
Le
Livre vert sur l’évolution du métier d’enseignant :
http://media.education.gouv.fr/file/Commission_Pochard/18/8/livre_vert_23188.pdf
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SNES
Huit pages d’analyse du rapport Pochard
– Une vraie provocation
http://www.snes.edu/snesactu/IMG/pdf/8_p_Rapp_Pochard.pdf
Supplément
à L’US N° 662 du 8 février 2008
Communiqué de presse
Rapport Pochard « à rebours » des réalités et des
besoins du métier d’enseignant !
Pour relancer la démocratisation, il est nécessaire d’améliorer la
condition enseignante et de prendre en compte les évolutions du métier. C’est à
partir des missions des enseignants, des objectifs communs à tous les élèves,
qu’une réflexion sérieuse aurait pu s’engager sur le métier d’enseignant. Le
SNES a fait des propositions en ce sens.
Le rapport POCHARD a préféré une approche gestionnaire, éclatant
le métier en tâches sans articulation, prônant l’individualisation, une
évaluation peu soucieuse du cœur du métier, la quasi
disparition d’outils collectifs en matière de rémunérations et de service. Plus
soucieux d’étendre les missions des enseignants que de penser des modalités
aptes à favoriser le travail collectif, le rapport fait l’impasse sur les
équipes éducatives (CPE, CO-Psy, surveillants, équipes pluri-professionnelles),
propose d’ajouter au service de nouvelles tâches, d’allonger le temps de
travail, au lieu de libérer du temps comme le demandent les personnels.
De même, en prônant une bivalence au collège – et notamment en
ZEP !-. Il refuse de reconnaître la qualification et prend le risque d’une
augmentation de la charge de travail.
Quant aux pistes proposées en guise de revalorisation salariale,
elles se résument aux heures supplémentaires, développées au détriment de
l’emploi, alors que des milliers de non titulaires de l’Education nationale
sont au chômage. Les carrières enseignantes seraient soumises à
l’individualisation et dépendraient pour l’essentiel des chefs d’établissement.
En résumé, mis à part quelques pistes, très limitées, reprises des
propositions du SNES, comme les pré-recrutements, quelques aménagements pour
les fins de carrière et l’instauration de temps de respiration professionnelle,
le rapport ne remplit pas ses objectifs d’amélioration et de revalorisation du
métier d’enseignant.
Si le ministre de l’Education nationale souhaite que l’on ouvre
des négociations sur la revalorisation du métier, il lui faudra entendre les revendications
portées par les personnels dans les grèves et les diverses mobilisations.
Paris, le 5 février 2008
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SNALC
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FO (SNFOLC)
4 février 2008
Rapport
Pochard :
une agression contre les enseignants et leurs statuts
Une exigence : son abandon pur et simple !
Le rapport de la commission Pochard
reprend tous les projets de contre-réforme avancées ces dernières années :
autonomie à tout crin des établissements, remise en cause des concours
nationaux, explosion des obligations de service, carrières au mérite.
« Sortir
de la coupure radicale qui sépare le régime de la fonction publique et le droit
commun du travail »
Le rapport préconise de fait de remettre en cause le statut
de la Fonction publique laïque et républicaine. Ce rapport paraît au moment où
les suppressions massives de postes sont annoncées dans les
établissements : certains établissements pour quelques élèves de moins
perdant jusqu’à 10 postes et plus.
Autonomie
totale des établissements : la fin des normes nationales, les professeurs
employés (voire recrutés) des Conseils d’administration
Le rapport veut donner du « grain à moudre » à
l’autonomie en préconisant pour les horaires des élèves des « horaires
annualisés par discipline, éventuellement réparties sur deux classes,
fourchettes hebdomadaires… », le
« décloisonnement des disciplines ». Les normes nationales
« comme les seuils de dédoublement, ou les heures affectées au soutien
dans certaines classes et certaines disciplines doivent être
abandonnées », il en serait de même des horaires nationaux, les programmes
ne laisseraient qu’un minimum commun (le socle).
Le rapport ouvre la voie à l’embauche d’intervenants
temporaires dans les établissements et de « professeurs associés » en
CDD (« formule prometteuse pour autant qu’elle ne reste pas
homéopathique ») : c’est la voie ouverte au n’importe quoi et au
n’importe qui, tout en érigeant la précarité en modèle.
