui représentent plus de 99% des personnels), le
ministre UDF de l'éducation se permet de retirer à partir
de la rentrée scolaire 2007, de 7 à 14% du pouvoir
d'achat à 30 000 enseignants des collèges et
lycées, la révolte qui gronde dans les salles des profs
n’est que légitime.
Il paraît (aussi) qu';enseignant est un boulot de
feignants (si, si, je suis sûre que vous l'avez pensé ...
même si, pour rien au monde, vous ne souhaiteriez être
à notre place). 15 à 18 heures de cours hebdomadaires, ce
n'est pas trop fatiguant quand même, n';est-ce pas ? Certes, ...
pourtant le ministère de l'éducation reconnaît
lui-même, en conclusion d'une enquête qu'il a menée
en 2002 sur le temps de travail des enseignants du second degré (1), que nous
travaillons en moyenne, selon les disciplines enseignées, de 38
à 42 heures par semaine. Alors quand, parce qu'il a signé
un décret rejeté par l'ensemble de la profession, le
ministre UDF de l'éducation nous impose, à compter de la
rentrée 2007, de travailler plus en gagnant moins, le ras le bol
des enseignants ne peut qu'être légitime.
Il paraît aussi qu'être enseignant n'est pas
usant : pour preuve, nous avons une espérance de vie parmi les
plus longues. Certes... mais quand, à partir de la
rentrée prochaine, nous allons, parce que ce foutu ministre UDF
de l'éducation a modifié dans un décret honteux
nos conditions de services, devoir partager nos services entre 2 ou 3
établissements de communes même pas limitrophes, enseigner
dans une discipline pour laquelle nous n';avons reçu aucune
formation, découper entre 2 ou 3 collègues un cours de 3
ou 4 heures hebdomadaires, ... tout cela pour que nos services tiennent
dans la dotation rabougrie allouée à notre
établissement, il est fort probable que notre espérance
de vie en prenne un coup. Quant à la qualité du service
public que nous offrirons aux élèves, nous sommes au
regret d'informer les parents que, parce que le ministre de Robien n'en
a vraiment rien à cirer, nous ne sommes plus en mesure de la
garantir.
Le plus beau métier du monde est devenu, par la
faute des dogmatiques qui se sont succédés au
ministère de l'éducation ces dernières
années, et notamment le très UDF De Robien, un
métier aux conditions de travail incroyablement
dégradées, aux salaires en baisse (un enseignant
débute sa carrière, avec un bac + 4, à 1,19 fois
le SMIC), ... , un métier qui ne suscitera bientôt plus
aucune vocation. Triste pays que celui qui traite ainsi ceux qui sont
en charge de l’éducation de ses enfants.
Pascale
Enseignante dans un
lycée de l'Yonne
Voir :
* "Temps de
travail des enseignants du second degré en 2002" Une
enquête de la Direction de la programmation et du
développement - Note d'information 02-43 (ww.education.fr) - ICI
* "Il faut revoir
le temps de travail des enseignants ! Le décret de 1950 est
vraiment trop vieux !" Une étude de Laurent Tarillon,
enseignant de sciences économiques et sociales à
Grenoble. - ICI
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Ce sont les enfants qui paient le prix
de la dénaturation de notre profession d'enseignant !
ou
Petit mémento à l'usage des
présidentiables
Un "Billet d'humeur" croisé par Christian et
Jean-Baptiste - 14 février 2007
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"Pourquoi ne pas mettre le débat sur l'instruction
sur le même plan que celui de l'écologie ? Ce chantier
n'est-il pas tout aussi important pour l'avenir ? Quelle chance avons
-nous d'avancer collectivement si nous méprisons l'intelligence
de nos enfants ? Si nous bradons leur instruction ? Sans doute la
mariée est-elle trop belle... Il semble que l'on
préfère laisser dormir ses idées sous les
banderoles de la protestation coutumière pour mieux se disputer
en sous-main les lambeaux du pouvoir participatif. Une force
transversale incarnée par des intellectuels dignes de ce nom et
par toutes les personnes de bon sens qui pourraient se
reconnaître dans ces enjeux essentiels, voilà ce qu'il
nous faudrait. [...] Tant qu'un tel organe ne relaiera notre combat,
tant que nous ne sortirons pas de l'ornière des revendications
corporatistes , nous continuerons de voir nos conditions de travail se
détériorer.
