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dimanche 26 novembre 2006 Mesdames et messieurs, Chers amis, Je voudrais consacrer mon propos de ce soir à un sujet qui nous a tous, à un moment ou à un autre, fortement préoccupés en tant que parent, je veux parler de lécole. Si je devais dresser létat de cette institution en quelques mots, il me suffirait de citer les titres des livres qui lui ont été consacrés depuis trente ans.
Jean Piaget : « Où va lEducation ? », Denoël Gonthier, 1972 Jean Fourastier : « La faillite de lUniversité », Idées Gallimard, 1972 Bertrand Schwartz : « Une autre école », Flammarion, 1977 René Pommier : « Assez décodé, lécole coule ! », Roblot, 1978 Serge Grossu : « Les enfants du Goulag », France Empire, 1979 Paul Guth : « Lettre ouverte aux futurs illettrés », Albin Michel, 1980 Didier Maupas : « Lécole en accusation », Albin Michel, novembre 1983 Marie-Thérèse Maschino : « Vos enfants ne mintéressent plus », Hachette 1983 François Bayrou : « La décennie des Mal-appris », Flammarion, 1990 Philippe Nemo : « Le chaos pédagogique » Albin Michel, 2 septembre 1993 Maurice Maschino : « Lécole, usine à chômeurs » Hachette Littérature, 18 janvier 1994 Bernard Kuntz et Armel Pécheul : « Les déshérités du savoir, Veut-on encore changer lécole ? », Editions Frison-Roche, 1996 Jacqueline de Romilly : « Lenseignement en détresse » Julliard, 9 septembre 1998 Thierry Desjardins : « Le scandale de lEducation nationale » Robert Laffont, 19 août 1999 Antoine Chareyre : « LInstit et le Mammouth. Journal dun prof en colère » Albin Michel, 2 septembre 1999 Guy Morel et Daniel Tual-Loizeau : « Lhorreur pédagogique : paroles de profs et vérité des copies » Ramsay, 1999. Bertrand Vergely : « Pour une école du savoir » Editions Milan, février 2000 Elisabeth Nuyts : « Lécole des illusionnistes », Auto-édition, 2000 Liliane Lurçat : « Vers une école totalitaire ? Lenfance massifiée à lécole et dans la société » François-Xavier de Guibert, 2ème 2dition, juillet 2001 Collectif « Sauver les lettres » : « Des professeurs accusent » Textuel, 2001 (Un manifeste humaniste contre les « ultraréformistes et ultrapédagogistes » qui ont pris le pouvoir à lEducation Nationale et organisent la destruction de linstruction publique). Agnès Joste : « Contre-expertise dune trahison : la réforme du français au lycée » Editions des Mille et une Nuits, 2002 (Lecture minutieuse par un professeur de lettres des textes du Ministère de lEducation). Elisabeth Altschull : « Lécole des ego : contre les gourous du pédagogiquement correct » Albin Michel, 2002 Sylvie Steff et Jérôme Logre : « Jai rêvé dune autre école» Editions lHarmattan, 3 janvier 2003 Rachel Boutonnet : « Journal dune institutrice clandestine », Ramsay, 26 août 2003 Jean-Marie Petitclerc : « Ya plus dautorité », Erès, 3 octobre 2003 Evelyne Tschirhart : « Lécole à la dérive : ce qui se passe vraiment au collège » , Editions de Paris, 28 janvier 2004 (Témoignage dune enseignante darts plastiques en collège de quartier défavorisé). Fanny Capel : « Qui a eu cette idée folle un jour de casser lécole ? » Ramsay, 18 mars 2004 Hervé Hamon : « Tant quil y aura des élèves » Seuil, 20 août 2004 Marc Le Bris : « Et vos enfants ne sauront pas lire ni compter » , Stock, 2004 Liliane Lurçat : « La destruction de lenseignement élémentaire et ses penseurs : la première cause de léchec à lécole » François-Xavier de Guibert, 2ème édition, 2004 Jacques de Guillebon : « Nous sommes les enfants de personne ». Presses de la Renaissance, 3 février 2005 Christine Champion et Vladimir Volkoff : « La désinformation par lEducation Nationale », Rocher, 22 septembre 2005 Barbara Lefebvre et Eve Bonnivard : « Elèves sous influence » Louis Audibert Editions, 14 octobre 2005 Jean-Paul Brighelli : « La fabrique du crétin : la mort programmée de lécole » Jean -Claude Gawsewitch Editeur, 2005 