Le projet d’établissement est présenté comme le « bras
séculier de l’autonomie » -les établissements privés et leur caractère
propre étant cités en exemple-. Le CA doit être un « véritable lieu de
délibération et de décision » dont les délibérations auront des conséquences
sur l’organisation des services et les conditions de travail des personnels. Le
rapport préconise ainsi que chaque enseignant signe un contrat d’affectation
individuel, sur le modèle du contrat de travail de droit privé :
« Les modalités locales du travail des professeurs se décideraient dans
l’établissement lui-même. (…) l’affectation d’un agent dans son emploi pourrait
être assortie de l’offre d’un contrat d’affectation définissant les droits et
les obligations de l’agent dans l’occupation de cet emploi » (p 114)
Obligations
de service : des professeurs flexibles, polyvalents, déqualifiés
« l’horaire hebdomadaire » : « source de rigidité dans
l’emploi du temps des élèves »
Les hypothèses envisagées vont de « l’augmentation de
l’obligation réglementaire de services d’enseignement en face à face
élève » (de 18 heures à 22 heures) à l’annualisation du service de tous
les enseignants (sur la base de 648 heures annuelles y compris pour les
agrégés) auxquelles s’ajouteraient des « jours de concertation »
propres à l’établissement et autres activités complémentaires. Les décharges de
service (première chaire etc…) sont qualifiées de
« dispositif non statutaire ».
Le rapport précise que « la bivalence devrait être très
largement présente » Il envisage qu’ « une heure de soutien ou de TD
ne soit plus comptée pour une heure de cours » (p131) Il préconise que des
« accords locaux » sur les obligations de service soient signés au
niveau local (et donc validés par les CA), certaines des activités hors
enseignement devenant ainsi obligatoires (p 134). Il y
aurait donc ainsi 8000 régimes de travail, autant que d’établissements !
Hommage du vice à la vertu le rapport admet que si
« l’activité d’enseignement est le cœur du métier », les
« décrets de 1950 en constituent la consécration » (p 121) pour mieux
préconiser leur disparition.
La prétendue revalorisation de la condition enseignante
accouche d’une dégradation jamais vue : il s’agit de nous faire faire plus
d’heures, d’imposer une multitude de tâches en dehors de sa discipline et de
l’enseignement, de soumettre l’enseignement au contrôle des groupes de pression
locaux. Les tâches multiples pourraient être rémunérées par des heures
supplémentaires dégagées par des suppressions de postes (3500 postes
transformés à la rentrée 2008)
Dans son analyse de la situation présente le rapport, tout
en reconnaissant l’attachement des professeurs à leur discipline, à faire
cours, et à leur liberté pédagogique individuelle dans leur classe se demande
« si elle n’en est pas devenue un de ses principaux handicaps » de la
profession enseignante. On comprend pourquoi !
Recrutement :
la fin des concours nationaux
Le rapport préconise des concours « light » sur le
plan disciplinaire sous prétexte de les professionnaliser. Il envisage aussi de
les supprimer purement et simplement ou encore de distinguer
« certification et recrutement ». Dans les hypothèses envisagées, les
« lauréats » pourraient figurer sur des « listes de
qualification » « dans lesquelles puiseraient les académies, les
inspections académiques ou les établissements ». Avec à la clé, la perte
du statut de fonctionnaire d’Etat : « dans cette hypothèse, (ils)
seraient recrutés comme les autres salariés ».
Le développement d’un recrutement dans le cadre de la
bivalence dans le second degré (CAPES) figure au rang des priorités. Les CAPET
et CAPLP seraient fusionnés, ce qui annonce la « fusion-disparition »
des lycées techniques et des lycées professionnels. Ils pourraient fusionner
avec les concours de l’enseignement agricole permettant « un meilleur
partage du vivier de recrutement ». « Cette mutualisation pourrait
être étendue aux CAPES ».
La mise en place d’une « filière enseignante »
pour tous les enseignants de l’enseignement scolaire, de la maternelle au
baccalauréat remplacerait les corps nationaux (certifiés, PLP, agrégés…) et
donc les statuts particuliers de ces corps.
