Quelque chose s'est passée le 27 janvier 2007 à la
Sorbonne...
A l'appel de l'ACOP-F, des personnalités du monde
artistique, politique, universitaire sont venues témoigner, de la façon la plus
vivante et la plus émouvante, de ce qui peut orienter toute une vie...
C'est à cette dimension intime des choix que les conseillers d'orientation-psychologues consacrent une grande part de leur
engagement professionnel pour l'accompagnement individualisé des élèves.
Des projets dangereux risquent de mettre définitivement à mal le frêle édifice
du service public de l'orientation. Ce dernier, malgré les coupes sombres dont
il a été la cible, survit encore, dans une Ecole fragilisée par des
« réformes » qui ne cessent d'en dégrader l'ambition.
Au carrefour de l'économique, du social et de l'éducatif, l'orientation est
l'objet de toutes les convoitises, de toutes les manipulations, de tous les
mensonges et de toutes les simplifications.
Les acteurs économiques et politiques voudraient - sans le dire clairement -
aboutir à une gestion bien ordonnée de l'orientation où les sujets iraient
d'eux-mêmes là où l'économie - pour un temps - les attend ?
Le « réalisme » au nom duquel ces projets sont avancés, masque mal la
volonté de soumettre les esprits au diktat des nécessités immédiates du marché
de l'emploi. Nous refusons de nous transformer en agents de courtage pour ces
nouvelles formes du travail, toujours plus précaires.
Nous voulons que soit préservée pour chacun la faculté de rêver sa vie en
fonction du monde dans lequel il désire s'engager, de la société qu'il souhaite
et à la transformation de laquelle il est prêt à participer. Proposons à la
jeunesse des horizons prometteurs avec le seul outillage qui le permette
vraiment : des savoirs élevés et maîtrisés, accompagnés de rencontres qui
aident à grandir.
Les réformes qui s'annoncent visent sans ambiguïté à éliminer la fonction
originale de conseiller d'orientation-psychologue.
Celle qui lie orientation et psychologie, c'est-à-dire qui fait du choix
d'orientation une question existentielle, ne peut être traitée à la légère et
sûrement pas sous-traitée au secteur marchand.
En négligeant la dimension personnelle des choix d'orientation, on risque
d'oublier ce qui fait le ressort final de bien des décisions. Ceci ne
faciliterait en rien une appréhension plus juste du monde, bien au contraire.
Car l'information, pour nécessaire qu'elle soit, reste impuissante à rendre le
monde transparent. Proposer comme seul horizon les « lois implacables »
de l'économie, c'est gommer cette dimension subjective des choix, c'est
affaiblir l'énergie dont dispose la jeunesse. C'est enfin laisser encore plus
seuls ceux qui sont sans appui. Il est donc nécessaire que soit maintenu un
véritable service d'orientation où cette question soit prise en charge de façon
nuancée et individuelle par des psychologues en nombre suffisant.
Ne désespérons pas davantage la jeunesse ! Celle-ci a montré qu'elle
n'était pas si enfermée que certains le pensaient dans le désarroi et la
désorientation, pas si conforme que ne le voudraient certains autres, juste
l'éclat d'une promesse de rafraîchissement et d'intelligence.
Sachons nous tenir à cette hauteur.
Nous vous appelons à faire signer ce Manifeste autour de vous et à le retourner
à l'adresse suivante :
ACOP.F
41, rue Gay-Lussac
75005 PARIS