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Ségolène Royal (En cours) |
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Après la grève du 20 mars 2007 Ségolène Royal est « solidaire de ce mouvement, des profs qui se battent pour leur dignité ». Elle propose, si elle est élue, « l'abrogation des mesures de Monsieur de Robien sur les horaires, la bivalence et la suppression des postes ». Elle souhaite également une « loi-programme » pour créer des emplois dans l'éducation. « 5000 postes seront aussitôt rétablis », a promis Jack Lang. Source : "Les
candidats d'accord contre Robien"
Et sur le site "Désir d'avenir", cette Lettre aux enseignants : [21/03/07] Si je peux aujourdhui madresser à vous, cest à mes professeurs que je le dois, car cest à lécole que jai été soutenue, encouragée, valorisée et que jai reçu le bagage qui ma permis dêtre une femme libre. LEtat sera demain le garant de la reconnaissance que vous attendez. Je madresse directement à vous toutes et à vous tous parce que lécole, qui forme les générations de demain, qui prépare lavenir de la Nation, est concernée prioritairement par le choix de société que les Françaises et les Français exprimeront les 22 avril et 6 mai prochains. Léducation ! Tel est, pour moi, lenjeu majeur de lélection présidentielle. Avec moi, léducation sera au cur de tout et en avant de tout. Lever des malentendus, vous dire mes convictions, ma confiance et ma reconnaissance pour votre mission, vous faire connaître ma volonté, tel est lobjet de cette lettre. La République sest construite par et autour de son école, lécole gratuite, obligatoire et laïque. Je suis moi-même la fille de cette école. Jen assume lhéritage ; jen revendique les valeurs ; je veux poursuivre son uvre dans lavenir. Notre pays vit des crises profondes : crise économique et sociale ; crise politique et morale ; crise de lesprit public. Je veux apporter des remèdes à ces crises. Jai voulu écouter les Françaises et les Français. Ils mont exprimé leur révolte, leurs colères. Ils réclament des réponses claires aux urgences auxquelles jentends répondre pour réussir ce changement que notre pays attend : lurgence économique et sociale, lurgence éducative et culturelle, lurgence écologique, lurgence démocratique. Je veux remettre le pays debout. Mais jai besoin, pour réussir dans cette tâche, de tout votre soutien et de tout votre engagement. Rien de grand ne se fera sans vous. Jai pour lécole de la France une immense ambition. Pour refonder la République, pour guérir nos blessures, pour reconquérir nos territoires perdus, jai besoin de vous, de votre dynamisme, de votre engagement. Je sais que lécole concentre toutes les difficultés de notre société. Mais je sais aussi quil ne lui appartient pas de résoudre toutes ces difficultés. La société ne doit pas se défausser sur lécole de tous ses échecs ou de tous ses renoncements. Cest pourquoi, je lai dit, il faudra de nouvelles politiques territoriales, des aides aux parents, des moyens renforcés pour la justice, une priorité à lemploi et au logement, la revitalisation du tissu associatif. Autour de lécole, de nouvelles politiques doivent aider lécole à assumer au mieux sa tâche, qui est dinstruction et déducation. Je my engage. Mais si lécole ne doit et ne peut pas tout, son rôle est essentiel. Pour lutter contre le fléau du chômage, la montée des inégalités, la perte de lesprit public, le retour des fondamentalismes et la marchandisation du savoir et de l'information, lécole est au premier rang du combat. Cest ce qui fait la dureté de votre tâche ; cest ce qui fait aussi sa noblesse et sa vocation. Et si la France demeure lune des premières Nations du monde, si elle a conservé son rayonnement et son attractivité, elle le doit en grande partie à son école, à la qualité et au dévouement de ceux qui la servent. Depuis des années, lécole est attaquée : elle lest dans ses moyens par des budgets insuffisants ; elle lest dans ses missions par des ingérences pédagogiques inacceptables ; elle lest dans son autorité et dans sa dignité par des procès d'intention et des mépris coupables. Cela doit cesser. Il faut donner à lécole de la République et à ceux qui la servent tous les moyens et toute la considération nécessaires pour lui permettre daccomplir son uvre nationale. Je m'y