Salaire
et carrière : individualisation, mérite et performance
L’objectif avoué est de mettre en place un « avancement
différencié » : autrement dit de diviser pour régner. Le rapport
exclut toute revalorisation indiciaire et veut donner toute sa portée au mérite
et à la performance. Il préconise de donner davantage de poids au chef
d’établissement : deux « rendez-vous de carrière » pourraient
ainsi être créés : la promotion « étant conditionnée au mérite, à
l’investissement personnel et à la performance ». L’instauration d’une
prime modulable gérée par le chef d’établissement est envisagée.
En fait de « revalorisation de la condition
enseignante », le rapport de la commission Pochard est une véritable
agression. Le gouvernement serait bien inspiré de n’en tenir aucun compte. Nous
n’avons pas obtenu l’abrogation du décret de Robien grâce à l’unité d’action
des organisations syndicales de l’enseignement secondaire pour accepter 10 fois
pire aujourd’hui !
Le SNFOLC a remis au ministre 30 demandes de garanties pour
préserver les droits et garanties collectives des personnels sur lesquels il
demande une réponse.
Le SNFOLC propose comme en 2007 : action commune à tous
les niveaux. Réunissons nous dans les établissements avec les organisations
syndicales, faisons le point, adressons-nous au ministre :
Abandon
du rapport Pochard
Ni
annualisation, ni flexibilité, ni salaire au mérite, ni contrat individuel, ni
autonomie renforcée, ni concours dévalués
Maintien
de nos obligations de service en maxima hebdomadaires d’heures d’enseignement
dans notre (nos) disciplines
Maintien
des concours nationaux
Salaires :
augmentation du point d’indice, rattrapage du pouvoir d’achat perdu (9% depuis
2000)
Rendez-nous
nos postes : annulation de toutes les suppressions de postes, de classes,
d’établissements.
Notamment ici : http://snfolcdijon.free.fr/spip.php?article388
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5 février 2008
En préambule, nous partageons l’idée de la commission Pochard de
la nécessité pour une plus grande réussite des élèves de faire autrement et de
faire évoluer le métier. Mais ces évolutions pour être acceptées par les
personnels doivent s’accompagner de contre-parties et
de garanties pour une part inscrites dans un statut rénové. Nous donnons acte à
la commission d’avoir exploré sans tabou toutes les pistes possibles pour aller
vers ces évolutions et permettre une plus grande reconnaissance des
enseignants.
Les leviers avancés par la commission vers un changement dans
l’organisation et le pilotage des établissements, dans la définition du métier,
dans la carrière des personnels rencontrent souvent nos préoccupations.
Cependant sur de nombreux sujets plusieurs pistes sont évoquées
sans que la commission tranche. Ce patchwork ne peut constituer en l’état un
projet cohérent de transformation du système éducatif mais reste ouvert sur des
possibilités d’évolutions intéressantes.
Les mesures sur les carrières concernant notamment les jeunes
enseignants et les fins de carrière sont très positives.
Nous regrettons toutefois que certains constats ne débouchent pas
sur des propositions claires voire même aboutissent à des propositions
contradictoires à l’analyse, voire au maintien de l’existant même quand ce
dernier fait l’objet de critiques de la commission.
La commission mentionne l’intérêt d’une dissociation entre
présidence du CA et direction de l’établissement .
C’est ce que souhaite le Sgen-CFDT
En revanche, c’est le renforcement du pouvoir des chefs d’établissement qui
transparaît au long du rapport. La commission semble vouloir aller vers un
renforcement du travail en équipes et du rôle du conseil pédagogique mais sans
préciser par quels moyens.
Une plus grande autonomie (10% de la DHG : intéressant) est suggérée par
la commission . Le Sgen-CFDT
espère qu’elle débouche sur une marge de manoeuvre offerte aux équipes.
La commission semble vouloir charger le chef d’établissement du pilotage du
projet mais dans le même temps veut renforcer son rôle hiérarchique notamment
dans l’évaluation des personnels. Il y a risque de confusion des rôles (juge et
partie).
La nécessité d’un espace de négociation collective est pointée. C’est une des
revendications du Sgen-CFDT.