Natacha Polony : « Nos enfants gâchés », Edition Jean-Claude Lattès, 2005 Jean-Robert Pitte : « Jeunes, on vous ment ! Reconstruire lUniversité », Fayard, 31 mai 2006 Rudolf Bkouche, Michel Buttet, Agnès Joste, Morgane Page, Collectif : « Les programmes scolaires au piquet », Textuel, 1er septembre 2006 I- Oh, bien sûr, mesdames et messieurs, vous naviez pas besoin de la lecture de tous ces titres de livres pour savoir que lécole est un champ de ruine ! En revanche, le processus de décomposition intellectuel et moral de lécole depuis 35 ans est moins connu, même sil nest quun reflet de la décadence de la société toute entière. Au grand dam dune écrasante majorité de professeurs et denseignants, lécole a été détruite par les coups de boutoirs conjugués des idées de 68, de la nomenklatura de lEducation Nationale et des politiciens qui se sont succédés au pouvoir depuis 25 ans. Après mai 68 en effet, lensemble des autorités familiales, scolaires, religieuses, militaires et politiques ont été contestées. Lautorité parentale a dabord été intellectuellement ébranlée, avant dêtre juridiquement limitée sous Giscard et Mitterrand, au nom des droits de lenfant. Lautorité des enseignants, sapée par un pédagogisme délirant qui voulait mettre lélève et le maître à égalité, a été diabolisée par principe. Elle nexiste plus aujourdhui. Dans la foulée des travaux de Jean Piaget, on a voulu depuis 1970/1975 enfermer le professeur dans un rôle danimateur ou déducateur plutôt que de détenteur du savoir. On a également remis en cause les méthodes éducatives traditionnelles, en foulant au pied toutes les valeurs qui avaient leur preuve dans le système denseignement français. Oui, mesdames et messieurs, on est aujourdhui bien loin des principes traditionnels de lenseignent, façonnés par des siècles dhistoire et dexpérience. Observez le contraste Les humanités classiques se présentaient non seulement comme des " études ", comme " une instruction " mais comme une " éducation " de lindividu, de lesprit, de lintelligence, de la morale, des valeurs : courage, justice, honneur . Lan dernier, un roman donné à lire dans une classe de quatrième, à Nantes, décrivait « sur deux pages la masturbation dun jeune garçon » ! Quelle rupture ! Quelle décadence ! Comment en est-on arrivé là ? A cause dune idéologie bien sûr, lidéologie du spontanéisme de lenfant, et de lactivisme des militants qui la défendent depuis des décennies. Pour cette secte éducative en effet, il nest pas nécessaire de transmettre, il suffit de créer pour lenfant un environnement favorable. Lenfant doit créer lui même ses propre savoirs, conformément à la doctrine de lécole Meirieu. En novembre 2005, pour avoir dénoncé cette philosophie éducative particulièrement néfaste, Laurent Lafforgue, titulaire de la Médaille FIELDS et mathématicien de renom international, a été débarqué du Haut Conseil de lEducation ! Il a résumé en une phrase le projet des idéologues de lEducation nationale depuis près de 40 ans. « On a voulu proscrire tout enseignement explicite, qualifié de dogmatique, et le remplacer par un esprit qui se prétend dexpérimentation et de découverte personnelle. » Dans les petites classes, il faut donc laisser libre cours à la spontanéité créatrice de lenfant, ne plus le brusquer par des règles strictes dapprentissage. Dès lors, la méthode globale dapprentissage de la lecture fut préférée à la traditionnelle méthode syllabique, qui avait pourtant fait ses preuves. Les résultats sont là : en dépit des avertissements répétés de nombreux instituteurs et de nombreux professeurs, 20 % à 30 % des enfants ont des difficultés de lecture en arrivant en sixième, et il y a 5 millions danalphabètes et 5 millions dillettrés dans notre pays ! Une fois nest pas coutume, je voudrais saluer linitiative du Ministre de lEducation Nationale, Gilles de Robien, qui a officiellement mis fin aux