« En voiture Simone »

 

Un petit rappel envoyé par Hervé : "La notion de communauté scolaire prend (en Angleterre) un tout autre sens qu'en France. Les personnes qui travaillent dans les établissements scolaires sont tour à tour enseignant, assistante sociale, orientateur, travailleur social, intermédiaire vis-à-vis des familles ou du quartier... Cette polyvalence crée d'emblée un état d'esprit différent ; j'ai senti des relations plus naturellement respectueuses qu'en France, moins marquées par la hiérarchisation des rapports. De même, évidemment, que la présence continue de tous les adultes, enseignants compris ces derniers passent 32 heures et demie par semaine dans leur établissement. Tout cela est à l'évidence efficace pour améliorer le comportement des élèves. Quand je parle de rouvrir le dossier du métier d'enseignant, je pense à ce genre de questions." (Xavier Darcos, Ministre délégué à l'enseignement scolaire, à Libération, 27/01/2003 )

 

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           Ce rejet d'une prétendue "hiérarchisation des rapports" était particulièrement sensible à l'époque où l'élève était placé au centre.  La "communauté éducative", on en mangeait à tous les repas et à toutes les sauces. Aujourd'hui, cela n'a pas beaucoup changé, si ce n'est que l'on a remplacé l'élève par les parents et que l'on a mis au centre le principe d'économie. On ne dégraisse plus le mammouth, déjà on veut l'enterrer. Darcos appelle de ses voeux une grande famille de serviteurs dociles qui porteraient les couleurs de l'établissement sans distinction de fonction ni de qualité. Bons à tout faire ou, en termes plus exacts, bons à rien. Qu'importe, il s'agit seulement de préparer son char pour la grande parade de rentrée car il faut attirer à soi les parents susceptibles d'inscrire leur progéniture... Et pour cela un seul pluriel compte : les actions ! La vie d'un établissement lambda pourrait bientôt s'organiser comme un  Intervilles : planches savonnées, vachettes tapageuses, animateur gominé et courses en sacs grotesquement costumées, tout est bon pourvu que cela divertisse le chaland. Quand bien même l'éruption de ces projets fumeux aurait pour seul effet de figer les pauvres "apprenants" dans la lave d'une médiocrité sans nom, c'est toute l'équipe qui devra porter le ridicule à ébullition pour mieux paraître dans le press-book local. Même le bac n'est plus un objectif sérieux, aujourd'hui (et c'est une émission à la mode qui le suggère) il faut tout essayer ! Comme le petit Gargantua expérimentait ses torche-culs, l'équipe de pédagogues se torche la culture avec ses mille projets. Ce siècle vit dans la névrose de l'artifice, il simule une jouissance épileptique, engloutit des kilos d'émotions et se finit en anorexique avec deux doigts dans la bouche pour un orgasme de vomissements. L'éducation est un grand corps malade qui exhibe fièrement ses chancres les plus beaux et recule devant la lucidité comme un possédé devant la croix de l'exorciste...                           

 

Christian

          Le rapprochement avec Intervilles est d'une rare pertinence. Moins celui avec Gargantua, car l'expérimentation des torche-cul débouche, si je puis dire, sur une solution efficace et "positive", je n'en dirai pas autant de ces malheureuses actions éducatives. François Cavanna suggérait naguère que le maître apprît à ses ouailles à passer le balai dans les chiottes, je crois bien qu'avec Darcos, on y est.

    

Christophe

 

 

Un court dialogue à rapprocher notamment des dernières annonces : la réforme du lycée (voir aussi l’analyse de Rémy) et le rapport du HCE sur l’orientation scolaire

 

 

 

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