Nous nous battons à coup de tracts jaunis alors que
c'est le Radeau de la Méduse que nous devrions montrer au peuple
pour lui faire prendre la mesure de notre combat. Nous donnons l'image
d'une corporation qui lutte pour des queues de cerise alors que nous
aurions peut-être les moyens de réveiller les consciences
en ouvrant des perspectives sur les enjeux de société
cachés derrière les revendications . La
dénaturation de notre profession n'est pas innocente , ce sont
les enfants qui paient le prix de cet abandon et ce désastre
concerne le plus grand nombre. Si les vieux pots de la protestation
coutumière n'ont rien donné de valable , si leur antienne
ne touche plus que quelques zélateurs, si leurs voix sont
devenues inaudibles, il serait temps d'inventer un autre langage, de
bousculer les représentations , de trouver un nouveau souffle ou
nous serons rapidement balayés et avec nous les graines d'un
avenir à visage humain ."
(Christian)
AU MENU CE SOIR : ENCORE DES COULEUVRES
-
En 1977-78 notamment (ministères Haby et Beullac) :
arrêtés qui consacrent la disparition massive des heures
de cours en demi-groupes (pour le français, par exemple, en
classes de 6e, 5e et 4e), et donc l'augmentation importante de la
charge de travail du professeur, au moment où s'accentue la
massification du secondaire.
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Depuis 1982 (ministère Delors : fin de l'indexation des salaires
sur les prix), diminution ininterrompue et massive du pouvoir d'achat
des personnels de l'EN : plus de 20-25 % en moins depuis 1981.
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1986 (ministère Chevènement) : nouvelle baisse brutale
des horaires (de français par exemple).
-
1989 (ministère Jospin) : vote de la loi d'orientation sur
l'éducation (création des IUFM qui visent à
encadrer idéologiquement les jeunes profs, instauration du
conseil d'administration, de l'obligation pour l'établissement
d'avoir un projet d'établissement, création des cycles
dans le primaire et le secondaire, renforcement délirant du
droit des parents, à refuser le redoublement des
élèves notamment, même contre l'avis unanime du
conseil de classe).
-
1996 (ministère Bayrou) : déréglementation totale
des horaires nationaux (avec, notamment, les fameuses "fourchettes
horaires"), cadre idéal pour de nouvelles diminutions horaires.
-
1997 et suivantes (ministère Allègre et Royal) :
début des campagnes médiatiques anti-profs.
-
Début des années 2000 : multiplication des
activités interdisciplinaires (après les travaux
croisés à la fin des années 90, les IDD puis les
TPE en en 2000-2002), ou d'éducation "civique" (ECJS par
exemple), qui réduisent de fait la place consacrée aux
enseignements fondamentaux.
-
2001 : le vote de la LOLF (qui ne devient effective qu'en 2006), et sa
mise en place dans les établissements scolaires (qui regroupe
les lignes budgétaires, etc., avec, pour but affiché, le
"pilotage" en fonction des "résultats").
-
Baisse continue des postes au concours, particulièrement ces
dernières années. Ainsi, le Ministère de
l’éducation nationale a annoncé le 14 septembre
2006 le nombre et la répartition des postes aux concours de
l’enseignement pour 2007. Le nombre de postes ouverts aux
concours de l’enseignement est en baisse de 3,4% par rapport
à 2006, et de 36% par rapport à 2005. La baisse sans
précédent de 2006 - 30% en moyenne - est donc encore
amplifiée en 2007.
- La
disparition des surveillants (MI-SE) fin 2002, statut pour les
étudiants qui donnait satisfaction, et la multiplication de
contrats pour le personnel de vie scolaire, qui constituent autant de
"sous-statuts" (les emplois jeunes et aides-éducateurs
remplacés par les assistants éducation, CAE).
