François Bayrou

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Décret de Robien (20 mars 2007

François Bayrou, candidat UDF à la présidentielle, s'est lui aussi prononcé, mardi 20 mars, en faveur de l'abrogation du décret Robien.
"Je ne conserverai pas le décret Robien sur le temps de travail des enseignants. C'est un décret qui a été pris sans discussion avec les personnels. Il faut avoir une attitude et une approche différentes", a-t-il déclaré devant la presse.
Se déclarant favorable à une "abrogation", l'ancien ministre de l'Education nationale a jugé qu'il fallait "remettre cette question sur le métier".

(Voir notamment dans cet article du NouvelObs)

De la part de Jerôme :

Le groupe parlementaire UDF à l'Assemblée Nationale a voté pour le budget Enseignement scolaire 2007.

Approbation totale de la politique actuelle de massacre dans le second degré en particulier, et un
tas d'idées pour l'avenir de l'Education Nationale (et l'UDF n'a pas renoncé à réviser la "loi Falloux",
malgré un million de personnes dans la rue en 1994 quand Bayrou était Ministre de l'EN; mais ce vieux
rêve, donner plus de crédits de l'Etat à l'enseignement privé sous contrat, au détriment de l'enseignement public, est-il étonnant, de la part de la droite catho-libérale?)

Voici le discours d'Yvan Lachaud à l'Assemblée (17 novembre 2006), au nom du groupe parlementaire UDF : ICI (retranscrit ci-dessous).

Projet de loi de finances pour 2007 - mission Enseignement scolaire
Intervention d'Yvan Lachaud
Assemblée nationale - 17.11.06

(compte rendu analytique)

Comme il l’a fait pour les précédents, le groupe UDF jugera ce dernier budget de la législature selon deux critères : prépare-t-il bien l'avenir de nos enfants et de notre pays ? L’argent public est-il utilisé de la manière la plus raisonnable ?

Depuis Jules Ferry et les hussards noirs de la République, l’école républicaine est fondée sur l'égalité des chances, c'est-à-dire la chance donnée à chacun, quel que soit son milieu social, d’apprendre et de s'élever. Nous retrouvons dans les priorités que vous assignez à ce budget les valeurs et les principes qui sont les nôtres, mais aussi les vôtres, Monsieur le ministre : promouvoir l'égalité des chances, favoriser l'acquisition des savoirs fondamentaux, renforcer la qualité et la sérénité de la vie scolaire, garantir la place et le rôle des parents à l'école.

Je ne reviens pas sur les chiffres – ils ont été rappelés ce matin. Nous souscrivons pleinement à votre ambition de faire en sorte que chaque euro dépensé soit un euro utile pour la réussite des élèves et pour l'avenir de notre pays. Il faut certes, comme je le rappelais l'année dernière, des moyens pour garantir la réussite scolaire, mais on ne peut pour autant accepter une augmentation constante des crédits, d'autant que l'efficacité du système n'est pas nécessairement proportionnelle aux hausses enregistrées. Il n'est pas honnête de prétendre vouloir réduire les dépenses de personnel du ministère et de protester à la rentrée suivante contre les fermetures de classes. La seule question qui vaille est celle des objectifs que nous nous assignons et des moyens qui sont nécessaires pour les atteindre.

Plusieurs orientations de ce budget vont dans le bon sens : crédits pour la scolarisation des élèves handicapés et les emplois de vie scolaire, mesures pour les directeurs d'école et pour les réseaux « ambition réussite », création de 1 000 postes de professeurs des écoles et de 300 postes d’infirmières. Les marges de manœuvre créées par une meilleure mobilisation des moyens de nos écoles permettent de développer les programmes personnalisés de réussite éducative pour les élèves en difficulté.

Votre ministère s'astreint également à des efforts de gestion, qui portent sur les disciplines où les enseignants demeurent en sureffectif et sur la modernisation du régime des décharges de service d'enseignement. Il y a des décharges justifiées, qui doivent être conservées. Les autres seront supprimées. Cette réforme doit être menée en concertation avec les syndicats – vous l’avez fait. Veillons aussi à ne réduire ni le taux d'encadrement des élèves ni les horaires d'enseignement des différentes disciplines.

Nous attendons de ce budget qu'il garantisse la qualité de la formation dispensée, voire l'améliore, dans le respect d’un principe de responsabilité budgétaire. Vous avez à juste titre pris le parti d'augmenter les moyens là où il fallait les augmenter, c'est-à-dire dans l'enseignement primaire, et de mieux les utiliser là où existent des marges de manœuvre, c'est-à-dire dans le secondaire.