Missions :
la clarification des diverses missions et tâches des personnels est
satisfaisante. En revanche, la multiplication des diverses primes, indemnités
et heures sup pour toutes les tâches autres que le « face à face », y
compris pour celles que la commission juge indispensables, ne peut rencontrer
notre accord. C’est « le travailler plus pour gagner plus » impossible
dans un bon nombre d’établissements et qui ne permettra vraiment l’augmentation
de rémunération que pour ceux qui ont les postes les moins difficiles.
Temps
de travail : Si la commission évoque plusieurs solutions, elle finit
par conclure qu’il faut en rester à définir le temps de travail sur le nombre
d’heures de cours, hebdomadaire ou annualisé qui peut être complété par un
certain nombre d’heures (rémunérées en indemnités ou HS). Ce choix ne peut nous
satisfaire : il laisse les personnels dans une situation où l’on pourra
toujours leur demander plus. Cette crainte est renforcée par la rétribution
hors salaire de toutes les autres tâches que le face à face.
Par ailleurs, comme le relève la commission, l’état actuel des locaux
d’enseignement rend difficile une présence plus importante des enseignants dans
les établissements. On ne peut pas tout demander aux enseignants sans que
l’employeur fasse un effort à la hauteur de ce qu’il souhaite !
Sur
le temps de face à face, la commission semble indiquer sa préférence pour
une augmentation du nombre de séquences au regard de ce qui se passe dans
d’autres pays européens. Mais ce n’est malgré tout évoqué que comme une
hypothèse. Cette éventualité conduirait même dans le cas d’une durée des
séquences ramenée à 45 mn à un alourdissement de la charge de travail. Nous la
rejetons car notre demande est inverse.
Sur
la bivalence : là encore la comparaison avec les autres pays européens
incite la commission a proposer la bivalence. Le Sgen-CFDT
attend plutôt une refonte des champs disciplinaires et un enseignement
modulaire que la juxtaposition de disciplines.
L’échec en MC de CAPES incite à penser que les corps d’inspection continuent à
être opposés à la bivalence et y font obstacle.
Sur
l’enseignement par niveau : la commission le suggère sans en préciser
réellement les modalités en terme de formation. Le Sgen-CFDT
souhaite une formation des enseignants sous la forme d’un tronc commun auquel
pourraient s’ajouter des modules de formation liés au niveau (en formation
initiale ou continue) permettant de passer indifféremment d’un niveau dans un
autre. Ce pourrait être l’objet notamment des « périodes de
professionnalisation » évoquées dans le rapport mais qui pour nous ne devraient
pas reposer sur un âge minimum ou un temps de carrière requis.
Sur
les jeunes enseignants : nous sommes en total accord avec les
propositions de la commission concernant tant leur affectation que leur
logement. Il n’est pas admissible que les jeunes professeurs soient
systématiquement affectés en établissements difficiles, le plus souvent en
région parisienne et doivent en plus utiliser une large part de leur salaire de
débutants à se loger.
Il est tout à fait possible que les CTP réservent un certain nombre de postes
pour les débutants. Il est aussi possible de limiter le nombre de ces derniers
dans des établissements précis.
Sur
les fins de carrières : là encore nous sommes en accord avec la
commission. Il faut aller pour ces personnels vers des services qui intègrent
davantage d’autres tâches et une réduction du face à face.
Sur
la mobilité : la commission suggère de la réintroduire mais en la
ciblant sur de véritables reconversions et non sur les concours. Nous sommes
favorables à cette orientation.
Sur
la formation continue : la nécessité de développer la formation
continue et même de la rendre obligatoire nous convient.
Sur
la réduction du nombre de corps : la commission évoque la réduction à
2 cadres d’emploi, un pour le sup et un pour l’enseignement scolaire. Le Sgen-CFDT qui prône le corps unique depuis longtemps ne peut qu’approuver cette
proposition.
Sur
l’évaluation : la commission relève le peu de fiabilité que l’on peut
accorder à la notation individuelle liée à l’avancement sur 3 rythmes
(ancienneté, choix, grand choix) pour finalement conclure au maintien de
l’ensemble !
Nous ne pouvons que regretter cette contradiction et nous lui préférons les
notions de rendez-vous de carrière et d’entretiens individuels que la
commission propose.