-
Déjà amorcée dans les année 90, la
généralisation des contrôles en cours de formation
(qui sapent donc la valeur nationale des diplômes : CAP
totalement en CCF, puis généralisation pour les bac pro).
-
2004 : instauration d'une journée "de solidarité", et
donc première augmentation du temps de travail depuis longtemps.
-
2004 : transfert des TOS aux collectivités locales (avec des
menaces considérables sur différents droits).
-
2005 (ministère Fillon) : vote de la loi définissant un
socle commun de connaissances (constituant une menace pour tout ce qui
n'est pas directement utilitaire).
-
2005 : signature du décret sur les remplacements en interne (qui
augmente de 60 heures par année le temps de travail dû par
les professeurs, et qui préfigure le décret de 2007 en
cela qu'il fait peu de cas des conditions d'enseignement d'une
discipline, de la qualité des cours dispensés).
-
2006 (ministère Fillon) : vote de loi dite pour
l'égalité des chances (apprentissage possible dès
quatorze ans, travail de nuit autorisé à partir de quinze
ans sous certaines conditions, etc.)
-
2006 : instauration du conseil pédagogique (fin
programmée de la liberté pédagogique des
enseignants : membres désignés par le chef
d'établissement, etc.).
-
2006 : introduction de la note de vie scolaire au collège.
-
2006 : remplacement, pour la gestion des absences, du logiciel GEP par
Sconet (qui permet un flicage des élèves dès le
plus jeune âge et à une gestion "au résultat" du
travail des équipes de vie scolaire).
-
2006 : démantèlement du système des ZEP (certains
établissements, notamment les EP3, sont moins bien lotis).
- 2006 : intégration des élèves handicapés
à l'école (grand projet de Chirac, qui se fait de
façon catastrophique : les moyens dont disposaient les
structures spécialisées ne sont pas reversés aux
établissements scolaires ; les équipes
pédagogiques se retrouvent dans l'incapacité - mais avec
l'obligation - de recevoir correctement des élèves
souffrant d'handicaps parfois très lourds dans les classes ; par
d'ailleurs, dans les établissements ayant des SEGPA, les
élèves relevant autrefois de la SEGPA se retrouvent au
collège, et les élèves ayant des troubles
psychiatriques avérés se retrouvent maintenant en SEGPA).
-
2007 : révision du décret de 1950 (suppression de l'heure
de première chaire en lycée pour 70 000 enseignants ;
majoration d'une heure pour les professeurs enseignant plusieurs heures
à des élèves en nombre inférieur à ;
affectation sur trois établissements dans des communes
non-limitrophes ; bivalence qui pourra être imposée ; l'AS
menacée).
-
2007 : suppression massive de postes d'enseignement et d'encadrement (5
000 suppressions de postes pour la rentrée prochaine, 25 000 en
4 ans, avec des conséquences désastreuses sur la Dotation
Horaire des établissements : augmentation du nombre
d'élèves par classe, suppression des dédoublements
de classes, etc.).
-
Entretien d'orientation en 3ème mené par les professeurs
principaux (qui vont, de ce fait, remplacer les Conseillers
d'Orientation-Psychologues).
- Ces
dernières années : répression anti-syndicale
accrue, qui frappe de nombreux collègues militants (affaires
Veuillet, Redon, etc.).
(Jean-Baptiste)
Cette
liste des calamités n'est EVIDEMMENT pas exhaustive : on pense
par exemple à nos collègues TZR, taillables et
corvéables à merci, et à tous les précaires
de Éducation nationale, les contractuels (qui ont
remplacé les MA) et les vacataires 200 heures qui peuvent
être "remerciés" du jour au lendemain...