engage. Cest pourquoi un plan pluriannuel de prérecrutement, de recrutement et de création demplois sera mis en place. Je laccompagnerai dun plan de résorption de lemploi précaire. Je referai de lécole le premier budget de la Nation et je proposerai une loi de programmation pour garantir cette priorité. Je veillerai à ce que les métiers qui entourent et aident les enseignants et les élèves, autour de lécole comme dans lécole, soient à nouveau encouragés et soutenus. Nous avons besoin de personnels d'encadrement, d'infirmières, de psychologues, dassistants sociaux, de conseillers dorientation. Dès la rentrée de septembre prochain, je rétablirai les postes denseignants qui ont été supprimés. Je veux redonner la considération quils méritent aux enseignants, en améliorant les possibilités de formation, les conditions de travail, les déroulements de carrière, les rémunérations. Cest un vaste chantier qui supposera une très large concertation avec vous et une réflexion partagée sur les missions du métier d'enseignant. Je sais que vous y êtes prêts. Je veux que la Nation soit présente à ce rendez-vous. Cest pourquoi jai proposé comme méthode le dialogue et la concertation avec vos représentants dans le cadre dEtats généraux de léducation que jai décidé de tenir dès juin prochain avec vous ainsi quavec tous ceux qui partagent la préoccupation de la justice et de lexcellence pour tous. Il ne sagit pas de préparer une nouvelle réforme, mais de faire en sorte que notre éducation fonctionne mieux. Cest dans ce cadre que je proposerai la mise en uvre dun soutien scolaire individuel gratuit pour les élèves. Les enseignants qui souhaiteront lassurer seront évidemment rémunérés. Dans la fidélité à nos valeurs, je veux bâtir avec vous lécole du XXIème siècle, celle de la réussite pour tous vos élèves. La difficulté de votre tâche, je la connais ; jen sais aussi la grandeur, et je sais la fierté que vous avez dexercer votre mission. Mon Pacte présidentiel place lécole en son cur. Lorsquil faut vaincre les fatalités, les pesanteurs, les peurs, les égoïsmes, alors nous retournons toujours aux mêmes sources. Nous avons besoin des lumières du savoir contre lobscurantisme, de légalité contre les privilèges, de la laïcité contre les fanatismes et les intolérances, de la gratuité et du service public contre la marchandisation de léducation. Mon engagement politique s'est construit dans ma reconnaissance à l'égard de l'école. Je lui demeure fidèle. Jai confiance en vous. Vous pouvez avoir confiance en moi. Veuillez agréer, Madame, Mademoiselle, Monsieur,
lexpression de mes sentiments les meilleurs.
Voir aussi cet article
de Luc Cedelle dans Le Monde.fr Quelques extraits : "Dans l'entretien, elle réaffirme cette priorité et précise que "ce n'est pas là qu'on fera des économies". "Je refuse, ajoute-t-elle, le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite que propose la droite." Sachant que beaucoup d'enseignants n'ont pas oublié ses propos prônant les "35 heures" pour les enseignants de collège dans une vidéo diffusée sur l'Internet en novembre 2006 , MmeRoyal ne commente pas cet épisode, mais s'exprime sur le fond : "S'agissant du temps de travail des enseignants, ils font 35 heures et même souvent davantage. La question n'est donc pas celle de leur temps de travail, mais de l'amélioration de leurs conditions de travail, qui influencent largement la transmission des savoirs et la réussite scolaire." Elle souhaite qu'il "devienne possible lorsqu'un établissement est construit ou rénové" que les enseignants disposent d'ordinateurs et de bureaux dans leur établissement." [...] "Ségolène Royal n'entend pas non plus imposer la bivalence (enseignement de deux matières par un professeur) : "Je suis contre. Les enseignants ont été suffisamment accablés de réformes. Il faut arrêter de perturber le système." De même, au terme d'autonomie, "un mot ambigu et qui fait peur", elle préfère ceux "de liberté pédagogique, de droit à l'expérimentation, de valorisation du travail en équipe en dotant chaque établissement d'heures qui y seraient consacrées". Elle veut "valoriser toutes les initiatives qui naissent des savoir-faire des enseignants" et estime qu'il "faut aller très loin dans l'expérimentation".
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