Nous regrettons aussi la volonté obsessionnelle de la commission
d’individualisation des carrières, notamment au travers du « mérite »
(mot valise) défini une seule fois de manière incomplète par la commission qui
jette la suspicion sur le professionnalisme de la grande majorité des
collègues. La commission semble méconnaître les règles qui régissent le
« mérite » enseignant, leur application sur le terrain et leur
résultat souvent source de grande injustice et d’iniquité.
Nous préférons à ce concept de « mérite », sujet à diverses
interprétations, la valorisation des compétences et la reconnaissance de
l’engagement professionnel plusieurs fois cités dans le rapport.
Notons que rien n’est dit sur l’inspection individuelle. _ Pour le Sgen-CFDT, sous sa forme actuelle elle est infantilisante
et inutile.
Sur la hors classe : La commission propose que soit tenu compte de
l’engagement des personnels sur des postes difficiles. Cela suppose précisément
que les règles de valorisation des personnels changent et que la double notation
pédagogique et administrative des personnels disparaissent au profit d’autres
approches.
Par ailleurs, si la commission souhaite voir valorisés des enseignants plus
jeunes et regrette que la hors classe soit une mesure davantage utilisée pour
valoriser les pensions elle ne propose rien pour les fins de carrières :
compte tenu de l’allongement de la durée des carrière, le Sgen-CFDT
propose des échelons supplémentaires de fin de carrière.
Enfin nous notons la contradiction profonde entre le souhait de
renforcer le collectif et le travail en équipe et une conception de
l’évaluation qui reste dans un rapport hiérarchique individuel et a pour but
d’individualiser toutes les carrières donc à renforcer l’individualisme des
personnels.
Le rapport lance quelques gros cailloux dans le jardin de
l’administration. Notamment sur la faiblesse des moyens accordés aux
personnels, non dans leur rémunération mais dans tout le reste... Pas ou si peu
d’action sociale, pas de médecine de prévention (« il n’en demeure pas
moins scandaleux et illégal que les enseignants... ne bénéficient jamais des
services de médecine de prévention »), pas de formation continue, pas ou
si peu de moyens de GRH (tant en postes qu’en crédits), etc. A chaque chapitre
ou quasiment, l’Etat est visé comme largement désengagé de ses responsabilités
d’employeur. Alors, faire évoluer le métier oui, mais aussi faire évoluer
l’employeur ! Quand on défend comme nous une politique plus contractuelle,
les engagements doivent être réciproques.
La commission relève comme une étrangeté le fait que les
personnels soient affectés selon leur voeux et non sur les besoins de
l’institution. Elle note la pratique du recrutement par le chef d’établissement
dans certains pays et préconise la multiplication des postes à profil et un
plus grand poids des chefs d’établissement dans ces affectations. Le Sgen-CFDT est clairement opposé au recrutement par les
chefs d’établissement. Il propose l’ouverture d’un système croisant les besoins
des établissements et les aspirations des personnels par une visite obligatoire
et un accord sur le projet d’établissement et de ses contraintes du candidat à
la mutation puis un passage au barème dans les commissions paritaires avec les
autres aspirants au même poste.
La commission Pochard propose une évolution du métier et de
l’organisation des établissements qui rencontre notre attention.
Cependant, ses propositions relatives aux tâches des personnels et à leur
rémunération et à la définition ambiguë du temps de travail peuvent conduire à
un nouvel accroissement de la charge de travail des personnels.
Les évolutions de l’organisation et du pilotage des établissements sont utiles
mais la commission semble davantage en confier la réalisation aux chefs
d’établissement auxquels elle accorde un a priori de confiance qui mériterait
d’être nuancé.
Si la commission fait état du professionnalisme du dévouement et de la
motivation des personnels, elle n’en développe pas moins la nécessité d’un
contrôle permanent de leur travail et de leurs compétences.
Si la commission a pris en compte la nécessaire reconnaissance des personnels,
celle-ci dans ses propositions se traduit essentiellement en terme financier.
Il n’est pas sûr que ces contreparties suffisent à emporter l’adhésion et
l’engagement des personnels.
En revanche, malgré sa conclusion, la commission aura raté une marche :
celle d’un discours clair sur la confiance que les personnels sont en droit
d’attendre dans l’exercice de leur métier.
