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" De l'or ! De l'or jaune,
étincelant, précieux ! Non, dieux du ciel, je ne
suis pas un soupirant frivole... Ce peu d'or suffirait à
rendre blanc le noir, beau le laid, juste l'injuste, noble l'infâme,
jeune le vieux, vaillant le lâche... Cet or écartera
de vos autels vos prêtres et vos serviteurs ; il arrachera
l'oreiller de dessous la tête des mourants ; cet esclave
jaune garantira et rompra les serments, bénira les maudits,
fera adorer la lèpre livide, donnera aux voleurs place,
titre, hommage et louange sur le banc des sénateurs ; c'est
lui qui pousse à se remarier la veuve éplorée.
Celle qui ferait lever la gorge à un hôpital de plaies
hideuses, l'or l'embaume, la parfume, en fait de nouveau un jour
d'avril. Allons, métal maudit, putain commune à
toute l'humanité, toi qui mets la discorde parmi la foule
des nations... "
Shakespeare, Les
Tragédies. Trad. Pierre Messiaen, Paris 1941
" La vie de Timon d'Athènes ", Acte IV, Scène 3
Cité par Marx, Manuscrits de 1844.
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