méthodes globale et semi-globale de lecture dans une circulaire présentée lors de la cérémonie des vux le 5 janvier 2006. Bien entendu, du côté des syndicats et des Instituts universitaires de formatage des maîtres (IUFM), la directive ministérielle est contestée. Au nom de la « liberté pédagogique » » et de l « autonomie des enseignants », tout ce qui pétitionne et manifeste dans lEducation nationale sest mobilisé. Cela ne métonne guère : - Ladministration Centrale du Ministère de lEducation Nationale, - la plupart des syndicats de professeurs, - les Corps dinspecteurs, - les directions et corps de formateurs des IUFM, peuplés des fameux didacticiens et autres spécialistes des soi-disant « sciences de l'éducation », - la majorité des experts des commissions de programmes, tous ont relayé ce pédagogisme égalitaire à travers lhexagone, et ont perverti des milliers denseignants, brisant la transmission des savoirs. Cest cette nomenklatura de lEducation qui est la première responsable de la destruction de lécole. Cest elle qui a pensé toutes les réformes mises en oeuvre depuis 30 ans, qui ont consisté : - à ne plus accorder de valeur au savoir - à faire jouer à l'école en priorité d'autres rôles que l'instruction et la transmission du savoir, - à mépriser les apprentissages fondamentaux, - à refuser les enseignements construits, explicites et progressifs, - à imposer des programmes fumeux et démesurément ambitieux. Jaffirme que cette pédagogie anti-autoritaire a saccagé des générations entières. Jaffirme que cette idéologie de lenfant-roi, préférée au dur apprentissage des savoirs, est une des causes principales de la montée de la délinquance et linsécurité. Il y a 80 000 actes de violence grave chaque année, rien quà lécole, et près de 8 millions de crimes et délits dans le pays, soit 15 fois plus quil y a 40 ans. Aucun homme politique na le courage de dire que cest là le fruit vénéneux de la destruction du principe dautorité, dans les familles et à lécole, de la destruction du sens de leffort, de la destruction de la valeur travail et de la hiérarchie des compétences. Les maîtres penseurs, je devrais dire les maîtres censeurs de lécole contemporaine, ont également brisé la méritocratie scolaire, en assurant la promotion dun égalitarisme total supprimant lidée même de sélection. La classe politique a fixé, par la bouche de monsieur Chevènement en 1983, lobjectif démagogique damener 80% dune classe dâge au BAC, dévalorisant les filières manuelles de lapprentissage et de la formation professionnelle. Cétait le projet du collège unique. Le résultat est connu : pour atteindre à toute force ce résultat, on a nivelé par le bas, allégeant les programmes, adoucissant les notations et les critères de passage dans la classe supérieure. La valeur des diplômes sest effondrée, pénalisant les élèves les plus méritants et les plus travailleurs. A la vérité, les contribuables financent désormais un mamouth administratif, lEducation nationale, toujours plus lourd et toujours plus coûteux 1,3 millions de personnes, 650 milliards de FF par an - pour des résultats toujours plus médiocres. Songez, mesdames et messieurs, que ce budget a augmenté de 38% ces dix dernières années, alors que le nombre délève diminuait de 460.000 pendant cette même période. Songez quentre 1990 et 2004, le coût annuel moyen dun collégien a augmenté de 33 %, celui dun lycéen de 50 %, et que pourtant, les résultats sont de moins en moins bons: en 1990, sur 2000 élèves de seconde, 25% obtenaient zéro lors dun exercice de dictée. En 2004, sur la même dictée, la moitié des copies obtenaient zéro ! Songez que la dépense intérieure déducation qui totalise les dépenses de lEtat, des collectivités locales, des entreprises et des familles, représente 774 milliards de FF en 2005, soit 6,8% du PIB, contre 5,5% en moyenne dans les pays développés, pour un résultat