A ces quelques réserves près, nous considérons que le livre vert
reste un livre ouvert qui renferme les éléments permettant une vraie
négociation sur la « refondation de la condition enseignante ». Nous
sommes prêts à ce dialogue avec le Ministère.
http://www.sgen-cfdt.org/actu/article1580.html
Métier d'enseignant : Pas de revalorisation en vue, bien au contraire !
Loin de formuler des propositions concernant
la revalorisation de la condition enseignante,
sujet qu'elle ne traite pas, la Commission Pochard se concentre essentiellement
sur les mesures " managériales "
à appliquer au système éducatif, fusse au prix d'importantes
dégradations des conditions de travail et d'emploi des personnels.
Lire la suite ICI
SUD-Education
Ni surpris, ni déçus mais en colère !
Rapport Pochard sur l’évolution du métier d’enseignant
lundi 4 février 2008
La
commission sur l’évolution du métier d’enseignant, mise en place par le
gouvernement, a rendu public son rapport le lundi 4 février. Dès septembre, la
Fédération SUD Education a refusé de participer aux auditions syndicales dans
le contexte de la politique actuelle de casse de l’Éducation nationale alors
que les grandes lignes que retiendra le gouvernement sont déjà dans le rapport
Darcos (mars 2007) et dans la lettre de rentrée aux éducateurs de N. Sarkozy.
Le 10 décembre, lors la
présentation du rapport d’étape aux organisations syndicales, nous avions
exprimé de vives inquiétudes sur les pistes préconisées. Celles-ci sont
maintenant confirmées.
• Recul du cadre national des enseignements, mise en
concurrence des établissements.
Derrière l’autonomie
pédagogique avec 10% de la dotation en heures d’enseignement à la disposition
des établissements, la remise en cause des règles nationales pour les
dédoublements, se profile clairement la fin des horaires nationaux, surtout en
cette période de baisse drastique des dotations des établissements. Cela va de
pair avec la mise en concurrence sur projet des établissements : des
"établissements comptables de leurs résultats" et évalués
publiquement, le tout dans le contexte de la disparition de la carte scolaire.
• Renforcement des pouvoirs du chef d’établissement.
Il aurait une "marge
d’appréciation" pour fixer les “modalités locales du travail",
"un lien contractuel" s’établirait entre l’établissement et
l’enseignant. C’est la voie de la caporalisation des enseignants et du travail
en équipe avec à la clé une inévitable évaluation-notation à l’appréciation du
chef d’établissement qui agirait de plus en plus en patron.
• Annualisation du temps de travail, augmentation des
obligations de service, bivalence.
La définition hebdomadaire
du temps de travail céderait la place à une définition annualisée de 648 heures
de cours auxquelles il faudrait ajouter des activités comme
"l’accompagnement de l’élève" ou l’aide à son orientation et des
activités "modulables" pour les volontaires et rémunérées en heures
supplémentaires. La bivalence est proposée en 6/5eme. Alors que le temps de
travail des enseignants est évalué à plus de 40h/hebdomadaires par les études
du ministère, ces mesures visent à augmenter encore la charge et les horaires
de travail. La proposition de bivalence aidera comme le souhaite le
gouvernement à généraliser cette polyvalence à des fins budgétaires.
• Recrutements et carrières.
Toute augmentation générale
des salaires est exclue, alors que la commission a reconnu la perte du pouvoir
d’achat des enseignants et la réalité du problème salarial. Augmentation de
début de carrière et primes sont évoquées mais toujours avec une contrepartie
en temps de présence supplémentaire ! Cette nouvelle version du
“travailler plus pour gagner plus” est inacceptable !
En ce qui concerne les
recrutements, le ministère va devoir préciser ses intentions sur la
"simplification" envisagée et la création de "masters
d’enseignement" dont on ne sait s’ils précèderaient les concours ou les
remplaceraient. Seule piste positive : un pré-recrutement où les étudiants
seraient payés, mais on peut douter que le ministre le reprenne.
Pour nous ces choix sont
inacceptables : ils aggravent les conditions de travail, mettent en place
une gestion managériale et aboutiront inévitablement à un accès plus
inégalitaire à l’École par une concurrence accrue entre établissements.
