ENSEMBLE, SAUVONS LA GREVE
Deuxième adresse aux directions syndicales
M. et Mmes les secrétaires nationaux, généraux ou fédéraux
de la CFDT, de la CFTC, de la CGT, de la CGC , de la
FSU, de FO, de Solidaires et de l’UNSA.
Nous signataires de cette adresse, salariés du secteur public
et du secteur privé, actifs, retraités privés d’emploi et précaires, non-syndiqués
et syndiqués, avons été de toutes les grèves, de toutes les luttes
sociales, depuis des décennies pour les plus âgés, nous avons fait encore la
grève du 20 novembre 2007 et sommes bien d’accord avec vous pour constater que nous n’avons obtenu pour cela que l’ouverture de
pseudo-négociations, c’est-à-dire RIEN. Vous nous avez ensuite proposé une
autre grève de 24 heures, le 24 janvier 2008 “pour exiger l’ouverture de
réelles négociations sur la valeur du point d’indice et la refonte globale des
grilles indiciaires, afin de permettre le rattrapage des pertes du pouvoir
d’achat.”
Nous vous avons écrit pour vous demander de préciser les
revendications à cette grève ainsi que les moyens d’action que vous nous
proposez si nous n’obtenons pas satisfaction. Vous ne nous avez fourni aucune
réponse. Chacun d’entre-nous a alors fait son choix de se mettre en grève ou
non ce jour là en connaissance de cause : les conditions d’une grève
victorieuse n’étaient malheureusement pas encore réunies.
En effet, force est de constater qu’aucune grève de 24 heures
n’a permis au mouvement social de progresser ces dernières années. La dernière
grande victoire des salariés, certes battue en brèche ensuite, fut celle de
1995 si l’on excepte le recul sur le CPE pour lequel la jeunesse s’est
mobilisée. Dans les deux cas, les victoires arrachées ne l’ont pas été par des
actions de 24 heures. Pourtant vous persistez dans ce mode d’action qui de
surcroît ne permet aucun contrôle des salariés sur les négociations que vous
allez entreprendre.
Depuis au moins dix ans, les plateformes d’appel à la grève sont
certes justes mais si générales qu’elles tendent à brouiller l’objectif des
grèves, cela est encore le cas aujourd’hui. Cela permet, nous n’en doutons pas,
de réaliser au sommet l’unité syndicale la plus large possible, condition du
succès de la mobilisation. Néanmoins, à chaque fois, et nos gouvernements
successifs le savent bien, dès l’ouverture des négociations, cette unité vole
très vite en éclat ce qui conduit les grèves à l’échec et à des reculs sociaux.
Nous voulons donc que l’unité syndicale soit préservée jusqu’à la victoire des
salariés qui se mobilisent à la base dans l’unité, pour cela il faut que
l’intersyndicale au sommet précise les objectifs unitaires d’une grève à
laquelle elle nous appelle.
Si nous vous demandons des comptes, c’est parce que la situation
sociale fait que l’on ne peut accepter davantage de reculs sociaux ; c’est
parce qu’il y a urgence à redonner sens aux luttes et aux grèves. A force de
faire semblant de faire grève, c’est-à-dire sans rien obtenir, on finit par
discréditer celle-ci et donner raison à ceux qui n’y voient que le moyen
“d’emmerder le monde”. Sans remonter jusqu’à la grève de 2003, le dernier des
conflits des cheminots à l’automne 2007 a fini par nous décider de ne plus vous
donner un chèque en blanc : s’il a fallu une Thatcher pour en finir avec la
détermination des mineurs anglais, celle des cheminots français a elle été
d’abord mise en pièce par les stratégies et arrangements syndicaux au sommet.
Cela, nous, salariés, ne pouvons plus l’accepter.
Toutes ces raisons nous amènent aujourd’hui à vous déclarer que
nous ferons grève parce que nous l’aurons décidé nous mêmes, à la base, sur nos
revendications dans les assemblées générales des salariés. Et lorsque vous nous
appelerez à l’action, nous serons extrêmement
vigilants quant aux objectifs et aux moyens qui doivent être précisément et
clairement énoncés. De plus, assurez-nous que pour chaque grève et de surcroît
celles que vous allez impulser, que vous soutiendrez, relaierez et respecterez
sans faillir les actions des salariés mobilisés. Nous ne voulons plus faire les
frais de l’unité de façade des directions syndicales.
Enfin, nous allons nous adresser au gouvernement pour que
les séances de négociation avec les “partenaires sociaux” soient filmées et
diffusées sur une chaîne du service public comme le sont les débats
parlementaires.
Il est grand temps de redonner espoir à tous, il est grand
temps de réhabiliter le collectif et ceci passe, entre autres, par des grèves
victorieuses.
Nous appellons l’ensemble des
salariés du secteur public et du privé, actifs et retraités, privés d’emploi et
précaires ainsi que les sections syndicales, unions départementales… à signer
cette adresse aux directions syndicales.
Pour
signer en ligne:
http://sauvonslagreve.free.fr/spip.php?article20
(en bas de la page; ne pas oublier de confirmer la
signature par mail).
Pétition papier (à renvoyer à l'adresse indiquée):
http://sauvonslagreve.free.fr/IMG/doc/SITE_Petition_a_telecharger.doc
Si vous avez déjà signé la première pétition (avant la
grève du 24 janvier), merci de signer ce nouveau texte (actualisé après le 24
janvier).
Merci de diffuser largement ce texte.