bien meilleur : au classement de lOCDE, les petits français sont seulement 15ème pour les connaissances en science et 17ème pour la littérature ! Selon la Déclaration des Droits de lHomme et du Citoyen, la société a le droit de demander des comptes à tout agent de son administration. Eh bien, jen demande, moi des comptes ! Pourquoi lEducation Nationale couvre-t-elle des gaspillages insupportables, des copinages coûteux et scandaleux ? Savez-vous, mesdames et messieurs, que les décharges de service, cest-à-dire les enseignants qui sont dispensés de donner leur cours, tout en étant payés, représentent 28.000 postes équivalents temps pleins ? Il sagit le plus souvent demplois fictifs au profit dassociations, de syndicats ou de mutuelles, généralement de gauche ou dextrême gauche ! Lécole ne forme plus, ninstruit plus, néduque plus, coûte de plus en plus, et nassure plus légalité des chances. La carte scolaire, institution de planification soviétoïde que même Ségolène Royal remet aujourdhui en cause, na en rien réduit les inégalités daccès aux bons établissements : en 1975, il y avait 13% denfants douvriers dans les Grandes Ecoles, contre 6% aujourdhui. Sur la même période, les enfants de cadres sont passés de 64% à 77%. A la vérité, léducation Nationale ne semble plus tourner quau profit de quelques-uns : les enfants denseignants, bénéficiaires des mécanismes culturels de la reproduction sociale, et les jeunes dorigine immigrés, bénéficiaires des quotas, qui ne disent pas leur nom, à lentrée de certaines Grandes Ecoles, comme Science Po. Cest la rupture avec les principes juridiques dégalité des citoyens devant la loi et devant les concours. Ces droits réservés cassent en effet tous les principes philosophiques de lécole républicaine : la méritocratie, cest-à-dire la réussite liée au travail et à leffort, et lélitisme, cest-à-dire le recrutement et la formation des meilleurs éléments dans des filières spécifiques ou des Grandes Ecoles. Loin de contribuer à réduire les inégalités, lécole les accroît désormais considérablement. En effet, elle institue des traitements préférentiels à destination de populations spécifiques, au mépris de la laïcité qui fut jadis une de ses valeurs principales. La laïcité, cest la neutralité politique et religieuse de lEtat, des services publics ou des entreprises publiques. La neutralité politique nexiste plus au sein de léducation nationale, depuis bien longtemps. Il ny a quà voir comment on enseigne lhistoire de France à nos enfants, et pire les scandaleuses manifestations dadolescents et même denfants des écoles, encadrés par des maîtres dévoyés, entre les deux tours de la présidentielle de 2002. Mais plus encore, lécole est devenue le premier réceptacle de toutes les difficultés sociales et nationales que fait naître limmigration incontrôlée. Elle est désormais le champ daffrontement des différentes communautés, des différentes cultures, des différentes valeurs, et on a accepté successivement : - le voile à lécole, - ladaptation des tenues de natation pour les garçons, - ladaptation des activités sportives, - laménagement des repas dans les cantines scolaires Bref, cest la fin de lécole républicaine. Cest la fin de lEducation nationale, qui nassure plus la formation manuelle et intellectuelle des jeunes gens, ni même léducation civique et morale indispensable à la vie en société. II- Au point où nous en sommes, mesdames et messieurs, il faut revenir aux choses fondamentales, aux choses essentielles, aux choses simples qui ont fait leurs preuves. Instruire et éduquer, cest un devoir sacré envers les jeunes gens du pays. Instruire et éduquer, cest accroître leurs chances de réussir leur vie. Instruire et éduquer, cest transmettre le capital intellectuel et moral de la civilisation française. Instruire et éduquer, cest accroître le capital humain de la nation, cest investir dans