Xavier Darcos justifie le versement
d'une prime aux chefs d'établissement
Source : AP via
Yahoo.com
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ven 11 jan, 19h27
PARIS (AP) - Le ministre de l'Education nationale
Xavier Darcos a justifié vendredi l'octroi d'une prime pour les proviseurs et
chefs d'établissements scolaires, afin de récompenser leur travail. Les
enseignants n'ont de leur côté rien reçu et selon le secrétaire général de la
Fédération syndicale unitaire (FSU) Gérard Aschieri,
le ministre a tort d'en rajouter dans la
"provocation". Les proviseurs de lycée et principaux de collèges vont
recevoir une prime de 750 euros, tandis que leurs adjoints percevront 375
euros. "Les proviseurs, les chefs d'établissement, eux, n'ont pas droit
aux heures supplémentaires" contrairement aux enseignants, a fait valoir
M. Darcos vendredi sur RTL. Ces chefs d'établissement ont été "très
exposés lors des manifestations lycéennes et étudiantes" et le ministre a
"donc voulu reconnaître leur travail" et leur "accorder une
rémunération complémentaire qu'ils ne peuvent obtenir autrement". Pour
Xavier Darcos, "les syndicats ont raison de dire 'et nous et nous', mais
il est très simple d'obtenir une meilleure rémunération pour les
enseignants". Il leur suffit, précise-t-il, d'accepter de "faire
quelques tâches supplémentaires", voire de "travailler autant qu'un
proviseur". Un proviseur, a-t-il insisté, "ça travaille énormément,
c'est pris toute la journée, et donc c'est normal que pour eux on ait créé
cette prime". Il a invité les enseignants à "prendre des heures
supplémentaires" pour avoir du "travail rémunéré en plus",
rappelant que "nous avons investi pour les professeurs 250 millions
d'euros pour les heures supplémentaires qu'ils veulent bien prendre". Le
secrétaire général de la FSU Gérard Aschiéri a réagi
en estimant que M. Darcos "en rajoute dans la provocation". Ce
"type de discours donne dans la provocation et dans l'insulte. Il montre
qu'il ne connaît pas la réalité du travail", a expliqué à l'Associated Press le dirigeant
syndical. Le "problème n'est pas qu'il y ait une prime, c'est le fait que
le ministre ait fait le choix de privilégier une catégorie. Ca va semer la zizanie
entre les personnels, particulièrement entre les personnels administratifs
alors qu'un proviseur a besoin de travailler en équipe
dans un ambiance positive", a souligné M. Aschiéri.
"Là où le message commence à être en particulier inacceptable, c'est que
cette prime est motivée par leur présence et leur efficacité, sous-entendu, si
nous avons zéro, c'est parce que l'on n'est pas présents et pas
efficaces", a de son côté commenté sur RTL le co-secrétaire
national du Syndicat national des enseignements du second degré (SNES), Daniel
Robin. "C'est un message que nous avons bien entendu et qui provoque des
réactions fortes, en particulier du personnel enseignant. Il y a un sentiment
d'une totale injustice. Nous ne serions pas contre que tous les enseignants
sans exception touchent 750 euros le mois prochain", a-t-il conclu.