Lu
dans la dernière US du SNES :
http://www.snes.edu/usencour/us.html
TOUJOURS PLUS
On sait que l’omniprésent président de la
République contrôle de près le zèle de ses ministres à appliquer sa politique
calamiteuse et qu’il a mis en place une évaluation de ces derniers. Dans le cas
de Xavier Darcos, un des critères de performance repose sur le nombre d’heures supplé- mentaires effectuées par
les enseignants. Ce choix est révélateur de la place faite aux HS dans la
politique gouvernementale : symboles de l’idéologie présidentielle, le «
travailler plus pour gagner plus », elles jouent aussi un rôle clé dans
l’application de la Réforme Générale des Politiques Publiques. Imposées en
nombre grandissant dans les établissements, elles doivent permettre de
compenser en partie les suppressions de postes et la diminution des
recrutements ; elles laissent aussi toute latitude aux chefs d’établissement
pour faire pression sur les collègues, avec des conséquences sur l’évaluation
et les promotions ; elles risquent de conduire à des services de plus en plus
différenciés, un éclatement des règles collectives. En ce sens, leur
développement doit être considéré comme un des éléments de déstabilisation de
nos statuts. Il s’agit d’un changement radical de logique : les HS ne
constituent plus de simples variables d’ajustement dans la confection des
services, mais un outil de déréglementation en même temps que la réponse gouvernementale
au besoin de revalorisation des enseignants. D’ailleurs le ministre engage les
enseignants à « davantage d’investissement », à « donner plus de leur personne
» en méconnaissant notre charge de travail. Après la transformation de 3 500
postes en HS au budget 2008, qui aggrave d’autant la diminution du nombre
de postes offerts aux concours de recrutement, l’étape suivante pourrait être, dans
la logique de la commission Pochard, une révision du nombre d’heures
imposables, que le SNES était parvenu à limiter à une (trois HS imposées équivau- draient à 30 000 postes). Il est donc
essentiel de contrer cette politique, engager une campagne offensive contre la
multiplication des HS, exiger la transformation en postes, revenir sur la
réalité de notre temps de travail. Dans le cadre de la préparation de rentrée,
les représentants des personnels aux CA refuseront les DHG, mettront en avant
les exigences et propositions des équipes en partant de la réalité des besoins,
demandant que ces besoins soient couverts en emplois. Le SNES s’opposera à
toutes les pressions visant à imposer des HS au-delà de l’unique heure prévue,
à toutes les tentatives de modifier nos services dans le sens d’un
alourdissement et, dans la continuité de l’opération menée l’an dernier, continuera
et développera son action sur le temps de travail des enseignants et sur une
revalorisation qui ne peut passer par les HS.