J’en viens à nos propositions. Il est essentiel de garantir à chaque élève, avant l’entrée en sixième, la maîtrise d'un ensemble de connaissances et d'aptitudes qui lui permettront d'accéder à la réussite scolaire et professionnelle. L’objectif de l’école devrait être de diviser par deux l'échec scolaire et de multiplier par deux la réussite, ceci pour tous les élèves, en particulier les moins favorisés. Il faut résoudre la question de la violence au collège – vous vous y êtes déjà attelé – par des établissements adaptés. Il faut améliorer l'orientation et valoriser l'enseignement professionnel et technologique : l'orientation est une mission de l'école à part entière. Enfin, il faut accompagner la croissance des effectifs dans les établissements d'enseignement privé sous contrat. Nous souscrivons à cet égard aux propos de M. le rapporteur spécial. Le rapport de 80/20 est aujourd’hui dépassé : eu égard à la mission de service public assumée par l’enseignement privé sous contrat, il faut revoir ce ratio, sans pour autant rallumer la guerre scolaire.

Une attention particulière doit être portée à la valorisation du métier d'enseignant : amélioration de la formation, programmation pluriannuelle des recrutements…

La difficulté essentielle, s’agissant du budget de l'éducation nationale, est de ne pas se contenter d'une vision comptable de l'éducation, et de définir une politique ambitieuse qui permette d'assurer l'égalité des chances et la qualité des enseignements, et d'améliorer la vie des élèves et des enseignants. L’UDF partage plusieurs de vos priorités : renforcer le soutien aux élèves en difficulté, aider les élèves méritants issus de familles modestes à poursuivre leurs études, améliorer l'apprentissage des langues vivantes et l'encadrement des élèves.

L'éducation doit être la première priorité du Gouvernement, car elle représente un investissement pour l'avenir de nos enfants. Nous voterons votre budget, et nous vous félicitons pour le travail accompli.


Sur le site bayrou.fr :

Ecole

« Mon objectif : diviser par deux l’échec scolaire, multiplier par deux la réussite. Partout dans le pays. »
Le défi de la mondialisation, c’est le défi de la recherche et de l’éducation. Juger de la responsabilité des dirigeants du pays, c’est regarder quelle place ils accordent à l’école dans leur action. Pour François Bayrou, elle est la première.


« L’éducation est la priorité absolue de mon projet.

Presque un enfant sur cinq est en échec dès le plus jeune âge et sort de l’école sans diplôme ; et un sur cinq sort diplômé au niveau de la licence. Nous devons nous fixer un objectif : diviser par deux l’échec scolaire, et multiplier par deux la réussite scolaire, dans tous les milieux sociaux, particulièrement les moins favorisés.

La première condition pour y parvenir, c’est que 100 % des élèves sachent lire et écrire à l’entrée en sixième. S’ils ne savent pas, qu’on leur apprenne. Garantir la lecture, c’est changer le collège.

Retrouver un collège paisible ne se fera pas avec des policiers, mais avec des éducateurs. Il faut reconstruire l’autorité du professeur et du surveillant. Pour l’élève, ou les deux élèves qui mettent la classe par terre, il faut des éducateurs et des psychologues, sans doute dans des internats. Tout le monde comprendra le message.La présence d’adultes à l’école, pour les études surveillées, l’accompagnement, je la prévois dans le cadre du service civique et de l’activité universelle.

Il faut repenser la carte scolaire pour l’égalité des chances : en défendre le principe, lui redonner son sens. Là où plusieurs établissements sont identiquement accessibles, il faut construire des réseaux et ouvrir aux élèves, peut-être aussi aux enseignants, la possibilité d’accéder à tous les établissements du réseau.

Donnons un égal accès à tous les établissements aux filières d’excellence, au lieu de créer des filières de ‘discrimination positive’ alibi (et conservons un volant de places offertes à un concours national ou académique pour ne pas pénaliser à rebours les bons élèves). Dès lors, chaque famille, au lieu de chercher une grand-mère ou un collatéral dans le 5ème arrondissement, cherchera la même grand-mère ou le même collatéral dans un lycée provincial ou de banlieue.

La clé de tout cela, c’est l’innovation, l’évaluation et la communication de l’innovation. Le grand corps qu’est l’Éducation nationale a besoin d’autonomie à tous les niveaux, de gestion des ressources humaines, de co-responsabilité, de concertation transparente avec les femmes et des hommes qui font vivre l’Éducation nationale. Et les étudiants candidats au Capes ou à l’agrégation ont raison de le dire : nous ne pouvons pas jouer les recrutements à l’accordéon. Je suis partisan d’une loi de programmation sur dix ans des recrutements.

Sur cet enjeu national, il faut fixer de grands objectifs, discutés et votés de manière transpartisane, sur lesquels le président de la République s’engage. »


Lien(s):
Discours au colloque "Ecole, université, recherche : pour l'avenir", 11 mars 2006
François Bayrou et la réforme "en continu" de l’Education nationale
Discours à l'université d'été de la Grande Motte, 2 septembre 2006
Discours de Dijon le 20 février 2007

Mots clés : école, collège, lycée, université, sécurité, égalité des chances, famille, français

 

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