Vous pouvez ajouter votre grain de sel :
adressez-le, avec vos sources, si possible, au webmaster
ou mieux, venez en débattre sur la liste de discussion
Les Mots-Tocsin
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Cave
canem
par
Christian
le mercredi 24
janvier 2007
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Figurez-vous qu'hier soir j'ai eu la
faiblesse d'asseoir ma citoyenneté devant l'émission "C'est
dans l'air" qui traitait de l'imposition, le titre aurait bien
dû m'en dissuader. Je vous passerai les clichés sur cette
fonction publique dévoreuse de croissance et d'emplois ( car
c'est bien connu , un seul emploi public coûte au pays un si
grand nombre d'emplois privés qu'il semblerait indécent
de ne pas employer tout son courage politique à
dégraisser rapidement...). Evidemment, faire passer un poste de
télé par le balcon du quatorzième étage
m'eût aussitôt signalé à mes voisins comme un
sujet peu fréquentable, alors j'ai toisé ces langues
fourchues avec le détachement serein du moine bouddhiste...
jusqu'à ce que j'entende un margoulin plus inspiré que
les autres filer la métaphore. Ils en étaient à
discuter posément de la manière de pratiquer
l'opération, quand cet aimable intervenant a comparé la
fonction publique à un chien dont il fallait couper la queue, il
y a, disait-il en arborant la mine satisfaite du gars sûr de son
petit effet, deux manières de procéder, la
première, présentée comme la plus barbare,
consiste à couper chaque jour un petit bout de la queue, la
seconde, plus charitable, tranche l'excroissance inutile en une seule
fois. Et la joyeuse compagnie de se frapper les cuisses à
l'audace du bon mot... Seul le repoussoir de service faisait la moue
dans son petit coin discret.
Je
signale que cette émission est libre de droits, on nous
précise que nous pouvons l'exploiter en classe. A la bonne heure
!
Christian
Je
tiens à ajouter, pour rester parfaitement objectif, qu'un fin
connaisseur des enseignants nous a tressé des lauriers en
avançant l'hypothèse qu'une petite rallonge salariale
pourrait suffire à nous faire accepter la réforme. Un
chien peut-il mordre la main qui le nourrit ? Alors, pourquoi se
gêner ?
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Faisons lever la houle
pour indisposer ceux qui n'aiment pas les vagues
Un billet d'humeur
à trois
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Le 12 janvier 2007,
Jean-François Copé, ministre du budget, a affirmé
sur Europe 1 :
"Aujourd'hui en 2006, un professeur certifié en
fin de carrière,
ça gagne à peu près 4.100 euros par mois."
(Lire à ce propos la réaction du SNALC
et celle du SNES)
Cette déclaration donnera lieu sur Les Mots-Tocsin à ce
petit échange :

CHRISTIAN
- Copé ? En voilà un qui va gagner ses galons de ministre
de l'éducation. Depuis Allègre la culture du
mépris et de la propagande a fait son chemin. Et qui se soucie
encore du vécu des enseignants ? Nous ne pourrons compter que
sur nous-mêmes.
BRIGITTE - C'est-à-dire
sur fort peu de monde...
CHRISTIAN - Hélas oui,
si l'on en croit le taux de résignation qui circule dans les
veines de la profession, nous ne pouvons compter que sur très
peu de monde... J'aimerais croire que les consciences pourraient se
réveiller, toutefois, cette période où de nombreux
papy boomers attendent leur retraite n'est peut-être pas la plus
favorable à un engagement saignant de la corporation . A
quelques remarquables exceptions près, les collègues ne
me semblent pas prêts à en découdre
sévèrement . Ils sont désolés pour les plus
jeunes mais observent le sinistre avec un regard
désabusé. A leur décharge , beaucoup parmi ces
plus jeunes ont été élevés à la
mamelle de la servitude : ils se font une raison et assurent le
paiement de leurs traites ou envisagent des plans de carrière
avec des passerelles pour s'eclipser discrètement quand leur
matière leur offre cet avantage, d'autres encore convoitent des
postes à l'IUFM plutôt que de rester à croupir dans
la tranchée. Je ne serais pas surpris si le chacun pour soi et
le sauve qui peut l'emportaient sur le sursaut collectif. Je ne sais
pas si ce ressenti est partagé et je pense aussi à des
points de vue qui me semblaient plus optimistes [...].