Les propositions
"Pochard” sont à replacer dans le cadre du projet de 80 000 suppressions
de postes en 4 ans ! Pour y parvenir une nouvelle "contre
réforme" de l’enseignement est indispensable : elle a commencé par la
suppression du samedi matin en primaire, la suppression du BEP et d’une année
d’étude dans l’enseignement professionnel et va se poursuivre en collège et en
lycée.
Ainsi se dessine un projet
de régression inadmissible pour les élèves, les parents et les personnels.
Pour SUD Education l’heure est à la
mobilisation et à l’action !
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Communiqué de presse des organisations syndicales de second degré SNALC, SNETAA, SNCL-FAEN, SNFOLC, SNES-FSU, UNSEN-CGT, SNEP, SUD-EDUCATION, SNUEP Attachés à une amélioration du système éducatif, une relance de la démocratisation, pour la réussite de tous les jeunes, les organisations syndicales du second degré soussignées expriment leur volonté d'une véritable amélioration et revalorisation des métiers de l'éducation. Le rapport Pochard, qui se fixait officiellement cet objectif, en se plaçant d'emblée dans le cadre d'une logique budgétaire contrainte, d'une aggravation des conditions de travail et de la charge de travail, d'une individualisation des rémunérations et carrières, d'une mise en concurrence des personnels et des établissements, d'une déréglementation des obligations de service refusée massivement par la profession l'an dernier, ne peut servir de basse à une négociation. C'est pourquoi les organisations syndicales SNALC, SNETAA, SNCL-FAEN, SNFOLC, SNES-FSU, UNSEN-CGT, SNEP, SUD-EDUCATION, SNUEP signifient au ministre de l'Education Nationale leur exigence d'ouverture de véritables discussions pour que des réponses soient apportées à la prise en compte des réalités du métier et que soit revalorisé ce dernier dans le respect du statut. Elles appellent leurs organisations au niveau local à se rencontrer pour maintenir la mobilisation pendant la période des congés de février avec des initiatives diversifiées. Elles conviennent dès maintenant de se retrouver le 20 février pour envisager des suites communes. Paris, 6 février 2008 |
Dans la
presse :

Jean-Paul Brighelli
Rocard avait
claqué la porte de la commission Pochard en raison d'une supposée référence à
la rémunération au mérite des enseignants. Si le rapport en question est loin
d'être très clair sur la question de la rémunération au mérite -qu'il ne fait
qu'effleurer- il présente une approche essentiellement managériale de l'école.
Rien sur l'enseignement, sur le savoir : « A l'époque de Philippe Meirieu, (NDLR : inspirateur de la pédagogie française de
ces 20 dernières années) il fallait mettre l'élève au centre du système. On a
vu ce que cela a donné, même Meirieu a fait un
repentir tardif. La commission Pochard ne met rien au centre du système sinon
le chef d'établissement, transformé en chef d'entreprise », lâche Jean-Paul Brighelli,
auteur d'un essai remarqué « La fabrique du crétin », et qui tient un blog sur
l'actualité de l'école.
En effet «
le livre vert » sur la condition enseignante, ne dit rien sur l'état de
cette condition, et encore moins sur les moyens de l'améliorer, hormis quelques
portes ouvertes, depuis longtemps enfoncées sur le « malaise enseignant ». Deux
chiffres quand même qui disent l'ampleur de ce malaise : si 87 % des
enseignants affirment aimer leur métier, leur discipline, le contact avec les
élèves, 80 % d'entre eux ne croient plus à la démocratisation de l'Éducation
nationale, à l'égalité des chances. Et les deux tiers d'entre eux se plaignent
de l'agressivité d'élèves, par ailleurs de moins en moins attentifs.
Une pensée libérale de l'enseignement
Sur le fond, Jean-Paul Brighelli estime que le rapport
Pochard « est la preuve qu'il n'y a pas d'incompatibilité entre la pensée
pédagogique et la pensée libérale. C'est ce qu'on veut nous faire admettre. La
commission prend exemple sur des méthodes abandonnées dans des pays, tels
l'Allemagne ou l'Angleterre, qui viennent voir chez nous ce qui marche dans
notre système… Et puis, il faut voir ce qu'il manque dans ce rapport sur «la
condition enseignante» : rien sur les conditions effectives de l'enseignement,
rien sur le contenu de l'enseignement, les disciplines, le savoir etc. Le
rapport prône la bivalence (enseignement de deux matières). C'est l'assurance
que les professeurs ne maîtriseront plus leurs disciplines. On fait des profs
une pâte à modeler pour boucher des trous. Il faut sans doute de la flexibilité
mais pas dans la matière que l'on enseigne. Des professeurs au rabais dans des
facs IUFMisés pour enseigner ensuite dans des
établissements dirigés par des chefs d'entreprise. Voilà ce qu'est le rapport
Pochard ! ».