lavenir. Mais pour instruire et éduquer, il faut dabord rétablir lautorité parentale, scolaire, religieuse, militaire . Les professeurs doivent être respectés, en tant quautorité sociale et en tant quautorité scolaire. Pour cela, il faut dabord la réforme intellectuelle et morale qui souhaitait déjà Ernest Renan au XIXème siècle, qui nous fasse sortir des utopies pédagogistes et revenir aux bonnes vieilles marmites dans lesquelles on fit si longtemps les meilleures soupes. Je suis partisan de la suppression des IUFM, instruments de la révolution culturelle au service de la gauche, et de leur remplacement par des Centres Pédagogiques Régionaux. Ceux-ci favoriseront un apprentissage de terrain, avec la participation de consultants extérieurs. Les professeurs-formateurs dans les CPR devront toujours enseigner, afin de rester en contact avec le terrain, avec les besoins de lécole. Il faut remettre en place des enseignements explicites, des programmes structurés et progressifs, comme le programme de 1923 pour le primaire, qui, mis à jour dans certaines matières, est de loin le meilleur. Comme laffirment lécrasante majorité des enseignants, il est indispensable de rétablir leffort et le travail, cest-à-dire le fondement méritocratique de lécole, en relevant les niveaux dexigence, notamment de passage dans la classe supérieure lélève doit être en état de suivre le cours de la classe dans laquelle il est et en adjoignant aux bourses sur critères sociaux des aides au mérite sur la base de concours. Dans le contenu des enseignements eux-mêmes, je crois indispensable de rétablir la fierté dêtre français. Il faut cesser de culpabiliser nos jeunes par un enseignement partial de lesclavage ou de la colonisation, lequel fait « germer la haine dans les caboches creuses des crétins programmés », selon le mot de Jean-Paul Brighelli, professeur de lettres à Montpellier et essayiste à succès. Les missions imparties à lécole sont en effet très nombreuses : la formation intellectuelle, la formation manuelle, la formation sportive, la formation civique et morale des jeunes gens, toute ces formations devant être en relation avec les besoins de la société. Cest la raison pour laquelle, lorsquon souffre dun taux de chômage des 18-25 ans parmi les plus élevés dEurope, on doit se poser des questions sur le système denseignement, et rappeler sans se lasser que lécole et lUniversité doivent principalement préparer à la vie professionnelle. La scolarisation généraliste massive sest accompagnée en effet dun accroissement sensible des sorties sans qualification, tandis que 85% des apprentis trouvent du travail après avoir obtenu leur CAP ou leur BEP. Le problème, cest que la qualification et lapprentissage concernent trop peu de gens. En conséquence, lécole doit modifier le mode de formation des esprits, mais aussi le dosage entre la formation des esprits et la préparation immédiate aux métiers. Il est en effet possible de renouer avec lexcellence et lélitisme tout en développant lattractivité et le poids des filières qualifiantes pour les jeunes qui sortent tôt du système éducatif,. Comment, me direz-vous ? En laissant tout simplement le choix à lenfant et en respectant ses préférences, après lavoir bien sûr correctement informé des conséquences de ses choix. Renouer avec lexcellence et lélitisme intellectuel suppose de transformer le Brevet des collèges en véritable examen, de le rendre obligatoire pour le passage en seconde, et dinstaurer un examen dentrée en première année dUniversité. Donner des qualifications pratiques aux jeunes nécessite de revaloriser les métiers manuels, méprisés depuis 30 ans, au nom, entre guillemets, « des études intellectuelles pour tous », utopie qui a littéralement transformé lécole en usine à chômeurs. Les métiers manuels offrent des perspectives demplois, car on manque et on manquera de plus en plus demain de