Si des choses sérieuses se préparaient, il serait bon
qu'on leur fît de la pub ( et je ne parle pas de grèves
jetées comme une poignée de sable à la face du
gouvernement... Quel résultat pourrait donner une grève,
même reconductible, si des actions de blocage type CPE ne
venaient pas l'amplifier ? J'irai même jusqu'à penser que
notre ultime recours serait de paralyser les examens, ce qui, pour les
raisons citées ci-dessus , me paraît difficilement
réalisable). A suivre...
MARC - Excellente analyse,
avec cependant cette petite remarque : on est étonné du
nombre de collègues, et pas forcément chez les plus
jeunes, ceux qu'ont formatés les IUFM, mais bel et bien parmi
les vieilles barbes, même parmi les papy boomers, qui
adhèrent aux thèses modernistes de la séquence, du
décloisonnement, bref, de tout ce qu'a produit le
pédagogisme à la mode. "C'est quand même un
progrés ! La seule chose qu'on regrette, c'est qu'il faudrait
quand même un peu plus d'heures !" (Je n'invente pas, c'est du
vécu !)
Je vous livre mon acte de foi : on est encore moins nombreux qu'on ne
le croit, les derniers dinosaures.
Je crois, de toute façon, que c'est foutu.
J'irai, comme d'hab', arpenter le bitume et me casser les cordes
vocales, même par temps froid, non par habitude, mais par
fidélité, mais je crois que c'est foutu.
De toute façon, ce qu'on a mis quarante ans à casser, il
faudrait un siècle ou une révolution pour le reconstruire.
C'est mon message d'espoir du soir... mais je crois bien que c'est la
deuxième fois que je vous le délivre...
Mon Dieu ! Encore en activité et déjà
sénescent !
Le mot du soir : décrépitude.
CHRISTIAN - C'est vrai
ça qu'on n'est pas si nombreux, sans compter que dans le tas ,
il y a les taiseux qui n'en pensent pas moins mais qui parlent du bout
des yeux parce que les grands éclats, ils n'y croient plus ...
Quant aux modernistes , le temps ne fait rien à
l'affaire..."Jeunes cons de la première averse , vieux cons des
neiges d'antan"... Quand je pense que certains sont devenus des
chantres du décloisonnement par simple opportunisme... Au bon
beurre !!!
Foutu pour foutu, on n'a plus rien à perdre , il faut gueuler
très fort pour que ça reste humainement supportable. Je
laisse la distance philosophique et les réflexes de bons petits
soldats aux collègues en fin de campagne. Pour ma part, j'ai
trop d'années à tirer pour me cantonner aux discours
policés. C'est précisément ce que j'ai dit, hier
après-midi, à des collègues qui commencent
à en avoir gros sur la patate : 20 années et plusieurs
brouettes à tirer, c'est pas encore Cayenne mais ça se
gâte méchamment. Alors on va faire dans le local , comme
le suggérait un colistier, du sur mesure, de l'insurrection
bocagère, de la frappe chirurgicale... On va essayer de leur
rentrer dans le lard. Je crois davantage au bon sens local qu' aux
exemples magnifiques qui nous sortiraient de l'ornière. Bougeons
dans nos établissements respectifs, essayons de harceler
intelligemment ces gens qui nous aiguillonnent comme du bétail
promis au boucher.
Premier objectif : frapper la bêtise sur le terrain , saborder
les opérations innovantes et poser les bonnes questions, celles
qui nous renvoient à nos difficultés quotidiennes ou
à nos petites lâchetés. Pour obtenir un
éventuel résultat, réfuter le discours de
l'apaisement et de la consensualité que certains
collègues nous assènent à peu de frais ( le plus
souvent ce sont ceux qui sont dans le giron de l'administration , les
faiseurs de projets bidons ou les adorateurs du rayonnement qui, chez
nous, ne sont plus qu'à quelques années de quitter le
navire avec leur dernier échelon hors-classe). Les conditions
objectives me semblent réunies pour remuer ceux qui ont trop
à perdre à continuer de faire l'autruche et leur faire
comprendre que les conseilleurs ne seront pas les payeurs. Faisons
lever la houle pour indisposer ceux qui n'aiment pas les vagues.
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