Xavier Darcos : « Les
enseignants doivent apprendre à travailler différemment » - M.-E.
P. Publié
le 29 octobre 2007
Invité du « Grand Jury » RTL-Le
Figaro-LCI, le ministre estime que les profs sont aujourd'hui prêts à accepter
des réformes.
LE MINISTRE de l'Éducation, interrogé au « Grand
Jury » RTL-Le Figaro-LCI assure que l'Éducation nationale poursuivra ses
objectifs de réduction de postes dans les prochaines années. Pour le ministre, « les
enseignants devront apprendre à travailler différemment. L'école doit devenir
un athlète et non plus un sumo ». Une version revue et corrigée du
mammouth.
Il parie sur la bonne volonté des enseignants alors
qu'une grève est annoncée pour le 20 novembre prochain : « Les
enseignants ont changé », assure-t-il, rappelant que 40 % d'entre
eux ont voté pour Nicolas Sarkozy. Il assure notamment qu'ils seront nombreux à
accepter d'effectuer des heures supplémentaires dans les collèges sensibles
pour encadrer les travaux dirigés le soir. Une initiative qui débute dans
quelques jours. « Il va falloir que les enseignants ne travaillent plus
selon une obligation de service fixée en début de leur carrière »,
assure le ministre, évoquant la commission Pochard, chargée de réfléchir au
sujet. L'objectif de 80 % d'élèves au bac reste d'actualité, selon Xavier
Darcos. Aujourd'hui, « la seule question, c'est comment se fait-il que
seuls 65 % d'une classe d'âge l'obtienne ? ».
Il faut en revanche « rééquilibrer »
les filières, estime-t-il : « Nous avons besoin de plus de
littéraires et nous avons besoin d'élèves en S qui se dirigent réellement vers
les filières scientifiques. »
«Un bac trop divers»
Ces dernières sont en effet aujourd'hui en situation de
pénurie. La seconde ne doit plus être une « gare de triage »
aussi sélective. Le lycée offre par ailleurs beaucoup d'options,
estime-t-il : « Je pense que le bac est aujourd'hui trop divers
par rapport à ce qu'il évalue », assure-t-il. Donc, il s'agit pour les
lycéens de « travailler moins pour apprendre plus ! »,
résume le journaliste Jean-Michel Aphatie.
Pour remédier à l'échec scolaire (lire ci-dessus),
le ministre entend dès aujourd'hui s'inspirer du soutien individualisé délivré
dans les pays nordiques, notamment en primaire. Pour autant, il faut « que
l'on arrête de comparer les résultats des enfants français à ceux de la
Finlande ! C'est un pays très différent du nôtre, petit, quasiment sans
immigration ». Selon lui, le poids sociologique est fondamental pour expliquer
l'échec scolaire. Le soutien individualisé devrait permettre de « compenser »
les « différences d'origine sociale ». Ces heures seront
dégagées par le samedi matin libéré, qui touchera dès 2008 l'école primaire,
puis le collège en 2009 avant « peut-être » de toucher le
lycée.