Le rapport s'attarde, en effet, longuement sur la demande d'autonomie des
établissements –déjà mise en place dans les universités. «Les chefs
d'établissement vont devenir des chefs d'entreprise, qui vont gérer leur
établissement avec des méthodes telles que l'annualisation des horaires
pédagogiques. Derrière l'autonomie se dessine également une forme de
décentralisation de l'éducation, une façon d'enterrer les diplômes nationaux»
ajoute Jean-Paul Brighelli qui dénonce le retour
d'une nomenklatura pédagogiste, mise en place sous
les années Mitterrand : «Rocard c'est aussi pertinent que Kouchner ou
Allègre…».
Vers des ghettos de l'enseignement ?
Plus grave encore, Brighelli, qui travaille à un
prochain ouvrage intitulé «Fin de récré», prévu pour mars prochain, estime que
certains passages confinent à l'odieux : «Sans doute conviendrait-il de
mettre en place un dispositif spécial de pré-recrutement» écrit le rapport
Pochard, «Ce pré-recrutement aux modalités exigeantes, mais adaptées, serait
dirigé vers des jeunes issus de catégories sociales défavorisées, souvent
originaires de quartiers difficiles. Ils constitueraient un vivier
d'enseignants de diversité sociale accrue, et ils formeraient une population
d'enseignants plus stables dans des académies fuies aujourd'hui par les
néo-titulaires dès qu'ils en ont la possibilité».
Comprenez : des banlieusards, pour enseigner aux jeunes de banlieues. «Je
mets de côté la novlangue caractéristique. C'est une façon de promouvoir la
discrimination dite positive, de fabriquer des ghettos. C'est tout simplement
monstrueux !» commente Jean-Paul Brighelli, qui
n'omet pas de souligner certains des aspects positifs du rapport, notamment
l'idée de faire le point tous les 10 ans avec les enseignants sur l'évolution
de leur carrière.
A peine remis, déjà oublié…
Si Xavier Darcos a souhaité que ce rapport ne reste pas «lettre morte»,, n'ayant que
très partiellement participé à la mise en place de cette commission, il a
clairement pris ses distances avec son contenu.
C'est que les syndicats enseignants ont immédiatement fait savoir leur
désapprobation. Le SNES-FSU, principal syndicat des collèges et lycées, a
estimé que ce rapport constituait «une vraie provocation. Tous les éléments
sont réunis pour un conflit majeur avec notre profession», a-t-il averti. «Un
risque de casus belli», a prévenu, de son côté, le Snalc.
L'accueil du rapport ne s'annonçait pas des plus paisibles. Déjà certains
syndicats avaient abandonné les auditions pendant le travail de la commission…
«Ni une machine de guerre, ni un programme de gouvernement », a d'emblée
précisé le ministre de l'éducation nationale pour calmer les esprits. A
présent, le rapport Pochard va contribuer à nourrir le « Livre blanc » qui
rassemblera les propositions du gouvernement pour améliorer la condition des enseignants
et augmenter leur pouvoir d'achat, a expliqué Xavier Darcos. Le ministre, qui
ne « s'interdit rie », se donne trois mois pour rédiger ce document. Et
en trois mois, de l'eau peut couler sous les ponts. Où sera, par exemple,
Valérie Pécresse, ministre de l'enseignement
supérieur, dont on dit que ses relations avec Darcos ne sont pas des plus
tranquilles?
En tout état de cause, «il n'y aura pas de réforme sans les enseignants»,
a assuré Darcos. Beaucoup de précautions... pour un enterrement de première
classe ?
Mardi 05 Février 2008 - 00:06
Régis Soubrouillard
Voir le site de Jean-Paul Brighelli – Bonnet
d’âne
A suivre …
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