Fonds de pension : FSU et CGT les acceptent !
dimanche 20 novembre 2005.
Auteur(s) : Sud Education 86
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article.
Dans notre série, "LA VIE DES
GRANDS FAUVES"...on nous écrit !
La scène
se passe dans la permanence syndicale d’une bourse du travail. Cette double
conversation au téléphone est purement fictive, mais tout indique qu’elle
risque fort de ressembler à des dialogues bien réels, ces jours-ci.
RAYMOND,
permanent syndical au téléphone.
Allo ?
DOMINIQUE
(la voix au téléphone).
Salut
Raymond. Ca va ? C’est moi Dominique, institutrice en ZEP et militante SNUipp-FSU depuis sa création. Je me permets de te
téléphoner car j’ai des collègues membres d’ATTAC qui se sont inquiétés
récemment. Est-ce vrai que la FSU aurait décidée de s’associer à la CFDT pour
gérer des fonds de pension sur nos retraites ? Personnellement, il me
semblerait inacceptable que mon syndicat fasse fructifier des fonds spéculatifs
basés sur le travail des enfants.
RAYMOND
Arrête
Dominique. Il s’agit de faux bruits. Je peux te rassurer tout de suite. Lors de
son dernier Conseil Fédéral, la FSU a été claire : La FSU critique ces
« revenus financiers attendus de placements, à la gestion desquels la FSU
ne saurait prendre part, ni cautionner. La FSU poursuivra son action pour la
disparition de ce fonds de pension ». Je te lis le texte adopté.
DOMINIQUE
Mais vous
avez bien décidé de siéger au CA et de définir la politique de placements
financiers ?
RAYMOND
Rassure-toi.
La FSU est claire. Je te lis : « « La FSU considère que la
défense des intérêts matériels et moraux des personnels l’oblige à siéger au
CA, afin d’en assurer la transparence, d’y exprimer son désaccord... La FSU
poursuivra la campagne d’information sur le projet, et mobilisera les
personnels, notamment au moyen de la pétition unitaire en cours
d’élaboration. » N’est-ce pas clair ?
DOMINIQUE
Merci. Tu
me rassures car j’ai eu un doute.
RAYMOND
Tu
pourras rassurer tes collègues. Et n’oublie pas de voter pour les listes FSU le
6 décembre !
(La
communication achevée, Raymond doit à nouveau déccrocher
pour prendre un autre appel téléphonique.)
RAYMOND
Allo ?
CLAUDE
Salut
Raymond, c’est Claude. Que deviens-tu depuis ce temps, sacré lascar ?
(Rires) Toujours permanent, fidèle au poste ?
RAYMOND
Et oui,
nous avons passé le CAPES ensemble en 1976. Ca ne nous rajeunit pas !
Bientôt la retraite, toi aussi ?
CLAUDE
Et j’en aurais
enfin de fini de cotiser à ton satané syndicat ! (Rires). A propos,
Raymond, tu me connais bien, tu peux compter sur moi comme syndiqué de la base,
un vrai. Tu sais aussi ce que je pense parfois de vos déclarations inutiles et
de vos envolées altermondialistes. Pour moi, un syndicat doit défendre les
intérêts des collègues et c’est tout.
RAYMOND
Mais qui
t’a dit le contraire ?
CLAUDE
C’est
votre décision lamentable sur les retraites additionnelles. Quand finirez-vous
de faire de l’angélisme ? Moi, on m’enlève 25 euros par mois sur ma
feuille de paye, et j’espère bien en avoir pour mon argent lors de mon départ
en retraite. Si ces fonds sont capitalisés, il faut qu’ils rapportent. En tant
que syndicats, vous devez veiller à leur rentabilité maximum. Sinon vous êtes
des jeans-foutres et vous brassez de l’air.
RAYMOND
Ecoute
Claude, ne t’énerve pas comme cela. Tu me connais bien et tu connais le
syndicat. Je te lis le texte de la décision exacte de la FSU : « En
tout état de cause, elle [la FSU] défendra la garantie du niveau de prestations
dues aux personnels, indépendamment de l’évolution des ressources de ce régime,
qu’il s’agisse des cotisations des rémunérations accessoires, dont la FSU
demande par ailleurs la transformation, ou des revenus financiers attendus de
placements (...) » Traduction en bon français : « En tout état
de cause » (ce qui signifie : quoi qu’il en soit, de toute manière),
la FSU défendra « la garantie du niveau de prestations dues au
personnels » (donc le rendement maximum des retraites par capitalisation),
« indépendamment de l’évolution des ressources de ce régime »... y
compris s’il s’agit des « revenus financiers attendus de
placements ». Au moins c’est clair.
CLAUDE
Ah !
Enfin quelque chose de raisonnable ! Maintenant, il faut s’y
résoudre : l’économie moderne, c’est la gouvernance financière. C’est
incontournable. Il était urgent que les syndicats s’y mettent enfin, au lieu de
pleurnicher.
RAYMOND
Bien
d’accord avec toi, Claude. Tu pourras rassurer tes collègues. Et n’oublie pas
de voter pour les listes FSU le 6 décembre !
(Le
téléphone se tait. Le calme revient dans la permanence syndicale. Raymond ouvre
son courrier en écoutant France-Info.)
Nota :
ce message hautement polémique ne comporte aucune appréciation négative contre
les syndiqués FSU, ou autre syndicat, que nous invitons tous et toutes à
prendre la parole sur ce sujet important, afin d’éviter ensemble l’irréparrable.