plombiers, dinfirmiers, de sapeurs-pompiers, de plongeurs professionnels, daide-soignant, dartisans et de techniciens agricoles. Il y a lieu de rappeler combien il est dangereux de confier la promotion sociale à une filière unique, celle de lenseignement scolaire et universitaire, par nature formelle. La filière de lapprentissage et la pratique des métiers permet de dégager par capillarité des élites sélectionnées par la pratique et la réalité des terrains humains et économiques, conjurant ainsi le risque de totalitarisme et établissant une émulation sociale positive. Pour revaloriser les métiers aussi bien que les cursus généralistes, il est donc logique de supprimer le collège unique, collège inique, massificateur et niveleur, pour lui préférer des modes de formation différenciés. Il faut de surcroît concevoir un enseignement supérieur plus efficace, qui forme les futurs cadres de la nation. Le premier problème est celui de la dévalorisation du Baccalauréat. Le piètre niveau auxquels sont amenés les bacheliers explique largement léchec de 40 % dentre eux en premier cycle universitaire. Il faut donc rendre au Bac son rôle dexamen sanctionnant lacquisition des connaissances durant le secondaire. De surcroît, les diplômes de lenseignement supérieur sont parfois inadaptés aux besoins réels de léconomie : certaines filières généralistes (histoire, psychologie .) devraient faire lobjet dun numerus clausus. Une sélection plus efficace alliée à des obligations de stage en entreprise (associée aux programmes de formation) à loccasion du cursus universitaire garantiraient un meilleur accès à lemploi. Enfin, concernant la recherche Française, laquelle est en partie couplée à lUniversité, je tiens à lancer un véritable cri dalarme : La France souffre de la fuite des meilleurs de nos cerveaux, notamment vers les Etats-Unis, pour des raisons de salaires, dimpôts, de moyens, ou pour la plus grande liberté de recherche. Il en résulte une diminution constante du nombre des brevets français déposés. Au lieu dencourager les chercheurs français, le gouvernement envisage de baisser les impôts de chercheurs étrangers sinstallant en France ! La recherche dEtat (CNRS, INRA, INSERM, ONERA ) souffre de bureaucratie, de politisation syndicale, de gaspillage multiple : un chercheur du CNRS est par exemple spécialisé en « observateur du Front National » ! Enfin, la France a décroché dans certains secteurs fondamentaux : appareils médicaux, métrologie de laboratoire, informatique, composants électroniques Et même lorsque la recherche française permet une innovation technologique, elle est immédiatement copiée à létranger, en raison dune protection insuffisante contre lespionnage, les contrefaçons et les copiages. Il faut dabord donner à nos chercheurs le cadre nécessaire à leur travail : locaux, bureaux, matériels, liberté de pensée et dexpression, pour les inciter à rester en France. Cela suppose daugmenter les moyens budgétaires de la recherche publique, et de favoriser fiscalement la recherche privée. Il faut ensuite, je le dis clairement, faire des choix, en privilégiant les domaines stratégiques : médical, pharmaceutique, aérospatial, nucléaire, physique, énergétique, informatique, télécommunications, agricole, armement et défense. En effet, on ne peut pas tout faire. . Enfin le décloisonnement entre les sutures privées ou publiques, entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée, entre la recherche théorique et lentreprise, doit être systématiquement mis en uvre, afin que des synergies apparaissent : je pense par exemple aux applications technologiques militaires qui peuvent être transmise à lindustrie civile. Cest à ces conditions, et à ces conditions seulement, que la France retrouvera une école efficace, une Université performante et une recherche dexcellence. ICI
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